Interdiction de laisser Mariner…

Entre une raciste incompétente et un illuminé ultralibéral, le choix est vite fait. Ce sera Macron… sans illusions.

À Biarritz, un électeur sur trois a trouvé acceptable les turpitudes de François Fillon. Comme si dans notre pays, la morale n’avait plus d’importance !

Biarritz a toujours manifesté beaucoup d’indulgence pour les élus un peu désinvoltes avec l’argent public, mais à ce point ! Alors que François Fillon ne récoltait que 28% de votes en sa faveur dans son département, les Biarrots, visiblement peu sensibles à la morale en politique, se sont tristement illustrés avec un tiers des votes accordés au mis en examen Fillon. Heureusement, et c’est là une des grandes consolations de cette bien triste élection, les Français ont fait preuve de bon sens en écartant le Tartuffe de la Sarthe du second tour de la présidentielle pour lui permettre, face à la Justice, de faire tranquillement la démonstration de son innocence et du complot à son encontre ourdi par la presse, ce qui devrait nous valoir quelques moments de franche rigolade.

Pas glamour le second tour

Et de rigolade on a bien besoin au vu des résultats nationaux de cette élection. On a connu plus sexy qu’un sprint final avec une représentante du Front national et un ectoplasme au programme tellement flou qu’il en devient très prévisible comme en témoignent la hausse de la Bourse au lendemain des résultats et les cris de joie, mal dissimulés, du Medef.

Pour leur part, les partisans d’une gauche radicale déplorent toux ceux qui, tentés par Mélenchon, ont cru malin de voter Macron dès le premier tour « pour faire barrage au Front national ». Mais il ne sert à rien de refaire le match. La règle du scrutin présidentiel étant connue de tous, il faut désormais se concentrer sur le second tour et se décider pour le moins pire des candidats, qui est évidemment Emmanuel Macron.

À ce sujet, Jean-Luc Mélenchon ne s’est guère montré inspiré. Ses tergiversations et sa façon de se planquer derrière la décision des militants relèvent de la posture. Face au Front national, le réflexe républicain doit être immédiat, le combat sans nuance et les petites manœuvres oubliées. Bravo au PS mais aussi à Raffarin, Juppé, NKM ou même François Fillon pour avoir donné des consignes claires dès dimanche soir.

Et honte à tous ceux, qu’ils soient membres de Lutte Ouvrière ou des Républicains, qui se perdent dans les méandres du ni-ni, en laissant aux autres le soin de faire le sale boulot électoral !

Marine la joue peuple, Macron people

Stéphane Bern, mais aussi Line Renaud, Pierre Arditi, Erik Orsenna sont venus faire la cour au nouveau chouchou des médias.

Car une élection, jusqu’au jour du vote n’est jamais gagnée et le jeune paon Macron, ivre de lui-même et de son parcours météorique, ferait bien de s’en souvenir. Pendant qu’il se pavane à La Rotonde et contemple avec Brigitte son image dans les magazines, pendant qu’il essaie de nous faire croire à une nouvelle politique en exhumant du formol Bayrou ou Collomb, Marine se retrousse les manches et fait le job, que ce soit dans le Nord ou à Rungis. Malgré son passé de châtelaine de Montretout, elle arrive à convaincre les plus démunis qu’elle est à leurs côtés. Ce ne sont pas les people qui tournent autour du jeune énarque comme des papillons éblouis par la lumière qui feront gagner le candidat d’En marche. Et même si les sondages lui sont très favorables, un tour rapide sur les réseaux sociaux montre que beaucoup de militants chez Les Républicains sont restés dans la haine recuite de Hollande et affirment vouloir voter Marine Le Pen.

En 2002, les gens de gauche ont connu l’épreuve de devoir voter Chirac. La droite va découvrir, à l’issue de cette élection a priori imperdable pour elle, l’effet que cela fait d’aller à Canossa devant une urne. Mais voter pour ne veut pas dire adhérer : le Front national doit être combattu sans faiblesse, la tentation de la pêche à la ligne oubliée et le bulletin de votre où figurera le nom de Macron ne sera qu’un suffrage contre Marine.

… En attendant la belle bagarre des législatives pour faire triompher ses idées, la pâte à modeler Macron étant bien obligée de composer avec la majorité idéologique élue par les Français.

À lire sur Facebook la très intéressante réaction de Jacques-André Schneck, membre des Républicains, qui très tôt a pris ses distances avec Fillon et ne se pose pas de questions face au danger Front national :

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck