Et maintenant, le stationnement open bar !

Recevant les commerçants en colère, la mairie a demandé ce lundi à Streeteo de ne pas verbaliser les automobilistes. La farce continue…

Si vous avez trouvé, ce lundi, que les agents verbalisateurs de Streeteo avaient un peu tendance à musarder au soleil et ne semblaient pas très enclins à balancer de la prune au kilomètre, ne vous étonnez pas : ils ne faisaient qu’obéir à des consignes venues de la mairie et transmises par leurs chefs, leur interdisant de verbaliser en ce beau lundi radieux.

Du côté de la mairie, c’était plutôt « Marche à l’ombre ! ». Courageux mais pas téméraire, Michel Veunac recevait ce jour une délégation de commerçants et avait estimé plus habile de ne pas agiter le chiffon rouge face à ces commerçants qui n’en reviennent toujours pas de la méconnaissance de leur métier manifestée par les élus concernés. Veunac a donc fait du Veunac, balançant des paroles lénifiantes et simulant la plus grande fermeté, ce qui signifie qu’il est sur le point de céder, puisqu’il a annoncé à ses interlocuteurs médusés que sa politique de stationnement était parfaite et qu’il n’y reviendrait pas… avant de proposer une deuxième réunion la semaine prochaine pour faire avancer le dossier.  On prend les paris que Veunac, une fois de plus, va se dégonfler ?

Objectif biarrot : 80 prunes par jour et par agent

Peio qui vit à Paris et vient d’être recruté par Streeteo tout en gardant un œil sur son pays basque natal, a une idée assez précise sur ce qui se passe actuellement : « À Paris, on fait ce qu’on peut, mais on est insultés quotidiennement. Et franchement, la population a raison. En plus les applications qu’on nous a données ne marchent pas toujours. Quant aux scooters avec lesquels on est censé travailler, ils sont très lourds et peu maniables. Il y a déjà eu deux accidents et c’est miracle si nous n’avons pas un mort. Je n’ose même pas imaginer comment ils font dans une ville en pente comme Biarrtiz ! »

Michel Veunac s’admirant dans une glace.

Visiblement, Peio comprend ce que ses collègues biarrots sont en train de vivre : « Ils sont déjà écœurés et rêvent que Veunac dise on fait marche arrière. On souhaite faire de l’humain, du chirurgical, du cas par cas, alors qu’on devient des robots destinés à racketter les automobilistes… Je sais que leur application marche mal et qu’il y a des quartiers entiers dont le Port-vieux où ils ne peuvent pas verbaliser »

Enfin une bonne nouvelle, alors que les chiffres avancés par Peio ont de quoi faire frémir. « On nous demande de faire 400 contraventions par jour. À Biarritz, comme dans toutes les villes moyennes, on attend des agents qu’ils balancent 80 prunes chacun. Un chiffre que les policiers municipaux de Biarritz n’ont jamais réalisé ».

Actuellement, selon Peio, trois agents seulement sévissent sous les couleurs de Streeteo, mais « cet été, ils vont être huit. Ils vont être contents les touristes venus se baigner quand ils vont devoir déplacer leur voiture au bout de trois heures ! »

Peio n’a décidément aucun sens de la hiérarchie. L’essentiel c’est tout de même que les élus puissent stationner gratuitement leur propre véhicule !

Une liste bien opaque de 120 non-verbalisables

Bisque, Bisque, Basque ! a enfin pu toucher du doigt cette fameuse liste, écrite par la mairie et transmise à Streeteo des 120 plaques d’immatriculation à ne pas verbaliser. Sous le sceau du secret, les services de la mairie nous en apprennent de belles sur les passe-droits et autres inégalités déjà mis en place avec cette nouvelle politique : ainsi, les policiers nationaux, bien que n’habitant pas Biarritz, ont droit au tarif résidentiel, ce qui n’est pas le cas des policiers municipaux. Quant aux agents de Steeteo, ils doivent payer plein pot un abonnement à Vinci au parking de la gare du midi.

Pour en revenir à la liste des 120 privilégiés échappant au racket, elle se compose en deux volets. Nominative pour une quarantaine de plaques, elle comporte tout le conseil municipal, ce qui est plutôt logique, puisque ces derniers bénéficiaient déjà d’une carte de stationnement gratuit.

Estrait de la liste de 120 plaques d’immatriculation à ne pas verbaliser. Cette liste, établie par la mairie, a été transmise à Streeteo.

Néanmoins, l’examen du court extrait que nous publions aujourd’hui, montre déjà certaines complaisances. Ainsi le délégué aux mobilités urbaines, Éric Bonnamy, jouit d’une autorisation pour deux voitures, ce qui fait sourire pour ce chantre de la bicyclette. Quant à Bénédicte Darrigade, belle-fille d’un immense champion cycliste, les services de la maire ne savent visiblement pas orthographier son nom.

Reste la deuxième partie de la liste qui se compose de quatre-vingt noms, ou plutôt de quatre-vingt plaques d’immatriculation sans aucun nom, ce qui pose un sérieux problème d’éthique. Les employés communaux – les mauvais esprits que voilà ! – soupçonnent que les noms de certaines épouses d’élus ont discrètement été glissés dans la liste ! Comme si les passe-droits, entourloupes et autres favoritismes étaient une pratique courante dans cette mairie ! Dans cette liste, se trouvent probablement des médecins et autres professionnels qu’il est parfaitement légitime de ne pas verbaliser. Mais, si la mairie ne veut pas que Bisque, Bisque, Basque ! publie la liste complète des plaques minéralogiques « privilégiées », et organise avec les citoyens de la ville une traque aux évadés du stationnement payant, elle serait bien avisée de communiquer tous les noms des bénéficiaires au nom de cette transparence si chère à notre bon maire.

D’autant plus qu’il semblerait que la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) n’aie pas donné la moindre autorisation à ce fichier, ce qui est parfaitement illégal.

Allez, encore du grain à moudre pour l’opposition dans la perspective du prochain conseil municipal !