Domège, en premier de cordée

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Pour cette participante, il n’y a pas de doute : l’étoile montante, c’est Domège.

En ce moment, Frédéric Domège est heureux et ça se voit à la façon qu’il a de se couler dans son costume et de se mouvoir avec aisance dans l’espace, alors qu’il s’attaque à une sacrée montagne avec ces élections départementales, où neuf binômes s’opposeront à Biarritz : « Bien sûr, j’espère ne pas prendre une taule dimanche, mais tu ne peux pas savoir  le bien que cela fait de dire ce que l’on pense ». Dans la salle du casino qu’il a réservée, mercredi soir, il claque la bise aux arrivantes, a un mot gentil pour chacun, avant de démontrer à la centaine de participants venus pour l’occasion qu’il est tout de même beaucoup plus facile de faire de la politique quand on se sent en accord avec ses idées :

«  D’habitude, je parle en avant-dernier. Je suis un peu le chauffeur de salle, attaque avec humour Fredo-la-malice.  Je vous dois donc une explication. Qu’est-ce que je fais là? En mars dernier, les électeurs ont manifesté leur désir de changement. Nous ne pouvons pas faire comme s’il ne s’était rien passé… »

L’homme est calme et serein. Il a visiblement digéré les tempêtes essuyées les derniers mois et n’est jamais dans l’acrimonie. « La candidature de Max Brisson me paraît inopportune. Je n’ai pas apprécié que notre chef de file déserte les deux premiers conseils. Moi aussi, je n’étais pas bien après cette défaite, mais je tenais à assumer mon rôle d’opposant. »

L’épisode comique où Max Brisson, officiellement bloqué par la neige à Albi, s’est retrouvé pris en photo à Bayonne, est vite expédié : « Au cours du débat d’orientation budgétaire, j’ai eu le sentiment d’être le seul opposant… La liste de Brisson s’appelle « Fidèles à Biarritz » mais elle n’est certainement pas… fidèle aux Biarrots! »

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Dans la salle du casino municipal, une bonne centaine de participants.

Domège ne veut visiblement pas s’étendre sur les querelles internes et il est très clair sur ce que sera son attitude dimanche 22 mars au soir. « Ce premier tour constituera une primaire grandeur nature entre les candidats de droite. Bien entendu, pour le deuxième tour, il faudra faire barrage à la gauche. »

Alors que le domaine de compétence des futurs conseillers départementaux reste très flou, Frédéric Domège fustige les décisions prises à Biarritz par une majorité qui multiplie les études dilatoires : « Kléber va devenir un quartier comme on avait décidé de ne plus en faire depuis les années soixante. Les ouvertures sont tellement rapprochées que les gens vont pouvoir s’offrir un coup à boire d’une fenêtre à l’autre. Et pendant ce temps, la crèche qui était prévue dans ce quartier vient d’être abandonnée par la majorité municipale. »

Et le candidat, qui prend visiblement goût au micro, de marteler : « Biarritz est un équilibre! »

Un quatuor qui s’apprécie

Marie-Pierre Mayer, la pharmacienne de Saint-Charles, raconte alors son parcours, elle qui n’est pas Biarrote d’origine, mais qui se félicite tous les jours depuis vingt ans de vivre ici. Petite-fille de mineur, elle est « fascinée par ces gaullistes débordant d’énergie qui œuvrent pour la France. » et a « toujours été intéressée par la politique ».

Mira Schor, sa remplaçante, ne cache pas que le fait d’avoir été exclue de l’UMP reste une blessure à vif : « J’ai le coeur et l’âme UMP, même si nous ne pouvons pas le dire ouvertement. » Travaillant à L’Hôtel du Palais, elle se réjouit de «  vivre une aventure humaine extraordinaire » et se déclare très optimiste au vu de l’accueil réservé par les Biarrots lors des distributions de tracts.

Jean Dabadie, le remplaçant de Frédéric Domège, a fait de solides études à l’étranger avant de revenir à  Biarritz, «  ma ville », en 2009 et de prendre la gérance de L’Hôtel du Clair de lune. Non encarté, il veut incarner le bon sens des gens de terrain.

Le quatuor n’a pas besoin de dire qu’il s’apprécie. Les sourires, les fous-rires sont nombreux et comme le souligne Marie-Pierre Mayer, « Frédéric sait diriger, mais il sait aussi écouter ».

On est loin des ces mariages forcés, il y a un an, où Veunac, Barucq et Lafite d’un côté, Brisson, Saint-Cricq et Tardits de l’autre, semblaient aussi ravis de convoler ensemble que les lycéennes enlevées par Boko Haram, le jour où elles découvrent l’époux qu’on leur destine.

Comme me disait un vieux guide pyrénéen, « quand une cordée fonctionne, la montagne devient tellement plus simple! »

Pour moi, ce sera Ithurbide-Raffy

Quand un gouvernement de gauche vote des lois de droite, comme la loi Macron, il faut le rappeler à ses devoirs et voter à gauche de la gauche. Contrairement aux précédentes cantonales, ces nouvelles élections départementales ont été marquées par des débats beaucoup plus nationaux que locaux, avec une forte inquiétude sur le score du Front national. Voter communiste, un parti pour lequel j’ai toujours eu beaucoup de tendresse, ne me posera donc aucun problème, puisque j’ai toujours préféré les militants sincères aux énarques arrogants dont ce n’est jamais la faute (Suivez mon regard…). Je ne cache pas que si j’avais disposé d’un deuxième bulletin, je l’aurais certainement donné au ticket Daguerre-Istèque, tellement ils sont enthousiastes, chaleureux et rafraichissants dans leur volonté de défendre le Pays basque. Mais, n’habitant que depuis douze ans à Biarritz, j’avoue que je suis parfois déconcerté par les stratégies « ondoyantes » des Abertzale, même si on m’a expliqué que c’était normal, puisque c’était un mouvement et non un  parti.

Après avoir ruminé ma colère pendant des semaines, j’ai décidé en mai 2012 de ne pas passer une minute de plus au « Canard enchaîné » qui, à mes yeux, avait gravement triché avec ses lecteurs. C’est sans doute pour cette raison que la démarche de Frédéric Domège m’est sympathique. Parce qu’il y a une sincérité dans sa révolte que j’apprécie. Biarritz a besoin d’opposants qui s’opposent, Biarritz crève de ces petits jeux politiques où l’opposition saute dans les bras de la majorité ou deale en douce avec elle, loin des regards, comme un vendeur de cannabis dans un hall d’immeuble. Frédéric, pour peu qu’il soit élu, retombera peut-être un jour dans ces petits jeux politiques que les électeurs exècrent. Mais, pour le moment, sa démarche est celle d’un homme indigné qui a décidé d’être lui-même…

… Et, rien que pour ça, il mérite le plus total respect.

Bernard Ithurbide, Sophie Raffy : «On est soucieux pour Biarritz»

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La lutte contre l’austérité va être le cheval de bataille des deux candidats communistes aux élections départementales.

Quarante années les séparent mais c’est avec une belle unanimité et beaucoup de complicité communiste qu’ils affirment : «La politique, c’est quelque chose d’extraordinaire!».  Sophie Raffy, 34 ans, architecte d’intérieur et maman de deux enfants et Bernard Ithurbide, 74 ans, cadre retraité d’EDF-GDF, mais aussi ancien conseiller municipal de Biarritz et sculpteur passionné, incarnent effectivement le meilleur de la politique, loin des compromis, des trahisons et du spectacle lamentable que nous offrent actuellement d’autres listes. Solides dans leurs convictions communistes, et cohérents avec eux-mêmes, ils se préparent avec plaisir à cette campagne électorale des élections départementales.

« La lutte contre l’austérité va être notre fil conducteur,  précise Sophie Raffy. Nous, les jeunes, on est habitués à vivre comme cela, mais nous devons construire pour demain afin que nos enfants ne subissent pas la même chose ».

Distributions de tracts et rencontres avec les habitants sont au programme. «  Nous allons aussi essayer d’être présents aux halles de Biarritz, mais, lors de la campagne des municipales, on nous a fait les pires difficultés à chaque fois que le parti communiste a voulu distribuer des tracts, alors que personne ne semblait gêné quand c’était la liste de Brisson ou de Veunac, raconte Bernard Ithurbide.  J’ai d’ailleurs noté une belle erreur dans le dépliant que distribue Frédéric Domège, puisqu’il parle de la victoire aux municipales d’une « coalition de gauche et de centre gauche soutenue par le parti communiste », alors que nous avons quitté la liste Guy Lafite après le premier tour, quand il s’est allié à Michel Veunac. »

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Bernard Ithurbide n’a pas résisté au plaisir de faire découvrir son atelier de sculpteur à Sophie Raffy.

«  Nous allons prochainement dévoiler nos douze propositions pour ce scrutin, mais il en est une qui nous tient particulièrement à cœur, relève la jeune architecte d’intérieur. Nous sommes totalement contre le cumul des mandats et nous allons demander que l’indemnité des futurs conseillers départementaux ne dépasse pas le salaire mensuel d’un ouvrier qualifié. » On en connait qui vont croiser les doigts pour que cette division par deux de l’indemnité prévue ne se réalise pas, car elle mettrait sacrément à mal leur plan de carrière!

« En revanche, surenchérit Bernard Ithurbide,  nous sommes à fond pour une structure départementale, dans la mesure où les rôles entre élus sont bien répartis. Pour nous ce sont les gens qui habitent sur place qui sont les plus compétents pour prendre les bonnes décisions. Il semblerait que la voierie et les collèges vont relever de la responsabilité des conseillers départementaux. On trouverait assez normal que les lycées dépendent aussi de cette assemblée. »

« Ne pas faciliter le travail du Front national »

Inéluctablement, la conversation revient sur les petites manœuvres qui ont agité le personnel politique biarrot, ces derniers mois, sur les neuf binômes en présence, quand la moyenne n’est que de quatre dans le département, sur les petites manœuvres et grandes trahisons qui font que plus personne ne sait qui fait partie de la majorité et de l’opposition. «  C’en est grotesque, s’emporte l’ancien élu de l’opposition municipale.  Je ne sais pas qui je déteste le plus entre les élus qui ne respectent pas leur mandat et les vierges farouches de l’apolitisme comme François Amigorena, qui découvre soudain qu’il n’est plus de gauche… »

Et les deux de réagir avec unanimité : «  On est un peu soucieux pour Biarritz, car tout aura été fait pour faciliter le travail du Front national ».

On ne leur fait pas dire.