Selon que vous serez ancien maire ou gilet jaune…

Didier Borotra a été relaxé par la Cour d’appel de Pau. Sa fille Sophie et l’ancienne directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel aussi.

Candide père et Candide fille, ici à la barre du tribunal de Pau, sont désormais totalement blanchis.

L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. La relaxe de Didier Borotra, de sa fille Sophie et de l’ancienne directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel prononcée par la Cour d’appel de Pau jeudi dernier, deux ans après le jugement similaire du tribunal correctionnel de Bayonne, lave donc de tout soupçon de prise illégale d’intérêt ou de complicité de prise illégale d’intérêt le trio.

De la même façon que l’on a répété pendant des générations aux petits Antillais que leurs ancêtres étaient des Gaulois, au nom de la cohésion nationale, voici donc l’histoire en sept points que la Justice a validée :

1.- Didier Borotra, maire de Biarritz, ne savait pas que sa fille Sophie avait été engagée par Françoise Pautrizel, qui travaillait sous ses ordres, en tant que directrice de la Cité de l’Océan.

2.- Didier Borotra n’a appris que fin décembre 2013 l’engagement de sa fille et en a été « très contrarié ». Pour autant, la contrariété n’a pas été jusqu’à faire cesser la mission, avant son départ en avril 2014, ce qui ressemble fortement à une prise illégale d’intérêt.

3.- Michel Veunac, immédiatement informé de la situation par Madame Pautrizel le jour de son élection, a décidé de continuer pendant près d’un an avec Sophie avant que Guy Lafite ne panique et ne révèle la situation à la presse. Là aussi, personne n’a estimé qu’il pouvait s’agir d’une complicité de prise illégale d’intérêt.

4.- Sophie Borotra n’avait pas de bureau, n’a jamais écrit une ligne, s’est contenté de « préconisations orales » mais seul des mauvais esprits peuvent s’imaginer qu’il s’agit d’un emploi fictif.

5.- La Cité de l’Océan avait signé un contrat de recherche d’économies avec Suez environnement de 120 000 euros pour des prestations identiques à ce que proposait AGC, l’entreprise montée pour l’occasion par Sophie Borotra, entreprise qui n’avait ni assurance ni garantie professionnelle.

6.- Sophie Borotra, lors de l’audience en correctionnelle, a reconnu avoir été assistante parlementaire de son père lorsqu’elle vivait en Amérique du Sud, ce qui était légal à l’époque mais pas très moral, et n’avoir en dehors de la Cité de l’Océan obtenu pour son entreprise AGC qu’un seul contrat… avec la ville de Pau. Ville où, après son départ de Biarritz, elle finira directrice des Halles sans que François Bayrou ne soit officiellement informé de sa nomination. Quand on vous dit que l’Histoire balbutie…

7.- Les investigations financières de la police ont montré qu’au titre « de la solidarité familiale » Didier Borotra versait 3500 euros mensuellement à sa fille. Miracle de la télépathie, alors que Didier Borotra n’était absolument pas au courant de l’engagement de sa fille, il a cessé les versements à l’instant même où elle démarrait son magnifique travail à La Cité de l’Océan.

Vous le constatez comme moi, le dossier ne tenait donc absolument pas la route et malgré les réquisitions des procureurs Vuelta-Simon à Bayonne, réclamant pour Didier Borotra 35 000 euros d’amende et un an de prison avec sursis, et Boiron à Pau réclamant pour Didier Borotra 35 000 euros d’amende et trois mois de prison avec sursis, le verdict ne pouvait être qu’une relaxe générale.

À l’heure où on embastille à tout-va le moindre gilet jaune découvert en possession d’une « arme par destination » ou l’auteur d’un selfie devant une voiture qui brûle, il est donc rassurant de constater que les tribunaux ont su montrer de la bienveillance à l’égard d’une malheureuse jeune fille un peu écrasée par l’ombre tutélaire de son papa et n’ont pas estimé que les propos tenus à la barre relevaient du conte à dormir debout.

l Pour ceux qui n’auraient pas suivi, les comptes-rendus d’audience fait à l’époque par Bisque Bisque, Basque ! :

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/01/les-borotra-ces-grands-pudiques/

https://jeanyvesviollier.com/2019/05/17/chez-les-borotra-on-se-fait-des-cheques-mais-on-ne-se-parle-pas/

Bayrou et les « diffamateurs »

Voir François Bayrou, l’homme qui a dû abandonner précipitamment le ministère de la Justice tant les menaces judiciaires pesaient sur lui, fanfaronner sur Twitter et écrire « Les diffamateurs en seront pour leurs frais » relève du surréalisme.

On notera au passage le mépris de caste du maire de Pau qui s’enthousiasme de la relaxe de ses amis Sophie et Didier mais oublie la grande victime de ce procès, Françoise Pautrizel.

Si le propos sur « les diffamateurs » me vise, puisque je suis à l’origine en compagnie de maître Malherbe, de la plainte qui a conduit le trio au tribunal, je me sens particulièrement à l’aise : la « citoyenneté » pour laquelle nous militons à RamDam 64-40 implique de contrôler les faits et gestes de nos élus et de signaler ce qui nous paraît relever de manquements à la loi.

La possible prise illégale d’intérêt que nous avons transmise au procureur de Bayonne n’était pas une vue de l’esprit puisqu’après une enquête policière, le procureur Samuel Vuelta-Simon a décidé d’expédier le trio au tribunal correctionnel en janvier 2017.

Et si, quand il parle de « diffamateurs », François Bayrou pense aux deux procureurs Vuelta-Simon et Boiron pour qui la prise illégale d’intérêt ne semblait faire aucun doute lors de leurs réquisitoires, il démontre une bien curieuse idée de la Justice.

Un jeudi en fanfare

La prochaine réunion publique de RamDam 64-40 promet : Virginie Lannevère a bien l’intention de dire tout ce qu’elle a sur le cœur. On va en apprendre des belles sur La Cité de l’Océan et L’Hôtel du Palais.

RamDam 64-40 ne se compose pas que de saltimbanques impertinents qui distribuent klaxons et harpes aux politiques nécessiteux. L’association compte aussi quelques géomètres rigoureux et passionnés de vie publique qui souhaitent évoquer avec vous les sujets que les élus préfèrent souvent garder pour eux.

Qui pouvait-on trouver de mieux, le 20 juin prochain, que Virginie Lannevère, ancienne conseillère municipale de Biarritz et ancienne administratrice des sociétés d’économie mixte, Cité de l’Océan et Hôtel du Palais pour nous expliquer le fonctionnement de ces entités souvent un peu mystérieuses pour le grand public ? Un débat qui devrait être passionnant puisque notre grand argentier Guy Lafite a d’ores et déjà annoncé qu’il viendrait lui apporter la contradiction. Les mauvaises langues de RamDam ont parié que « La Faillite nous voilà ! » va annoncer sous peu qu’il a pottok ou piscine et se désister. L’avenir le dira.

Jean-Pierre Laflaquière, membre de la CAPB, nous racontera de son côté la façon dont se passent les marchés publics et comment l’Agglo veille sur les intérêts des citoyens.

Enfin l’animateur du débat, Guy Aubertin, évoquera les SPL, les Sociétés Publiques Locales, avec des exemples concrets comme Fort Socoa ou les halles de Pau qui ont recruté, sans que François Bayrou ne le sache, Sophie Borotra.

Comme toujours, l’entrée sera libre et gratuite et la bonne humeur de rigueur. Et vous comprenez désormais pourquoi votre présence est absolument indispensable en cette veille de la fête de la Musique, où un peu de grosse caisse permettra de réveiller les consciences citoyennes.

 

Chez les Borotra, on se fait des chèques mais on ne se parle pas

Le système de défense de Didier Borotra pour justifier l’engagement de sa fille à la Cité de l’Océan a paru bien fragile devant la Cour d’appel de Pau.

À la sortie de l’audience, Didier Borotra discute avec quelques soutiens.

Comment reconnait-on quelqu’un qui sort du tribunal, lorsqu’on déambule dans les rues commerçantes de Pau ? À ses oreilles qui traînent par terre de fatigue après quatre heures d’audience ! Entre l’intention et l’action, on le sait, il y a parfois comme un léger décalage. Le maniement du micro, contrairement à la publicité des débats, n’est visiblement pas inscrit au programme des facultés de droit, ce qui est bien dommage.

Si la présidente de la chambre d’appel de Pau, Anne Dufau, captant les signaux de désespoir des nombreux journalistes et membres de l’association RamDam 64-40 venus à l’audience, a fait de louables efforts pour que l’assistance puisse suivre les débats, il n’en a pas été de même de ses collègues masculins, l’avocat général Dominique Boiron ou les avocats de la défense Daniel Lalanne, Jean-Baptiste Bordas ou Alain Astabie, qui, sans doute victimes de quelques poussées de testostérone, se sont sentis obligés de déambuler de long en large devant leurs micros ne permettant de comprendre ce qu’ils disaient que par éclipses. Heureusement, l’histoire racontée à la barre par Didier Borotra, sa fille Sophie et l’ex-directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel est tellement croquignolette que les journalistes ont pu reconstituer toutes les « perles » qui ont jalonné l’audience.

On prend les mêmes et on recommence

Parfois, entre le procès en correctionnelle et celui en appel, les versions évoluent. Parfois les prévenus décident de s’accrocher à leur version, ce qui a été le cas, hier à Pau. D’où un grand sentiment de redite pour ceux qui avaient assisté en janvier 2017 au procès correctionnel à Bayonne où les trois prévenus avaient été relaxés de prise illégale d’intérêt et complicité de prise illégale d’intérêt, avant que le procureur ne fasse appel de la décision.

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/01/les-borotra-ces-grands-pudiques/

Seule différence notable, Didier Borotra a paru beaucoup moins flambant qu’il y a deux ans, même si avec ses longs monologues il a souvent agacé les magistrats, tandis que Sophie Borotra et Françoise Pautrizel se sont montrées plus combattives qu’en 2017. Il faut dire que la tâche était rude pour les prévenus : expliquer comment Sophie Borotra, quelques jours après avoir créé son auto-entreprise, a pu signer en septembre 2013 un contrat avec la directrice de la Cité de l’océan, Françoise Pautrizel, sans que son père qui était maire de la Ville et président de la Société d’économie mixte ne soit informé par l’une ou l’autre.

« Guerre civile » à Biarritz

L’argument avancé par Didier Borotra qui aurait découvert « incidemment » en décembre 2013 que sa fille travaillait depuis deux mois à La Cité de l’Océan va faire sourire plus d’un Biarrot. Selon les dires de l’ex-maire « la tension était telle entre ses trois adjoints tous candidats à la mairie » qu’il était pris jour et nuit par « le climat de guerre civile » qui régnait à Biarritz. Les Biarrots ne se souviennent pas avoir vu des chars ou des hommes en armes sillonner les rues de la Ville, mais si notre ex-bon maire le dit…

Et s’il a laissé le contrat de sa fille courir après l’avoir découvert tardivement, c’est uniquement pour ne pas ajouter du trouble au trouble. Une version qui ne convainc nullement l’avocat général Boiron qui demande pourquoi le contrat de Sophie Borotra a alors été renouvelé en mars 2014, passant de 11 000 euros à 24 000 euros, trois semaines avant le retrait définitif de la vie publique du maire.

Grand moment de solitude pour Didier Borotra. Et grands moments de solitude ensuite pour Sophie Borotra et Françoise Pautrizel, la première expliquant que son immense carrière professionnelle justifiait tout à fait ce poste tandis que la seconde, de lin blanc vêtu, affirmait ne pas avoir vu le problème en engageant la fille du maire.

Des affirmations qui ne résistent pas toujours très bien aux investigations menées par la Police judiciaire en novembre et décembre 2015 qui a pu établir que le compte de Sophie Borotra était alimenté de « manière non négligeable » par ses parents au titre de la « solidarité familiale » comme l’a déclaré Didier Borotra aux policiers puisque leur fille récemment revenue d’Amérique du Sud se trouvait sans emploi. Miracle, au moment où elle démarre son activité à la Cité de l’Océan et alors qu’elle n’a officiellement pas informé sa famille de son activité, les parents, avec cet instinct infaillible dès lors qu’il s’agit de leur progéniture, réduisent considérablement la voilure financière pour que leur fille, désormais accablée par un terrible labeur dont on n’a retrouvé nulle trace écrite conserve sensiblement les mêmes revenus. Tout ceci n’est-il pas admirable ?

Sophie la grande muette

Sophie Borotra avec son conseil, maître Jean-Baptiste Bordas.

C’est le moment que choisit fort subtilement la deuxième conseillère Viviane Peyrot pour interroger Sophie Borotra sur ses relations avec ses parents. Un ange passe, car Sophie Borotra voit bien le piège qui lui est tendu : « On ne se voit pas tous les jours, on ne se téléphone pas. Mon père est un bon communicant ici mais pas forcément avec ses proches… Je ne lui ai pas dit d’ailleurs il y a un an que j’avais trouvé un poste à Pau » Autrement dit, si Didier Borotra et Sophie se sont chaleureusement embrassés au bar du Palais et ont mangé ensemble avant l’audience (juste à mes côtés pour leur plus grand plaisir !) c’est uniquement pour amuser la galerie. La réalité c’est que papa fait des chèques à sa fille mais ne parle jamais de rien avec elle et qu’il ne lit pas non plus les journaux puisqu’il ignorait que son grand copain François Bayrou avait nommé sa fille directrice des halles de Pau. On est prié de le croire.

« Des trucs qu’on fait en deux heures de temps »

Il a tout d’un gros chat paisible et endormi, alors qu’il surveille sa proie sous sa paupière mi-close. S’il n’impressionne pas par son physique, l’avocat-général Dominique Boiron doit compter quelques concours d’éloquence à son actif, car il possède à l’évidence l’arme fatale des prétoires, le mot qui tue. Au point que les trois avocats de la défense après son intervention, pédaleront comme des coureurs du Tour de France pour tenter d’estomper son intervention et déploreront unanimement « la férocité » du réquisitoire.

D’entrée l’avocat général note « qu’il se passe de drôles de choses sur la Côte basque et qu’un certain nombre d’élus locaux se croient tout permis » estimant que c’est « se moquer du monde » quand on est sénateur et qu’on fait la loi de ne pas savoir qu’une convention avec une personne doit être soumise à l’autorisation du conseil d’administration. Dominique Boiron évoque ensuite le rapport de la Chambre régionale des Comptes et les anomalies constatées à propos de la Cité de l’Océan puis s’étonne que « le tribunal de Bayonne ait avalé la couleuvre » en relaxant les prévenus. Pour lui, « personne n’a été impressionné par la compétence de Madame Borotra. Madame Pautrizel qui cherchait à faire des économies est tombé par hasard sur Madame Borotra, alors qu’il existe 210 cabinets de conseil et gestion à Biarritz » L’avocat général note aussi que le contrat en lui-même ne contient pas la moindre contrainte imposée. Quant à la réalité du travail effectué « des économies sur le téléphone et l’assurance », il se déchaîne : « Des trucs qu’on fait en deux heures dans un bureau deviennent l’essentiel de la mission de Madame Borotra ! » estimant même qu’on est « dans la logique du site les furets.com qui consiste à gagner quelques euros. »

Fort logiquement, tandis que les avocats de la défense s’efforcent de démontrer que le jugement de relaxe à Bayonne était parfaitement équitable, l’avocat général réclame 12 mois de prison avec sursis et 35 000 euros d’amende pour Didier Borotra, avec interdiction des droits civiques pendant cinq ans, 4 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour Sophie Borotra et Françoise Pautrizel.

La décision sera connue le 29 août prochain.

Deux grands absents à ce procès

Depuis 2015 Didier Borotra et Guy Lafite ne s’aiment plus et ils ont quelques raisons pour cela. C’est en effet notre grand argentier en pull cachemire qui aurait paniqué et informé Sud Ouest que derrière l’agence AGC se cachait Sophie Borotra. Le procès-verbal d’audition de Madame Pautrizel est très éloquent. Si elle affirme ne pas avoir informé Didier Borotra du recrutement de sa fille, elle est très claire, en ce qui concerne le nouveau maire annonçant avoir prévenu Michel Veunac, devenu président de la SEM Cité de l’Océan, de la situation dès son élection.

Dans ces conditions, puisque le contrat a continué pendant presque un an, alors que tout prouve que Michel Veunac et Guy Lafite étaient parfaitement informés, on peut se demander pourquoi ils n’ont pas été inculpés de complicité de prise illégale d’intérêt.

Et si les deux compères ne savaient pas que Sophie Borotra travaillait pour la Cité de l’Océan, comme ils l’ont dit à l’époque dans Sud Ouest, ces deux élus soucieux des deniers publics auraient dû se porter partie civile pour réclamer au nom de la Ville le remboursement des deniers indûment perçus.

Mais « Mimi-La-Malice » et « La Faillite-nous-voilà !»  sont tellement occupés à cajoler Macron qu’ils n’ont plus le temps de rien… Et puis, avec 35 000 euros, on fait quoi de nos jours ?

Sur le sujet, lire aussi :

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/02/contrat-de-sophie-borotra-veunac-savait/

https://jeanyvesviollier.com/2018/12/09/didier-borotra-lhomme-a-qui-on-cachait-tout/

Trois petits anges égarés au tribunal

 

Accusés d’avoir favorisé la sœur du maire, les trois élus dacquois ont fait un grand numéro au tribunal correctionnel de Bayonne. Une affaire qui rappelle celle de Sophie Borotra travaillant pour papa à la Cité de l’Océan.

De gauche à droite, André Drouin, adjoint aux Finances, Élisabeth Bonjean, actuelle maire de Dax et Gabriel Bellocq, maire de Dax au moment des faits.

Rien n’est plus touchant qu’un élu cherchant à convaincre le tribunal de sa bonne foi. Gabriel Bellocq, maire de Dax au moment des faits : « J’étais dans le décisionnel pas dans l’opérationnel » Sous-entendu, j’étais maire mais je ne savais pas ce qui se passait à l’Office de Tourisme. Élisabeth Bonjean, première adjointe à l’époque, devenue maire en 2016 : « J’étais en Nouvelle-Zélande à l’époque des faits. J’ai vaguement su que ma sœur postulait pour une mission à l’Office de Tourisme et ne m’en suis pas inquiétée plus que cela ». André Drouin, chargé des Finances, et supérieur direct de la directrice de l’Office de Tourisme : « Personne n’a dit que c’était sa sœur, mais personne ne l’a caché » Encore un élu spécialiste en sémantique et désinvolture publique !

Car, derrière les belles déclarations d’intention, les faits sont têtus. Revenue de Loire-Atlantique pour s’installer au Pays Basque, Joelle Burgau de la Tullaye, sœur d’Elisabeth Bonjean, avait crée une société d’import-export de produits australiens, nommé « Naturabilis ». Le chiffre d’affaires de cette société parle de lui-même. 1700 euros annuels en 2011, 16 000 euros en 2012 et 17 000 euros en 2013, années où un miraculeux contrat  de 25 916 euros hors taxes avec l’Office de Tourisme dacquois est venu arrondir les fins de mois, puis 1060 euros annuels en 2014.

Bien entendu, les trois élus cités n’hésitent pas à accabler les services et particulièrement la directrice de l’Office de Tourisme, « incompétente et seule décisionnaire pour les marchés de moins de 90 000 euros ». Cette fois encore, comme le rappellent le président Gérard Denard puis le procureur Samuel Vuelta-Simon, les faits mettent à mal les affirmations des prévenus. Six entreprises avaient postulé à l’appel d’offres de l’Office de Tourisme et c’est Naturabilis, la moins bien classée de toutes avec 23 points sur 100, qui avait remporté le marché.

Ils ont tout appris par voie de presse

À en croire le trio d’élus, la décision incombait aux services et ils ne s’en sont pas mêlés. Sauf que la police judiciaire chargée de l’enquête a recensé 427 SMS comminatoires et suaves d’André Drouin, adressés à la directrice de l’Office du Tourisme, du genre « Fais pas chier ! », « Et ce cahier des charges, il est rédigé ? », « Tu as l’impression que je t’impose quelque chose… » et ce magnifique « Si elle ne s’exécute pas, c’est moi qui l’exécute ! »

Visiblement, la directrice de l’Office du Tourisme a tout fait pour que Naturabilis n’obtienne pas le marché. « Je refuse de faire le sale boulot. Encore une magouille ! » écrit-elle à une collègue. Aux policiers qui l’interrogent, elle déclare : « Drouin m’a dit que je devais choisir cette offre et c’est tout ! ». La directrice raconte aussi « J’ai pris rendez-vous avec le maire. Il m’a reçu et donné l’ordre de signer dès le lendemain… Et que je ne m’avise pas d’être en arrêt maladie ! ».

 Gabriel Bellocq ne nie pas cette réunion avec la directrice mais, par malchance, sur tout ce dossier, il a la mémoire qui flanche : « Je n’ai jamais su avant l’attribution du marché que la lauréate était la sœur de ma Première adjointe. Ce n’est que cinq ans après que j’ai découvert par voie de presse ce qui m’a conduit ici ». Même trou de mémoire pour Élisabeth Bonjean : « J’étais destinataire en copie des messages concernant ma sœur, mais je reçois tellement de mails que je ne peux pas prêter attention à tout. J’ai tout découvert par la presse en 2017. J’ai peu de souvenirs précis et à aucun moment je n’ai été l’entremetteuse. »

Des arguments qui ne convainquent pas le Procureur de la République, Samuel Vuelta-Simon, qui au terme d’un réquisitoire tranchant – « Les trois prévenus ont sciemment faussé le jeu dans un marché public » – réclame pour favoritisme et prise illégale d’intérêt une condamnation à six mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour Gabriel Bellocq et Élisabeth Bonjean, trois mois avec sursis, 20 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité pour le second couteau André Drouin et 15 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité pour Joelle Burgau de la Tullaye.

Les quatre avocats des prévenus, après cette démonstration implacable du procureur, ont sans doute connu des jours d’audience plus faciles, même si, sans surprise, ils ont plaidé la relaxe de leurs clients, victimes d’un « complotisme judiciaire ». Et le malaise grandit quand maître Bellegarde, avocat de Gabriel Bellocq, se tourne vers l’assistance pour répéter à plusieurs reprises : « Est-ce que Gabriel Bellocq est stupide ? » Poser la question, maître, c’est parfois déjà y répondre.

Verdict le 5 mars 2019.

Didier Borotra, l’homme à qui on cachait tout

Didier Borotra a réussi à convaincre les juges bayonnais qu’il n’était pas au courant de l’engagement de sa fille au sein de La Cité de l’Océan qu’il présidait. Les juges de la Cour d’appel de Pau seront-ils du même avis, mardi prochain ?

(Photo Sud Ouest)

 Jean-Philippe Ségot m’a interviewé dans La Semaine du Pays basque datée du 7 décembre 2018. Voici l’intégralité de l’entretien.

– Dans quelques jours, à Pau, aura lieu le procès en appel de ce que l’on appelle « L’Affaire Borotra ». Qui est à l’initiative de cet appel devant le tribunal correctionnel ?

Il convient d’abord de rendre à Sud Ouest ce qui revient à Sud Ouest. C’est un article publié par Muriel Bonneville le 7 février 2015 et intitulé « Le flou règne sur l’étude de recherche d’économies » qui me décide à passer à l’action. J’avais eu vent d’un conseil d’administration de la société d’économie mixte de la Cité de l’Océan très houleux où un administrateur avait parlé de « folie qui pouvait envoyer tout le monde en prison ». Dix minutes après la lecture de l’article, j’ai le bon réflexe de téléphoner à la directrice de la Cité de l’Océan pour avoir communication des écrits rédigés par Sophie Borotra dans le cadre de son contrat. La réponse de la directrice, Madame Pautrizel, est journalistiquement inespérée : « Cette jeune femme n’a pas de bureau chez nous et n’a pas rédigé de rapport. Mais elle nous a fait des préconisations orales très pertinentes ».  A partir de cette réponse, qui ne permettait plus de produire devant la Justice des documents postdatés, j’étais quasiment sûr que ce contrat était suspect. Le réseau mis en place depuis la création de « Bisque, Bisque, Basque ! », en juillet 2013, a fonctionné et m’a donné des éléments supplémentaires. Ce qui m’a décidé à aller voir un avocat, maître Malherbe, et à porter plainte sur ses conseils pour prise illégale d’intérêt.

– En quoi consiste précisément cette affaire qui réunit Borotra père et fille, et l’ancienne directrice de Biarritz Océan, devant le tribunal ?

– En septembre 2013, alors que Sophie Borotra, fille de Didier, vient de rentrer en France pour mettre au monde un enfant, elle crée une société AGC et propose « spontanément » ses services à la Cité de l’Océan « sans en parler à son père ». Six jours plus tard, elle signe un contrat avec la Cité de l’Océan pour une étude de « recherche d’économie » (Alors qu’un contrat avec Suez existait déjà !) et son père, quand il l’apprendra, se déclarera « très contrarié », selon ses dires à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne… Ce qui ne l’empêchera pas de laisser sa fille poursuivre le contrat. Tout cela est difficile à croire. D’autant plus que les investigations policières ont montré que Sophie Borotra touchait de la Cité de l’Océan une somme mensuelle qui correspondait exactement à ce que lui donnait sa famille, au titre de la « solidarité familiale » quand elle était au chômage.

– Où est la limite entre légalité et illégalité dans ce genre de comportement ?

C’est à la Justice et à personne d’autre de l’établir. Je suis donc allé voir maître Malherbe pour savoir si la prise illégale d’intérêt était « une vue de l’esprit ». Non seulement, il a abondé dans mon sens, mais a refusé de se faire payer puisque Bisque, Bisque, Basque ! est un blog gratuit et citoyen. Le 25 juin 2015, le procureur décide d’ouvrir une enquête. Le 8 décembre 2015, Didier Borotra, Sophie Borotra et Françoise Pautrizel sont interrogés par la police avant d’être convoqués au tribunal correctionnel le 31 janvier 2017, pour prise illégale d’intérêt et complicité de prise illégale d’intérêt.

– Quelles furent les motivations du tribunal correctionnel de Bayonne, en première instance, pour rendre un jugement disculpant les Borotra et Madame Pautrizel ?

Mystères de la Justice ! J’ai trouvé remarquable l’audience qui a duré plus de trois heures. Le président Gérard Denart comme le procureur Samuel Vuelta-Simon maitrisaient parfaitement leur dossier. Au passage, on en a appris des belles. Malmenée par les juges sur son maigre bagage professionnel, Sophie Borotra a lâché qu’elle avait été assistante parlementaire de son père, sénateur. Alors qu’elle vivait en Amérique du Sud ! À la fin de l’audience, tous les confrères sont venus me voir pour me dire à quel point ils étaient persuadés que le trio allait être lourdement condamné. Il faut croire que le tribunal a cru plausible cette version voulant que Françoise Pautrizel ait engagé la fille de son président sans lui en parler, puisque le trio a été relaxé. Heureusement, le procureur a immédiatement fait appel d’où ce nouveau procès en cour d’appel de Pau, le 11 décembre prochain. Pour ma part, je suis débouté comme partie civile, ce qui m’arrange car je retrouve ainsi ma liberté d’écrire sur le sujet.

 – Vous êtes à l’origine de la révélation de cette affaire. Comment en avez-vous eu vent et comment avez-vous pu enquêter ? Avez-vous subi des pressions au cours de votre enquête ? En subissez-vous parfois ? De quelles sortes ?

Je travaille avec des réseaux très solides et difficilement identifiables, ce qui agace bien l’actuelle mairie je crois. Pourvu qu’un jour je ne devienne pas gâteux et me mette à lâcher des noms d’informateur, car je crois que beaucoup tomberaient de leurs chaises ! Des pressions, des menaces de procès, j’en subis continuellement. Tout cela fait partie de la vie d’un journaliste et me laisse assez indifférent.

– Une affaire qui pour vous est révélatrice de la défiance des citoyens face à certains hommes politiques et à cette fameuse expression « Tous des voleurs » ?

Je déteste l’expression « Tous des voleurs ! » ou « Tous pourris ! », car il y a une majorité d’élus qui font bien leur travail. En revanche, existait un « système » qui se poursuit encore aujourd’hui, de passe-droits et de copinages, tout à fait inadmissible. Lorsque Steven Holl, qui était l’architecte le plus cher, s’est vu confier la conception de la Cité de l’Océan, il s’est immédiatement fait assister par un cabinet d’architectes bayonnais où travaillait… Laurent Borotra, ce qui est plus que limite. Et des histoires comme cela, j’en ai encore et encore !

– Cette affaire, votre rôle de lanceur d’alerte, a-t-elle été à l’origine de votre envie de fonder avec quelques citoyens votre association « RamDam » ? Ou en est cette association quelques mois après sa naissance ?

– Effectivement, c’est grâce à Didier Borotra que s’est créé RamDam 64-40. Peut-être devrions-nous en faire notre président d’honneur ? Dans le procès Borotra, j’ai sollicité Anticor, dont j’étais membre, pour être partie civile. Et là, courage fuyons ! Mais j’avais repéré dans l’association des citoyens remarquables, des gens de terrain qui menaient dans leurs villes, que ce soit à Ciboure, Saint-Jean-de-Luz, Urrugne, Lahonce ou Ondres, des combats édifiants. Comme nous étions d’accord sur la « nécessaire moralisation de la vie publique » mais totalement opposés politiquement, nous nous sommes laissés un an pour voir si nous arrivions à fonctionner. La réponse est clairement oui. RamDam 64-40, c’est comme une équipe de rugby, il y a des grands et des petits, des impulsifs et des réfléchis, des gens de droite et d’autres de gauche. Lors de notre première réunion publique en septembre 2018, à la maison des Associations de Biarritz, nous nous sommes retrouvés avec une vingtaine de personnes debout tant la salle était bondée. Et dans la foulée, une cinquantaine de personnes ont signé un chèque pour devenir sympathisants de l’association, ce qui montre bien qu’il y a un problème de confiance entre les citoyens et les élus. Comme je le répète à nos nouveaux adhérents : « Soyez économes de votre vindicte, il y a tellement de politiques nécessiteux ! »

– Finalement, un ancien journaliste du Canard Enchainé est incorrigible, non ? Jamais à la retraite…

Tout le monde sait ce que je pense de Veunac et Lafite. Je rêve de m’arrêter, mais tant qu’ils seront aux manettes, je les combattrai, car ils incarnent tout ce que je déteste en politique.

Bayrou engage Sophie à l’insu de son plein gré

Pour Jean-Paul Brin, adjoint du maire de Pau, ce sont les services qui voulaient l’engagement de Sophie Borotra. François Bayrou n’aurait appris ce recrutement qu’après coup.

La Marquise de Vérité, avec la complicité du dessinateur Olivier Ruiz raconte « Les malheurs de Sophie » dans La Semaine du Pays basque datée du 20 avril.

 C’est une étrange maladie qui frappe nos élus des Pyrénées-Atlantiques et le ministère de la Santé ferait bien de se pencher sur la question avant que l’épidémie ne gagne tout le pays. Ils dirigent, ils prennent des décisions, mais il ne se savent pas, ne se souviennent pas ou découvrent à retardement ce que les citoyens ordinaires ont compris depuis longtemps. Président de la DSPL Halles & République, et donc supérieur hiérarchique de la directrice générale Sophie Borotra, Jean-Paul Brin a accordé à Bisque, Bisque, Basque ! un entretien téléphonique qui s’est terminé de façon un peu musclée.

Monsieur Brin, n’auriez-vous pas, lorsque vous étiez avocat, défendu Didier Borotra et les intérêts de la ville de Biarritz ?

J’ai peut-être défendu la Ville de Biarritz, il y a vingt ans. Mais je ne suis pas sûr de mon fait, il faudrait que je cherche dans mes archives…

(Cherchez, maître, vous y trouverez certainement la confirmation des faits). Jean-Paul Brin enchaîne : « Je vois que cette question n’est pas neutre. Pour votre gouverne, sachez qu’il y a douze à quinze ans que je n’ai pas croisé Didier Borotra » (Et probablement que les liaisons téléphoniques entre Pau et Biarritz ne fonctionnent pas !)

Venons en au recrutement de Sophie Borotra comme directrice générale des halles de Pau…

C’est une affaire d’une banalité absolue. Les commerçants locaux avaient besoin d’une assistance de maîtrise d’ouvrage. Sophie Borotra les a tous conquis, alors que nous avions beaucoup de soucis avec la société AO conseil de Monsieur Casamayou.

Ce n’est vraiment pas ce que disent les commerçants locaux.

C’est faux. Nous avons lancé un premier appel à candidature et avons reçu 40 candidatures. Personne ne faisait vraiment l’affaire. Nous avons donc procédé à un deuxième appel et cette fois Sophie Borotra a postulé.

Alternatives Pyrénées semble penser que ce poste, avec la présence de Philippe Sinapian à la mairie, n’a pas de raison d’être.

– (Jean-Paul Brin monte dans les tours) Bien sûr, si vous lisez n’importe quoi ! (Merci pour les confrères !) C’est un équipement totalement nouveau où nous avons besoin des compétences de Sophie Borotra. L’appel à candidature s’est fait en dehors de nous. Ce sont les services qui ont voulu Sophie Borotra. François Bayrou n’a appris son recrutement qu’une fois qu’il a été effectué.

Au tour de Bisque, Bisque, Basque ! de se montrer sarcastique :

Sophie Borotra est décidément poursuivie par la malchance. Elle est engagée à la Cité de l’Océan, mais son père ne l’a su qu’après et, selon ses dires au tribunal « en a été très contrarié », et maintenant vous engagez à Pau la fille de Didier Borotra et vous voulez me faire croire que personne n’en a touché un mot à François Bayrou ? Qui peut gober cela en 2018 ?

– (Se rendant compte, qu’il est allé trop loin, Jean-Paul Brin appuie sur le frein) Quand nous avons signé un appel d’offres avec AO conseil, nous ne savions pas que Sophie Borotra faisait partie de cette société.

Mais bien sûr, puisque la première année Pascal Casamayou a exercé seul pour la plus grande satisfaction de tous.

– (Jean-Paul Brin explose de colère) Mais qu’est-ce que vous voulez ? Que Sophie Borotra ne puisse plus travailler nulle part dans l’hexagone ? (Et il raccroche le téléphone furieux)

Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de répondre au colérique adjoint qui devrait apprendre à maîtriser un brin ses nerfs. On peut être « fils ou fille de » et être parfaitement légitime à un poste à responsabilité. Mais par respect pour les six millions de Français au chômage qui galèrent pour retrouver un travail, on se doit de disputer la compétition à la loyale. Lorsque Sophie Borotra a déroulé son parcours universitaire et professionnel devant le tribunal correctionnel de Bayonne, les juges et le procureur se sont étonnés de la minceur du bagage. Savoir qu’elle a devancé quarante candidats possibles laisse rêveur. D’autant plus que son curriculum vitae semble à géométrie variable selon qu’elle le présente au tribunal ou à la mairie de Pau. Mais après tout, on n’est qu’à quarante-cinq kilomètres de Lourdes, la ville des miracles permanents.

Dartigolles demande un conseil municipal extraordinaire

Opposant communiste à François Bayrou, Olivier Dartigolles est un client assidu des halles de Pau. Et, hasard absolu, ses informations sur la grogne des commerçants face à l’arrogance de Sophie Borotra recoupent exactement celles de Bisque, Bisque, Basque ! Il demande donc, par l’intermédiaire de sa page Facebook, la tenue d’un conseil municipal extraordinaire entièrement consacré au recrutement de Sophie Borotra. Nul doute que le chevalier blanc de la moralisation de la vie publique qu’a été François Bayrou pendant les présidentielles de 2017, va se faire un plaisir d’accepter.

Une sinécure sur mesure pour Sophie ?

Sophie Borotra n’avait ni bac +5 ni « expérience professionnelle équivalente » comme demandé dans l’appel à candidature. Elle est pourtant devenue directrice des halles de Pau.

Un appel à candidatures avait été lancé pour le poste de directeur des halles de Pau. Sophie Borotra est bac +2 et n’a guère d’expérience. Il était donc logique qu’elle devance les 40 autres candidats.

Jusqu’à preuve du contraire l’océan ne vient pas lécher la ville de Pau, ce qui n’empêche pas l’équipe municipale en place de maîtriser toutes les techniques de la plongée et des paliers de décompression. Quand on n’a pas exercé pendant une décennie, il pourrait être délicat pour un salarié de se remettre brutalement à un travail à plein temps. Mais que ceux qui craignent pour la santé de la nouvelle directrice des halles Sophie Borotra se rassurent. Selon les commerçants des halles, « si ce poste l’occupe une demie heure par jour, ce sera le bout du monde ». Un peu comme celui de la Cité de l’Océan ?

C’est d’ailleurs exactement ce qu’affirme l’excellent blog Alternatives Pyrénées dans son article : « Directeur des halles : un poste injustifié »

https://alternatives-pyrenees.com/2018/04/18/directeur-des-halles-de-pau-un-poste-injustifie/

Réécrivant « Les malheurs de Sophie », version 2018, les impertinents déchaînés palois se sont procurés l’appel à candidature qui avait été émis à l’époque. Sophie Borotra ne correspondait guère au profil souhaité. C’est pourtant elle qui a décroché la timbale avec ce job à 45 à 50 000 euros annuels.

L’explication réside peut-être dans l’évocation d’un nouveau protagoniste de cet interminable feuilleton, Philippe Sinapian. Une pointure avec un CV long comme le bras, école polytechnique et parcours d’ingénieur de haut niveau. Avant d’intégrer la fonction territoriale, au poste de directeur de l’attractivité et du développement économique, Philippe Sinapian avait supervisé l’aménagement de la grande surface Carrefour à Lescars. Pour un polytechnicien comme lui, ce qui reste à faire aux halles de Pau est donc l’équivalent de la résolution d’un sudoku de niveau 1

Selon Alternatives Pyrénées, le partage des tâches va être très simple : les honneurs, la représentation et la présence symbolique pour Sophie, les vrais problèmes à régler pour Philippe.

De quoi vous réconcilier avec le monde du travail que Sophie n’avait jusqu’alors qu’entraperçu ! Sauf que les blogueurs palois ont raison de se demander si la création de cette paisible sinécure à 4 000 euros par mois est vraiment justifiée. Sauf que les contribuables palois risquent de l’avoir un peu mauvaise, à deux ans des élections municipales, en découvrant comment on utilise leur argent… Le Tour de France va bientôt traverser les Pyrénées-Atlantiques. À quand le rétropédalage de Bayrou et son équipe ?