À Biarritz, le curieux licenciement de deux des trois salariés Streeteo

Considérés comme d’excellents éléments en avril, Fabien et William viennent d’être virés en juillet. Parce qu’ils refusaient de verbaliser à tout va ?

William Salles et Fabien Levassor ne remettront plus l’uniforme Streeteo.

Quadragénaire débonnaire, fort de huit ans d’expérience dans la sécurité, William Salles n’est pas près d’oublier son recrutement chez Streeteo Biarritz, début 2019. « Tout de suite, on m’a mis en garde contre Fabien, en me disant : « Méfie-toi de lui, il est membre de la France Insoumise, naturiste et bisexuel ». Ou comment habiller pour l’hiver un collègue… Le propos avait un tel relent d’homophobie que William, le nouveau-venu, s’en est immédiatement ouvert à Fabien Levassor qui a préféré en sourire, « Je n’ai jamais caché mes orientations », conscient qu’il vaut mieux parfois ne pas relever les allusions blessantes des collègues quand on travaille dans une petite équipe.

Streeteo Biarritz, en effet, c’est un chef de service, Éric Crayssac, et, en dehors de Fabien et William, une jeune recrue de 19 ans, chrétien militant dont le papa et la maman travaillent chez Indigo, plus deux vacataires pour l’été. À raison d’un chiffre moyen de soixante prunes quotidiennes infligées aux automobilistes par chaque salarié, vous arrivez à un total annuel situé entre 35 et 40 000 Forfaits post stationnement (FPS), selon les estimations des deux salariés. Comme dit notre énarque favori, surnommé « La Faillite nous voilà ! », avec une indécente gourmandise lors d’un conseil municipal : « L’argent rentre bien ! ».

De l’intelligence dans le métier

Au début tout se passe bien pour William. Il comprend vite qu’il a le même sens du dialogue que Fabien et s’efforce de faire de la pédagogie auprès des touristes venant à Biarritz pour la première fois et un peu déconcertés par ces horodateurs plutôt complexes. Une politique, soulignons-le, encouragée par Jean-Claude Soria, le responsable réglementation et cadre de vie à la mairie, qui les incite à faire preuve de discernement dans la verbalisation.

Une période dont William et Fabien se souviennent avec nostalgie tant ils ont le sentiment d’avoir travaillé avec intelligence. Arrivé fin 2017 chez Streeteo, Fabien se rend à son entretien annuel en avril 2019 avec son supérieur hiérarchique, entretien s’étant déroulé, selon Éric Crayssac « dans un contexte de franchise, de liberté et d’ouverture », ce qui n’est guère étonnant quand on connaît la passion pour son métier de Fabien. Fort logiquement, les notes de ce dernier sont donc excellentes, 4/4 étant le maximum que puisse obtenir un salarié.

Excellent élément en avril 2019. Indésirable en juillet 2019. Comprenne qui pourra !

Un premier incident va doucher l’enthousiasme des deux Streeteomen. Contrairement à ce que Veunac, Lafite et Claverie ont raconté aux foules crédules, lors d’un conseil municipal en mai 2018, les verbalisateurs de Streeteo touchent bien une prime de rendement.

https://jeanyvesviollier.com/2018/05/13/des-elus-menteurs-comme-des-arracheurs-de-parcmetres/

Mauvaise surprise, alors qu’on leur octroyait cette prime quand ils réussissaient à effectuer soixante contrôles de véhicules à l’heure, elle n’est plus versée qu’à partir de quatre-vingts véhicules vérifiés toutes les soixante minutes. Faire de la pédagogie, pour un salarié de Streeteo, c’est l’assurance de perdre désormais sa prime !

« On nous fait payer le fait d’être honnêtes »

On ne rigole pas avec les tirelires municipales.

La nomination d’un nouveau responsable régional, apparemment issu de la grande distribution, change la donne. Alors que le contrat de Streeteo avec la ville de Biarritz arrive sous peu à échéance, faire du chiffre devient la priorité des priorités. William qui est accusé de distribuer moins de FPS que ses collègues, une affirmation apparemment fausse car basée sur quelques jours choisis au hasard, et Fabien qui conteste cette évolution, deviennent les ennemis tandis que l’on encense les vacataires qui distribuent de la prune à tout va.

Le 18 juin, en pleine canicule, William se met subitement à saigner du nez et fait un malaise qui est dûment enregistré par la médecine du travail. William et Fabien demandent à ce qu’on leur fournisse des bouteilles d’eau, ce qui sera fait après quelques réticences.

Et puis le 25 juin, à 16 heures, les deux salariés de Streeteo reçoivent un coup de fil de leur direction, leur signifiant qu’ils sont mis à pied à titre conservatoire et invités à rendre leur matériel et uniforme immédiatement en attendant d’être convoqués pour un entretien préalable de licenciement.

Les deux sont abasourdis, Fabien frôlant même la dépression nerveuse dans les jours qui suivent.

« On nous a fait payer le fait d’être honnêtes » affirme William, tandis que Fabien renchérit : « On était en empathie avec les gens. Ce qui n’était pas le cas des autres »

Des affirmations que je peux corroborer pour avoir vu au travail les deux intéressés à de nombreuses reprises et leur patience à toute épreuve alors que les automobilistes se montraient parfois chagrins.

Un dossier de licenciement ou un guet-apens ?

Quand Streeteo testait son scooter, avant de réaliser qu’il n’est pas fait pour une ville pentue comme Biarritz.

Si William prend les choses avec une certaine philosophie, même s’il est outré des attaques injustifiées portées contre lui, Fabien sort de ses gonds et commet alors l’erreur de menacer par écrit ses collègues en apprenant qu’ils ont fait des témoignages, qui semblent très télécommandés, contre les deux futurs licenciés. Le plus jeune salarié, en particulier, le bon chrétien dénonciateur qu’ils surnomment « Poussin » tant ils ont dû souvent le protéger de la vindicte d’automobilistes en colère, va recevoir de Fabien des messages très violents du genre : « Je suis un petit pédé naturiste qui met du monoï » qui témoignent bien de la souffrance et de l’état de détresse psychologique de Fabien qui se sent injustement exclu.

Des insultes que l’intéressé regrette même s’il estime qu’il n’a fait que répondre aux délations de ses collègues, mais qui sont probablement ce que souhaitait la direction de Streeteo pour couper la tête des deux salariés, dans ce qui ressemble à une provocation grossière.

Le 5 juillet, la Directrice des ressources humaines descend en personne de Paris, avec une liste d’accusation contre les deux malheureux, plus longue que la liste des courses d’une mère de famille de six enfants. On leur reproche de s’être laissé corrompre par les commerçants, ce que les deux salariés démentiront avec aisance, en faisant la liste des passe-droits imposés par leur direction pour ménager les intérêts de tel ou tel. Terrain miné, donc on oublie !

Alors on se rabattra sur le dézonage, c’est-à-dire sur le fait que William et Fabien n’effectuaient pas toujours leurs contrôles dans la zone prévue, une affirmation un peu risible puisqu’ils n’arrivaient pratiquement jamais à joindre leur direction et qu’avec le GPS intégré à leur machine, ils étaient toujours localisables par leur chef de service qui pouvait à tout moment les réorienter sur tel ou tel secteur.

Bien entendu, les insultes de Fabien proférées à l’égard de ses collègues, qui ont porté plainte au commissariat pour injures non publiques, une procédure extrêmement rare compte-tenu du nombre d’accrochages qu’il peut y avoir entre salariés dans une entreprise, deviennent le cœur des reproches formulés contre l’intéressé. Mais alors pourquoi William qui ne semble pas avoir grand-chose à se reprocher en dehors de sa sympathie pour Fabien et d’une altercation avec un automobiliste, subit-il le même sort, si ce n’est par volonté d’éradiquer les deux contestataires de l’entreprise ?

Leur chef de service, Éric Crayssac ayant botté en touche : « Je vous invite à voir ce problème avec la direction » et la direction, contactée par Bisque, Bisque, Basque ! n’ayant pas jugé bon de répondre à mes questions envoyées par mail, il faut donc laisser le temps à la Justice de faire son travail.

Mais que cette affaire sent le délit de sale gueule !

Mail envoyé le 16 juillet à la direction de Streeteo.

La ville de Biarritz indirectement pénalisée

Disons-le tout net, la ville de Biarritz ne semble pas avoir une grande responsabilité dans cette affaire interne à Streeteo. Elle préconise la modération et le bon sens, même si parfois, cela tourne aux « passe-droit » aux dires des deux salariés licenciés. Michel Veunac se fera sans doute un plaisir de détailler la liste de ceux qu’il convient de ne pas de verbaliser.

En revanche, toutes les objections qui avaient été soulevées par les opposants, lorsque Veunac-Lafite et Claverie vantaient les mérites de leur nouvelle politique de stationnement avec Streeteo, s’avèrent totalement exactes.

Tout d’abord, Claude Olive, le maire d’Anglet, se frotte les mains. Il vient de redire à Sud Ouest qu’il n’y aura « jamais un horodateur à Anglet. » Il suffisait de se promener cet hiver et de voir les rues désertes de Biarritz pendant que la Chambre d’amour affichait complet pour comprendre combien ce matraquage financier des automobilistes, voulu par notre trio de penseur, est mortifère pour le commerce. Et, plus drôle encore, Anglet, par le biais de L’Agglomération, se voit ristourner une partie des amendes payées par les malheureux automobilistes qui se sont faits verbaliser à Biarritz. Elle n’est pas belle la vie ?

Mais le problème de fond est encore plus préoccupant. Tandis que Streeteo connaissait beaucoup de difficultés et de contestation au moment de son implantation dans Paris, un certain bon sens semblait prévaloir à Biarritz, grâce notamment à l’intelligence des salariés. Visiblement, le renouvellement du contrat de deux ans approche, et il faut faire du chiffre, remplir encore un peu plus les caisses de la ville en rançonnant les automobilistes. Une politique qui arrondit les fins de mois municipales à court terme mais qui va s’avérer désastreuse à long terme.

D’autant plus que les deux salariés mis à pied actuellement ne sont pas remplacés et que les contrôles sont souvent effectués par un véhicule automobile avec toutes les imprécisions que cela peut amener, comme la non-prise en compte des cartes d’invalidité. Au final, avec cette décision de Streeteo de licencier deux de ses salariés, c’est la Ville qui perd de l’argent.

Bisque, Bisque, Basque ! le répète : il ne faut pas renouveler le contrat de Streeteo et reprendre la main sur le stationnement par le biais de policiers municipaux plus à même de juger de chaque situation. Pour remettre enfin un peu de bon sens dans ce monde de brutes.

 

 

Enfin des places gratuites pour les Biarrots !

Sur le parking de la Côte basque, trois places sont réservées aux « Acteurs économique » (Sic !) Comme si les Biarrots n’en étaient pas eux aussi.

Tous les dictionnaires consultés sont unanimes : un acteur économique est quelqu’un qui participe financièrement à la vie d’un pays, d’une ville ou d’une entreprise. Vous n’en aviez sans doute pas conscience, mais, si vous achetez chaque jour votre baguette de pain ou votre journal à Biarritz, vous êtes donc un acteur économique de cette ville. Une ville où la question du stationnement a l’art de susciter des crises d’urticaire chez les Biarrots depuis un peu plus d’un an et l’arrivée de Streeteo.

Tandis que l’adjoint aux Finances, surnommé « La Faillite nous voilà ! », se frotte les mains publiquement en conseil municipal et est bien le seul à se féliciter – « L’argent rentre ! » -, les commerçants constatent avec effarement que les clients boudent de plus en plus le centre-ville pour aller déjeuner par exemple à la Chambre d’Amour d’Anglet, bondée pendant les vacances de février, tandis que les rues de notre ville offraient des places en veux-tu en voilà.

« La Faillite nous voilà! » a le sourire : les commerces meurent mais l’argent rentre grâce à Streeteo.

La mairie aurait-elle été soudain prise de remords ? Depuis un peu plus d’un mois, fleurit à nouveau sur le parking de la Côte des Basques une étrange inscription que le sagace photographe Daniel Velez avait déjà remarquée l’an passé, à la fin de la saison estivale : « ACTEURS ECONOMIQUE ».

Les mauvais citoyens qui la ramènent toujours vont se gausser de la faute d’orthographe commise par la mairie, alors qu’un minimum de réflexion leur aurait permis de réaliser le souci de l’argent public manifesté par ceux qui nous dirigent. S’il manque un S à « ECONOMIQUE », c’est uniquement parce que le préposé de service n’avait plus de peinture et que dans sa grande sagesse « La Faillite nous voilà ! » a refusé l’achat d’un nouveau pot après les 75 millions d’euros, et plus si affinités, engloutis dans la rénovation de l’Hôtel du Palais.

Les râleurs noteront aussi que des barrières ont été érigées sur ces trois places réservées sur le parking de la Côte des Basques, pour qu’elles ne soient pas occupées par n’importe quel acheteur exhibant sa baguette du matin et s’affirmant acteur économique.

Bisque, Bisque, Basque ! invite donc tous les Biarrots à écrire à la mairie pour revendiquer l’usage de ces places. Connaissant la promptitude avec laquelle Veunac répond à toutes les demandes de ses concitoyens, et le refus de tout passe-droit manifesté par la majorité en place, nul doute si votre demande est rejetée que vous saurez sous peu qui sont les bénéficiaires de ces places ultra-privilégiées.

Claverie matraque d’abord et réfléchit ensuite

Consternante intervention de l’adjoint à la Réglementation expliquant à Sud Ouest que la mairie impose le stationnement sans concertation avant de réfléchir et discuter.

Un lecteur de Bisque, Bisque, Basque ! a adressé un message à ce blog en reconnaissant Peio Claverie. C’est à cause de lui qu’enfant, il n’a pas appris le Basque et convaincu sa mère d’arrêter l’ikastola, tellement il était terrorisé par l’enseignant Claverie. On se demande bien pourquoi.

Reconnaissons d’abord une qualité à Peio Claverie, si souvent l’objet de railleries dans ce blog : quand, du fait de son impréparation et de la fronde locale qui perdure, le dossier stationnement sent le roussi et que Veunac et Lafite se planquent, l’adjoint à la réglementation fait front courageusement et répond aux questions des journalistes. Passionnant dossier que celui de Sud Ouest, publié ce matin sous la signature de Raphaëlle Gourin. Les lecteurs peuvent découvrir l’usine à gaz qui est en train de se bâtir autour du stationnement, avec ses cinq zones, ses multiples variantes forfaitaires et, cerise sur le gâteau, se tordre de rire en lisant les réponses pour le moins emberlificotées de Peio Claverie. Bisque, Bisque, Basque ! ne va d’ailleurs pas manquer de lancer un financement participatif pour offrir à l’adjoint à la Réglementation les boîtes d’aspirine qu’il mérite.

Pour commencer, c’est un peu l’histoire du CRS qui se plaint d’avoir mal au bras quand il matraque la tête des manifestants. Peio Claverie essaie d’apitoyer la population sur son dur métier d’adjoint : « C’est d’abord très compliqué à mettre en place ! C’est compliqué pour nous. Et pour les gens aussi ! » Il y avait pourtant un moyen bien facile de se simplifier la vie en créant des zones bleues permettant aux Biarrots de faire leurs courses et en laissant le stationnement gratuit l’hiver quand Biarritz est un village… Mais là, ce n’était sans doute ni assez compliqué ni assez rentable. La Ville rançonne les citoyens de façon éhontée et l’équipe dirigeante voudrait en plus qu’on la plaigne.

Il est fort, ce Claverie !

Le dossier, dans Sud Ouest du 18 mai.

Peio Claverie, qui nous a déjà habitué à ses fulgurantes approximations, enchaîne sur ce qui parait être un gros bobard. « Nous sollicitons Streeteo plusieurs fois par jour quand des problèmes sont soulevés par les usagers et ils sont résolus en direct » Pas de doute, il est vraiment fort, ce Claverie, puisque la direction de Streeteo a été modifiée plusieurs fois et que partout en France les agents sur le terrain se plaignent de ne jamais réussir à obtenir le contact avec leur direction. Mais Streeteo sait visiblement reconnaître qui est important et qui ne l’est pas.

N’étant pas à une contradiction près, Claverie, l’homme qui appelle Streeteo plusieurs fois par jour, fait semblant de découvrir « la prime d’objectif », versée par Streeteo à ses agents. Le vertueux édile s’indigne. Cette politique de stationnement n’a été menée que pour le bien des Biarrots et en aucun cas pour rançonner le contribuable. La plus belle preuve ? « La récolte de FPS part dans les caisses de l’EPCI pas dans celle de la mairie ». Encore mieux ! Ce n’est plus une mairie, mais Ubu-au-pouvoir : on met la ville à feu et à sang, on détruit à petit feu le commerce, on incite les touristes à ne plus venir comme l’a affirmé Michel Veunac à une visiteuse un jour de manifestation, et tout cela pour l’amour du sport, pour faire plaisir à Anglet et Bayonne qui non seulement profitent des touristes éconduits mais en plus touchent de l’argent sur les procès-verbaux payés par les Biarrots. Devant un tel sens de la gestion et une telle défense des intérêts des Biarrots, on ne peut qu’incliner son chapeau bien bas.

Reste enfin le plus drôle pour la fin. « Le système n’est pas figé dans le marbre. Nous interrogerons toutes les parties à l’automne pour améliorer les choses » poursuit l’inénarrable Claverie. Trois pékins, qui ne paient pas leur stationnement en tant qu’élus et dont l’un, Peio Claverie, n’habite même plus Biarritz, décident en catimini, sans même en parler au conseil municipal, de signer un contrat à 1,5 million d’euros avec Streeteo, et, l’automne venu, quand des dégâts irréparables ont été commis et que les touristes, écœurés de s’être fait verbaliser les jours fériés de mai, sont partis à Anglet ou ailleurs, se décident à réfléchir. Et on fait comment pour dénoncer le contrat signé pour deux ans ? Mais quel talent ! Quelle hauteur de vues ! Franchement, ce serait un crime électoral que de ne pas accorder à des élus aussi visionnaires un nouveau petit mandat de six ans en 2020 !

Rendre à Streeteo, ce qui est à Streeteo

De l’avis de tout le monde et même si les prunes tombent actuellement presque intensément que les gouttes de pluie sur les Biarrots, les agents de Streeteo Biarritz ne la jouent pas trop cow-boy aux « pouces magiques », comme se qualifient eux-mêmes les agents parisiens capables de balancer une prune en quatorze secondes, et gardent une certaine humanité malgré leurs obligations chiffrées. Mais Bisque Bisque Basque ! n’a pas été sans noter l’hypocrisie de la mairie qui s’efforce de charger Streeteo quand les choses vont mal. Les recrues biarrotes sont là pour verbaliser… et rien d’autre. Les parcmètres, récupérés à la casse et incapables de fonctionner dans les délais, ce dont personne ne se plaindra, ne sont pas de leur fait. Les adhésifs qui se décollent non plus. Et l’incohérence de la communication de la Ville sur ce sujet, pas davantage.

Des élus menteurs comme des arracheurs de parcmètres

Contrairement à ce qui avait été affirmé en plein conseil municipal, les agents de Streeteo Biarritz touchent bien une prime d’objectif.

Le 8 mai était ensoleillé : Streeteo s’est offert une razzia avec les malheureux touristes qui ont cru, en toute bonne foi, que le stationnement était gratuit un jour férié.

Encore un gros mensonge de la Ville, un de plus diront les Biarrots qui suivent l’actualité municipale. Michel Veunac et ses deux complices Guy Lafite et Peio Claverie nous avaient juré que le contrat passé en douce avec Streeteo n’avait pour but que d’augmenter « le taux de respect » des citoyens pour le stationnement payant. La belle blague ! En effet, un document qui a circulé sur les réseaux sociaux (consultable sur www.indeed.fr) et en particulier sur l’excellente page Facebook « Biarritz notre ville » démontre que nos élus sont prêts à mentir sans vergogne pour faire passer en force ce nouveau plan de stationnement.

Compte-tenu des turbulences autour de Streeteo, les candidats verbalisateurs ne se bousculent pas pour venir se frictionner avec les locaux et les touristes tout l’été. Streeteo doit donc déployer tous ses atours pour convaincre les naïfs qu’ils se préparent à exercer le plus beau métier du monde. Vous admirerez la description du poste, nécessitant « le sens du service et de la relation client ». Qu’en pensent les verbalisés du 8 mai, qui, ignorant de bonne foi que les jours fériés sont désormais payants à Biarritz, se sont vus décerner de jolis FPS à 30 euros ? Si l’objectif de la mairie est de dégoûter les touristes de venir s’agglutiner à Biarritz les jours où il fait beau, alors félicitons-la, car elle est en train de réussir au-delà de toute espérance.

D’autant plus que c’est à la fin de cette annonce que réside l’information qui nous prouve que nous sommes dirigés par de fieffés menteurs.  Dans les conditions financières annoncées, Streeteo se sent obligé de préciser qu’outre la rémunération de 1610 euros mensuels, le justicier verbalisateur, pour peu qu’il fasse cracher la mitraillette à procès-verbaux, se verra doté d’une « prime mensuelle sur objectifs de 250 euros »

Interrogé sur ce sujet, un cadre de Streeteo Paris tente de botter en touche : « Non, ce n’est pas une prime de rendement, car pour l’octroyer nous prenons en compte différents paramètres comme la ponctualité ou la bonne présentation. Mais bien entendu, le nombre de FPS délivrés par l’agent entre aussi en jeu » Nous y voilà ! Michel Veunac, aveuglé par une société qui lui a fait miroiter une cagnotte considérable à encaisser, a signé un contrat qui coûte quatre fois plus cher que le recrutement de policiers municipaux dédiés au stationnement, et, non content de mettre à mal le commerce de sa ville, accepte froidement que les citoyens de Biarritz soient désormais rançonnés par des agents qui dans quelques mois, quand la controverse sur Streeteo se sera éloignée, ne toucheront leurs primes d’objectifs que s’ils se montrent de zélés verbalisateurs. Mais quelle honte !

Sur le même sujet, vous pouvez aussi écouter l’intervention de François Amigorena sur Sud Radio :

https://soundcloud.com/user-693170616/interview-francois-amigorena-sud-radio-stationnement-biarritz-12-mai-2018

 

Constitution d’un comité de salut public : la très bonne idée

Certains lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! s’étonnent que des candidats comme Jacques-André Schneck se déclarent dès 2018 pour les municipales de 2020, ou que des adjoints comme François Amigorena ou Édouard Chazouillères affichent publiquement leurs désaccords avec la politique municipale. Ces citoyens très intéressés par la vie publique ne semblent pas prendre conscience de la gravité de la situation et des dégâts qu’est en train de faire un Michel Veunac à la tête de la Ville. Ce dernier s’apprête en effet à endetter Biarritz, via la Socomix, à hauteur de 70 millions (chiffre officiel annoncé qui finira évidemment autour des 100 millions d’euros) pour rénover l’Hôtel du Palais. Or la Socomix est une coquille vide et c’est bien entendu la Ville qui devra honorer les engagements pris, en cas de désastre comme des attentats qui chasseraient quelques temps les touristes de France. Qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité, ou même extérieurs à l’équipe municipale, tous se rejoignent pour dire qu’il faut absolument empêcher cela.

D’où l’idée de plusieurs grandes figures de la vie politique locale comme Saint-Cricq, Tardits, Amigorena, Chazouillères ou Schneck, de se rassembler en une sorte de « comité de salut public », toutes tendances politiques confondues, pour dénoncer en commun les errances de l’équipe dirigeante actuelle.

Rien n’est encore fait, mais voilà un projet respectueux des intérêts des Biarrots et qui honore la politique. Un projet d’une autre dignité que celui des élus de la majorité qui critiquent Veunac en douce mais le laissent faire en espérant qu’il va se planter et qu’ils pourront se présenter contre lui en 2020.

II.- Veunac stationne et papillonne

Un plan « aberrant » pour calmer la fronde contre le stationnement, va encore coûter 45 000 euros supplémentaires aux Biarrots. Merci qui ? Merci Mimi !

45 000 € d’argent public dépensés pour la tranquillité de Veunac, c’est vraiment cadeau…

À les voir épaule contre épaule, dans ce bout de salle malcommode au possible, comment ne pas penser à la montée du Puy-de-Dôme, le 12 juillet 1964, quand Anquetil, victime d’une défaillance et Poulidor qui ne s’en aperçoit pas, se disputent avec acharnement le maillot jaune. Le grand public, qui s’est toujours cru obligé de choisir, ignore que les deux cyclistes étaient très copains et s’amusaient de cette rivalité, montée de toutes pièces par les médias. Entre Chazouillères et Amigorena, il est bien trop tôt pour savoir qui sera l’éternel second, ou si l’un deux récoltera les honneurs, mais comment ne pas saluer l’intelligence politique manifestée jeudi soir par les deux chefs d’entreprise qui ont bien compris que l’urgence était de sauver Biarritz du désastre et qu’il sera toujours temps ensuite d’en découdre dans une joute électorale.

Enfin une bonne nouvelle pour les Biarrots.

Alors que l’on sait depuis longtemps qui dans les rangs de l’opposition a l’étoffe pour devenir maire et mettre fin au pire mandat de l’histoire de Biarritz, quelle bonne nouvelle que de constater que l’offre politique s’élargit, même si un humain peut totalement se transformer en bien ou en mal en occupant un nouveau poste. Une fois de plus sur la nouvelle politique de stationnement mise en place, les Biarrots ont pu mesurer le contraste entre des opposants qui réfléchissent avec perspicacité au devenir de Biarritz et des godillots majoritaires, soucieux de conserver leurs petits avantages et prêts pour cela à marcher dans le mur en suivant leur maire.

Saint-Cricq : « Vous pourrissez la vie des Biarrots !»

Trop content de faire taire les rumeurs de future alliance en 2020, colportées par Veunac et par le petit marquis de contre-vérité qui dirige La Semaine du Pays Basque, le fougueux avocat Saint-Cricq est le premier à dégainer sur le stationnement : « Vous êtes en train de pourrir la vie des Biarrots. Vous saisissez une aubaine pour améliorer les finances locales ». Tandis que Veunac s’embrouille dans des explications alambiquées, se perd dans sa politique tarifaire, tandis que Claverie montre une fois de plus qu’il ne connaît pas très bien ses dossiers, au point d’appeler Landrin au secours, Arosteguy attaque à son tour : « La concertation, je ne l’ai pas vue. Vous faites du saupoudrage. Où sont les mesures ambitieuses ? Autant essayer de travailler sur l’attractivité quand le centre-ville est désert », allusion à ce stationnement gratuit les fins de semaine d’avril… à un moment où la ville est pleine comme un œuf. Tandis que Boissier, pour qui la concertation n’est pas une simple posture politique, demande que des commissions thématiques se mettent en place avec des citoyens qui « apportent leur vision de l’usager », Domège s’étonne de la modification des zones de stationnement payant : « Où vont se mettre les gens qui habitent le quartier du parc Mazon ? Ils n’ont pas de solution alternative »

Étrange décision, en effet que de rendre payant ce quartier où il n’y a pas le moindre commerce, tandis que d’autres beaucoup plus vivants passent sous les radars. « Le quartier d’Espagne, est-ce une zone protégée par Monsieur Claverie ? » ose Saint-Cricq. Un ange, avec des drapeaux abertzale sur les ailes, passe.

Le Titanic d’Amigorena

François Amigorena, dans une intervention particulièrement ciselée, va alors poser la vraie question. Pourquoi ce ruineux contrat avec Streeteo ? Bisque, Bisque, Basque ! ne résiste pas à vous livrer la retranscription complète de son intervention : « Les anglophones ont une jolie expression pour désigner ce que vous faites avec le catalogue de demi-mesures contenues dans cette délibération. Ils appellent ça « ranger les chaises-longues sur le pont du Titanic ». En effet, si certaines des adaptations qui nous proposées ici vont plutôt et enfin dans le bon sens, la gravité de la situation appelle, non pas un rafistolage, mais une remise à plat complète de votre plan de stationnement. Ce dispositif que vous avez mis en place sans la moindre concertation, ni avec les élus de ce Conseil, ni avec les Biarrots, est en effet punitif, discriminatoire, illisible, et plombe la vie économique de Biarritz. Entendez Monsieur le Maire la voix des Biarrots, des habitants des villes voisines, de nos visiteurs habituels qui ont désormais décidé de déserter Biarritz et d’aller à la plage à Bidart ou à Guéthary, de faire leurs achats à Anglet ou d’aller au restaurant à Bayonne. »

Avec la gratuité partout à Anglet et une zone bleue près des Halles, Claude Olive se frotte effectivement les mains depuis les décisions de Veunac. Amigorena poursuit : « Dès le 12 mars dernier, je vous demandais la résiliation du contrat conclu avec Streeteo pour le contrôle du stationnement à Biarritz. Je vous réitère solennellement cette demande. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour faux et escroquerie contre la société Streeteo, la Ville de Paris va déposer plainte contre Streeteo pour faux, usage de faux et escroquerie, les dysfonctionnements du système mis en place à Biarritz se multiplient et provoquent l’exaspération légitime d’une immense majorité de ses usagers. Je pense pour ma part qu’une Ville doit être au service de ses habitants. Toutes nos décisions doivent viser à rendre la vie des Biarrots plus simple, plus pratique, plus agréable. Pas à les contraindre, à les harceler et à les punir. Résiliez ce contrat ruineux pour les finances de la Ville et nuisible à l’activité économique de Biarritz. Instaurez un moratoire sur ce dispositif. Lancez une large concertation avec tous les usagers concernés, les habitants, les acteurs économiques, nos visiteurs, les actifs travaillant à Biarritz. Vous serez surpris du caractère raisonnable de leurs attentes et du bon sens de leurs suggestions. En l’absence d’une telle démarche de votre part, je ne voterai pas cette délibération ».

La « gratuité perlée » de Chazouillères

Tout aussi offensif que son voisin, Édouard Chazouillères lance le débat sur l’image écornée de Biarritz et sur le coût d’une campagne publicitaire qui n’a aucun sens.

« Tout ça pour ça ! Deux mois de crispations, de pétitions, de manifestations, d’affiches sur les devantures des commerces… Et une vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux recommandant aux touristes de ne pas revenir à Biarritz. Bref, deux mois d’image de Biarritz abîmée, écornée. Je dis « Tout ça pour ça », car ça fait deux mois, Monsieur le Maire, que nous vous avons fait la majeure partie de ces propositions d’aménagements, notamment pour ma part par mail le vendredi 2 février. »

Au lieu de louvoyer, Veunac aurait mieux fait de réfléchir et différer, selon Chazouillères : « Je regrette que vous n’ayez pas procédé à une suspension de ce système parfois injuste et souvent non compris, à un moratoire ces deux derniers mois pendant lesquels les amendes, les fameux FPS, ont frappé copieusement les automobilistes. » Pourquoi ce fameux FPS n’a pas été diminué et ramené à par exemple à 17€ maximum comme avant, ou même à moins comme d’autres villes l’ont choisi. Tant il est vrai que le contrôle ayant été renforcé, le fait d’augmenter le montant de l’amende s’apparente à une double peine injuste. » 

Après une polémique avec Claverie et Lafite sur la police municipale, l’ex-adjoint au Commerce porte l’estocade : « Un mot, enfin sur votre proposition de gratuité du stationnement de surface du jeudi au dimanche sur les trois prochaines semaines des vacances de Pâques.  Un mot et un seul :  » Aberrant «  Le stationnement sera donc gratuit pendant quatre jours tous les quatre jours. La CGT a inventé la grève perlée. Biarritz invente la gratuité perlée ! Cela va totalement à l’encontre de tout le reste de la politique choisie. Sur une période avec une très forte fréquentation, cela va contre la rotation des voitures des clients et visiteurs. Comme le disait à l’instant Eric Bonnamy pour ce qui est du stationnement « quand il y a gratuité, il y a encombrement« , cela va créer des voitures ventouses pendant les trois jours de fin de semaine, alors même qu’on aurait besoin de rotation spécifiquement sur ces trois jours, cela va profiter notamment aux touristes qui vont venir passer les week-ends prochains et pendant ce temps les Biarrots eux vont payer les lundis, mardis et mercredis. Mais au-delà de l’aberration de la mesure, « on rase gratis« , ce serait rigolo si, au-delà d’être contre-productif pour l’activité commerciale, cela ne coûtait pas très cher au budget de la ville. »

Veunac se tortille sur sa chaise, redoutant ce que va dire son ancien directeur de campagne :

Pour Lafite, une idée qui n’est pas de lui ne peut être que « stupide ».

Impitoyable, Chazouillères poursuit : « Pouvez-vous nous indiquer le coût de cette mesure ? 20.000 euros ! »

Et ce n’est pas fini !

« Cette mesure-gadget coûteuse va être accompagnée d’une campagne de pub tout aussi précipitée et tout aussi coûteuse. (Silence dans la salle) Pouvez-vous nous indiquer le coût de cette mesure ? 25.000 euros ! Bref, 45.000 euros des impôts des Biarrots dépensés, jetés par les fenêtres inutilement, juste pour essayer de faire oublier la gestion catastrophique de ce dossier. »

Et que répond Veunac à cette charge argumentée et chiffrée. « Merci, mon cher collègue » avant de passer à autre chose. C’est donc l’insupportable Lafite qui va s’efforcer de moucher les deux félons : « Quand on n’a pas d’idées, il faut bien en inventer de préférence stupides »

À croire qu’il parle pour lui et pour Veunac !

 

Les infâmes de la majorité

Si Veunac était un enfant, il y a longtemps que ses parents lui auraient retiré la boîte d’allumettes avec laquelle il joue depuis quatre ans. S’il était un animal domestique, ses maîtres n’auraient sans doute pas hésité, dans un réflexe d’humanité, à le conduire chez le vétérinaire pour mettre fin à ses souffrances. Malheureusement, il reste notre maire pour deux ans, quasiment indéboulonnable. Le souci de Bisque, Bisque, Basque ! comme de nombre de Biarrots est de savoir comment limiter le désastre, alors qu’il s’apprête à prendre des décisions qui engagent la ville pour plusieurs décennies.

Veunac, pas taillé pour le rôle et dépassé par le poste qu’il occupe, est beaucoup moins coupable qu’une partie de sa majorité, totalement lucide sur la situation, mais préférant faire passer ses intérêts personnels avant ceux des Biarrots. La chasse à la gamelle que l’on vient de vivre après la démission des deux adjoints, en est une preuve absolue.

Quand on est dans un groupe, il n’est pas simple de s’en démarquer. Amigorena et Chazouillères le prouvent.  Ils ont vite pris conscience du désastre qui s’annonçait. Mais comme beaucoup ils ont cru, pendant de longs mois, qu’ils seraient plus utiles à l’intérieur. Avant d’estimer que c’est un devoir de se révolter contre un gouvernement indigne et de retrouver du même coup dignité et liberté de parole… Et sans doute, un bien meilleur sommeil.

Nathalie Motsch, qui aurait quelques raisons d’en vouloir à Veunac, a décidé de fermer les yeux sur tout jusqu’en 2020, tout en annonçant qu’elle sera candidate contre lui. aux prochaines municipales.

Le dernier conseil municipal nous éclaire singulièrement sur cette majorité qui se délite. D’un côté, il y a d’authentiques talents comme Lannevère, Pinatel, ou Boissier. Des godillots aussi, qui marchent au pas tout en récriminant intérieurement. Et puis des courtisans, des infâmes, qui n’ont aucune illusion sur Veunac, qui se répandent en privé sur sa nullité, mais évoquent « le réflexe majoritaire » pour parer de vertu leur lâcheté. Et comme par hasard, la plupart d’entre eux ont des avantages pécuniers non négligeables à défendre.

Tout le monde n’est pas parti en Angleterre, le jour où les Allemands ont mis en pied en France. Certains de bonne foi, ont cru en Pétain le sauveur. Mais c’est une chose de se réveiller en 40, une autre en 42 et une troisième en août 44. Comble de la duplicité, comble de l’ignominie en politique, certains adjoints qui semblent prêts en public à suivre le maréchal Veunac jusqu’à Sigmaringen, préparent tranquillement une liste qui s’opposera à lui en 2020.

Un lecteur fidèle de Bisque, Bisque, Basque !, Paul Bismuth, demande à ce qu’on publie la liste de ces infâmes flagorneurs qui contribuent à envoyer Biarritz dans le mur. Aucun problème : Lafite, Motsch, Claverie, Destizon, avec un gros point d’interrogation pour Barucq qui suit aveuglément le maire tout en la jouant bon copain avec tout le monde. Ne sait-il pas faire de politique, ou, au contraire, en fait-il trop bien ?

Salade de coups fourrés au menu du conseil

Après avoir cajolé l’opposition et distribué des prébendes à sa majorité, le gâte-sauce Veunac va faire en sorte que personne ne s’intéresse de trop près, ce soir, au contenu des assiettes.

Les critiques gastronomiques vous le diront : parfois, pour manger de bon appétit dans un restaurant, mieux vaut ne pas trop savoir ce qui se trame en arrière-cuisine. C’est un menu anodin, une sorte de repas entre copains que nous présente ce soir au conseil municipal le marmiton en chef qui dirige Biarritz, avec en point 1 le « remplacement de conseillers désignés pour siéger au sein d’organismes extérieurs » et en point 6 « l’occupation du domaine public et la modification des tarifs du stationnement sur voirie ».

Et l’homme qui se vante d’avoir entretemps « acheté la paix », espère bien que les calembredaines qu’il a préparées avec soin vont couler comme bisque de homard dans le gosier d’un gourmet. Difficile effectivement de prévoir le déroulement du banquet, entre les opposants qui n’ont guère envie de s’opposer, les conseillers déférents, les incompétents et ceux qui veillent soigneusement au grain de leurs avantages récemment acquis.

Veunac invente le stationnement à demi payant

Un grand chef doit surprendre son monde. C’est ce que Veunac va tenter de faire en mitonnant une nouvelle politique de stationnement. Ou prétendue telle.

Pour désarmer la fronde des commerçants, il a d’abord divisé, puis promis une campagne de pub pour renforcer l’attractivité de la ville. Et pour amuser les badauds, s’il ne change pas d’avis d’ici ce soir, l’adepte de la cuisine moléculaire (20 places de zone bleue ici, 10 euros de moins pour telle catégorie professionnelle là, un bras d’honneur pour les autres) va jouer de l’effet de surprise… et enrager une fois de plus que Bisque, Bisque, Basque ! soit au courant de ses projets.

En avril et mai, Biarritz est plutôt au complet les week-end, mais qu’importe. Notre inénarrable cuisinier en chef va proposer que le stationnement devienne gratuit pour tous dès le samedi 7 avril, ainsi que les jeudis, vendredis, samedis 12, 13 et 14 avril et les jeudis, vendredis, samedis 19, 20 et 21. Il en ira probablement de même pour les ponts de mai.

Quelle bonne idée va sans doute s’exclamer en chœur le conseil municipal à la vue de cet appétissant en-cas. Est-ce si sûr ? Les salariés et clients biarrots vont continuer à payer les trois premiers jours de la semaine, tandis que la population hirondelle qui se rue sur Biarritz aux beaux jours va profiter des infrastructures mises à sa disposition sans bourse délier.

Les amateurs de bonne bouffe savent bien qu’un plat noyé dans la sauce, masque souvent une viande de réforme ou un poisson qui n’a plus qu’un lointain souvenir de l’océan. Alors que Paris vient de se décider à porter plainte contre Streeteo pour « faux et escroquerie », les conseillers seraient bien avisés de se demander pourquoi le restaurateur Veunac tient tant à vous faire adopter le plat du jour, à savoir le stationnement partiellement payant et à continuer à tout prix la lune de miel avec Streeteo.

La seule question qui vaille, en détaillant la carte du restaurant « Chez Mimi » est de comprendre les vraies raisons qui ont amené Veunac à signer un contrat particulièrement désavantageux pour la Ville avec Streeteo sans en parler à personne, en dehors de Lafite et Claverie et pourquoi on a dépensé 750 000 euros par an, alors qu’on pouvait faire mieux pour le quart de la somme, en engageant des ASVP ? Qui va enfin poser LA question qui intéresse les Biarrots au plus haut point ? Pourquoi tant de cachotteries pour ce résultat final si désastreux pour Biarritz ?

Amigorena et Chazouillères punis de dessert

Dans les grands restaurants pour montrer qu’on est sérieux, on demande aux clients de passer commande de leur dessert dès le début du repas. L’ordonnateur du repas qui sera servi ce soir au conseil municipal n’a pas résisté au plaisir de s’offrir une petite mignardise en guise d’apéritif. Habileté suprême, cette première étape du repas à servir, va lui permettre de juger du degré de complaisance de ses convives et de la suite des agapes. Il faut en effet châtier les impudents Chazouillères et Amigorena qui ont osé se révolter contre le tout puissant Veunac. On a demandé à la majorité municipale de voter le retrait de la délégation d’Amigorena (Honte à elle !) alors que c’est au maire et à lui seul de prendre cette décision. Mais, et ce n’est pas Nathalie Motsch qui nous contredira, quand il y a des coups à prendre comme dans l’affaire des écuries de Bigueyrie, Veunac devient soudain très partageur.

Ce soir, on demande donc clairement au conseil municipal de virer de la Socomix Hôtel du Palais, mais aussi de Biarritz Océan, du Siazim ou de l’Epic Biarritz tourisme, les deux félons. Ils sont compétents ? Ils ont des idées ? Les Biarrots leur doivent beaucoup car ils ont tenté de limiter les dégâts face à la vertigineuse ignorance de leur maire ? Mais qu’importe ! Veunac ne veut voir qu’une tête et trouvera toujours un godillot sans idées ni esprit critique pour faire de la figuration.

C’est terrible pour la Ville ? On vous l’accorde, mais vous avez bien compris que le restaurateur Veunac ne s’intéresse qu’à sa petite boutique et se moque totalement de l’intérêt des Biarrots.

On espère simplement que le brouet infâme qui est proposé aux élus de cette Ville va agacer quelques narines, révulser quelques estomacs et qu’à un moment les convives vont mettre la fourchette en l’air et renverser les assiettes… Ce serait tellement inattendu ! Ce serait tellement délicieux !

Domège et Amigorena sonnent la charge

Les deux élus réclament à Michel Veunac de revoir sa copie sur Streeteo.

Et pendant ce temps, Streeteo, imperturbable, poursuit ses essais avec un « scooter à prunes » léger et adapté aux rues en pente de Biarritz, les deux caméras à l’arrière permettant de scanner à grande vitesse les plaques des automobilistes.

Décidément, les mauvaises nouvelles tombent sur le bureau de Michel Veunac presque aussi vite que les contraventions sous l’essuie-glace des malheureux automobilistes biarrots. Alors qu’une partie des commerçants semble se satisfaire des maigres avancées obtenues (lire Sud Ouest du 9 mars) tandis que l’autre partie considère que le nouveau dispositif de stationnement va tuer complètement l’activité commerciale, les élus de Biarritz font un constat très simple : le dispositif technique mis en place par Streeteo ne marche pas et le contrat qui lie la Ville à cette filiale de Vinci doit être suspendu ou dénoncé.

Frédéric Domège, comme tous ceux qui circulent à Biarritz, a pu constater de visu les errances du système Streeteo. Dans son mail adressé au maire, l’élu d’opposition souligne que les agents recrutés sur place font très bien leur travail, contrairement à ce que laisse entendre le maire, toujours prêt à se défausser sur les autres. Mais, compte-tenu des errances du système, il demande de « stopper immédiatement la verbalisation des automobilistes ».

 

François Amigorena, qui a réagi quelques heures après Frédéric Domège et a lu dans « Le Canard enchaîné » la confirmation de toutes ses craintes concernant Streeteo, déplore « le manque de transparence » de la mairie dans ce dossier et demande une résiliation pure et simple du contrat qui lie la Ville à Streeteo.

On espère que d’autres élus vont eux aussi manifester leur mécontentement. À Biarritz, et surtout depuis l’avènement de Michel Veunac, le grand guignol est permanent. Nul doute qu’on va encore avoir du spectacle, le 23 mars, lors du prochain conseil municipal. Comme disait le grand comique Peio Claverie, « On va avoir une semaine ou deux de grogne avant que tout ne rentre dans l’ordre« . Encore raté!