Foire d’empoigne au sein de la majorité

 

Les postes d’adjoints de Chazouillères et Amigorena – et les indemnités qui vont avec ! – ont été l’objet d’une guerre sans merci entre Veunac, Lafite et Barucq.

Entre Lafitourix et Barucoqhardix, le dialogue est suave et nuancé. (Dessin Uderzo)

Parce que vous vous imaginez, naïfs que vous êtes, qu’une réunion de majorité sert à évoquer des questions aussi triviales que le discutable plan de stationnement biarrot, la douloureuse rénovation de L’Hôtel du Palais ou la nécessaire transparence des dossiers municipaux ? Passez votre chemin, vous n’avez rien compris à la politique ! Seul sujet de la réunion de majorité du lundi 19 mars au soir, les postes d’adjoints laissés vacants par Chazouillères et Amigorena, les petits « plaçous » à occuper comme on dit en patois limousin, et bien entendu les « sous-sous » qui vont avec.

Lafite et Barucq sur leurs ergots

La bataille fait rage depuis un mois, particulièrement entre Barucq et Lafite, qui ont chacun un pion municipal à avancer en la personne de Sylvie Claracq et Éric Bonnamy. Onctueux à souhait, Veunac se sent donc obligé de calmer ses troupes, lundi soir. En effet, le cas François Amigorena soucie notre Super-Mimi, car il redoute que son turbulent adjoint ne démissionne pas. Il a bien envisagé un duo de tueurs yougoslaves pour le renverser quand il fait du vélo, une bombe à neutrons pour le disperser façon puzzle ou une capsule de cyanure à lui faire avaler la prochaine fois qu’il se trouvera à la mairie, mais il a peur que cette disparition fasse un peu voyante. Alors, Veunac se contente d’admonester ses troupes à propos du point 2.a du prochain conseil du 23 mars, concernant le maintien ou non d’Amigorena dans sa fonction d’adjoint au maire. « Nous devons être unanimes. Si quelqu’un ne veut pas voter cette décision, il doit nous le dire maintenant, les yeux dans les yeux. » Comme si la franchise était la caractéristique première du mandat inauguré en 2014 par Michel Veunac ! Bien évidemment, personne ne moufte, à l’exception de Brigitte Pradier qui, courageusement, annonce qu’elle s’abstiendra.

Vial et Claracq adoubés

Et l’on en arrive à ce qui intéresse tout le monde, à savoir les prébendes à distribuer. Comme dans tout remaniement ministériel, la prudence s’impose, car d’ici à vendredi, avec un indécis chronique comme Veunac, bien des tables peuvent être encore renversées. Si l’on se fie à ce qui a été annoncé lundi soir (« et qui ne doit en aucun cas fuiter à l’extérieur » dixit Veunac), Nathalie Motsch et Michel Poueyts se partageraient le Commerce, en remplacement d’Édouard Chazouillères. Motsch affirme être débordée entre l’urbanisme et l’AVAP et Poueyts, en tentant de caser son fils à « Plazza Berri », a montré son sens très personnel de l’équité, mais les commerçants devront faire avec. Une façon de dire qu’ils n’auront plus d’interlocuteurs jusqu’à 2020. En effet, les visées électorales du maire ont une toute autre importance que le commerce, et dans l’optique de l’élection municipale de 2020, il faut se faire des alliés. Comme adjoint, Veunac a donc décidé de nommer Louis Vial, le fidèle du premier jour du maire actuel, et Sylvie Claracq, protégée de Barucq. Ce sont donc eux qui empocheront chacun 1200 euros d’indemnités mensuelles.

Lot de consolation pour Bonnamy

Une décision qui a fait hurler Lafite. L’énarque estime que ses troupes sont mal traitées. Alors, magnanime, Veunac abandonne son poste de vice-président du STACBA, le syndicat des transports de l’Agglo, au profit d’Éric Bonnamy, qui, en plus de son mandat, cumule déjà les fonctions d’inspecteur aux Affaires maritimes et de moniteur de surf, mais ne se fera pas prier pour toucher un lot de consolation de 800 euros mensuels.

Et puis, comme les compétences manquent singulièrement dans cette majorité municipale, la benjamine Nathalie Sauzeau va se voir offrir une délégation au numérique non rémunérée. Même sanction pour Hervé Boissier à qui rien n’a été proposé, malgré le colossal travail accompli sur le sujet de la démocratie participative. Furieux, le conseiller municipal claquera d’ailleurs la porte de la réunion avant la fin. Dans la majorité de bric et de broc imaginée par Veunac, il y a effectivement ceux qui bossent et ceux qui touchent. Et ce ne sont pas les mêmes.

Le ridicule engagement de confidentialité de Veunac

Une bonne réunion de majorité ne saurait fonctionner sans une surprise finale et c’est Michel Veunac qui endosse le costume du clown blanc. Veunac se fait grave pour mieux capter l’attention de ses troupes : « Chaque fois que j’ouvre le journal, j’ai peur d’une catastrophe ! », oubliant que la catastrophe, c’est lui et que, s’il était limpide, transparent et respectueux des règles d’une démocratie municipale, il n’y aurait jamais d’article. Toute honte bue, il brandit alors une liasse de feuilles imprimées : « Je fais appel à votre honneur et je vous demande de signer cet engagement de confidentialité » Confondant majorité municipale et école maternelle, le-prince-qui-nous-gouverne poursuit : « Vous devez jurer sur l’honneur que vous n’établirez aucun contact personnel avec les médias locaux ni n’exprimerez de prise de position sur les réseaux sociaux »

Et les CONS-JURÉS d’obtempérer !

Michel Veunac sera ravi en lisant ce blog de voir à quel point il est craint et ce que la majorité pense du texte qui a été signé.

Quant aux Biarrots, de plus en plus convaincus qu’ils vivent en direct le pire mandat de toute l’histoire de la Ville, ils n’oublieront pas de sanctionner en 2020 tous ces coureurs de gamelle qui les ont précipités dans le mur. Quel gâchis, alors qu’il y a dans cette majorité d’authentiques talents qui ne peuvent s’exprimer !

Demain : Et si tout cela finissait au tribunal ?