Quadras en quête d’ère pure

Dans le prolongement de « Biarritz 2.0 », la liste « Changer d’ère », emmenée par Menou et Nalpas, veut construire le Biarritz de 2040.

Emmanuelle Barrère, Philippe Nalpas, Laurence Mir-Graciet, François-Xavier Menou et Daniela Ricalde.

C’est jeune et ça ose tout : « Quand on veut incarner la rupture, il faut une méthode différente » affirme à la presse le « simple porte-parole » François-Xavier Menou. Autour de lui, cinq trentenaires et quadragénaires qui composent la liste « Changer d’ère », presque tous anciens membres de « Biarritz 2.0 », association qui a été présente pendant toute la mandature sur le terrain et qui est donc largement aussi légitime que certaines officines montées quelques mois avant les élections pour partir en campagne électorale.

Quant à la rupture promise, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne saute pas aux yeux des représentants de la presse conviés à échanger au « Café de la baleine » avec cette équipe sympathique : « Des soutiens de poids vont apparaître dans les prochaines semaines » (…) « Nous parlons avec tout le monde et n’excluons aucun rapprochement » (…) « On n’est pas contre une investiture, mais on n’est pas obnubilé par, car la légitimité d’un candidat ne vient pas d’une étiquette ».

Comme toutes les autres équipes qui se lancent en campagne, « Changer d’ère », ne veut visiblement pas dévoiler toutes ses cartes et reste un peu dans le vague, même si quelques slogans mûrement réfléchis dessinent un peu ce que va être cette liste : « Nous voulons que les Biarrots retrouvent la fierté d’être Biarrots ». « Nous sommes la génération la mieux à même de construire le Biarritz de 2040 ». « Les attelages recomposés qui se mettent en place nous semblent obsolètes ». « Notre candidature n’est pas contre quiconque. Nous prônons des valeurs d’humilité, d’écoute, de respect et surtout d’intégrité ». Michel, pourquoi tu tousses ?

Heureusement, un échange confiant avec la presse succède au formalisme un peu désuet de la déclaration de candidature. Les deux éléments de la liste à être membres d’un parti politique (Menou est le suppléant de Vincent Bru à l’Assemblée nationale, Nalpas l’assistant parlementaire du sénateur Max Brisson) affirment avoir évoqué leur candidature avec leur mentor. Pour le « simple porte-parole » François-Xavier Menou, qui, parions-le, devrait finir tête de liste, Vincent Bru, contrairement à une rumeur tenace n’a jamais été intéressé par Biarritz et voit sa candidature avec bienveillance. Quant à Philippe Nalpas qui faisait partie avec Daniela Ricarde de l’équipe municipale lors du dernier mandat de Didier Borotra, il affirme qu’il en est de même avec Max Brisson.

Reste un point d’importance à préciser quand on affirme que cette candidature n’est pas contre quiconque. Est-ce qu’une alliance avec Michel Veunac serait possible au soir du premier tour ou même avant ?  Les possibles enfants et petits-enfants du maire actuel, compte-tenu de l’écart d’âge qui les sépare, se montrent clairs sur le sujet : « Nous ne pensons pas que Michel Veunac soit le candidat qui puisse faire changer d’ère Biarritz ». Ouf, on respire.

 

Honteux moqué contre honteux adulé

Quand Vincent Bru ne se souvient plus de son appartenance au MoDem, La Semaine se moque. Quand Veunac est dans le même cas, silence radio.

La Semaine du Pays basque du 10 mai.

On le sait tous, la vie dans les rédactions n’est pas un long fleuve tranquille. Il suffit de feuilleter La Semaine du Pays basque du 10 mai pour vite ressentir comme un léger décalage rédactionnel entre la sémillante Marquise de Vérité et le propriétaire-directeur de la rédaction Jean-Philippe Ségot. L’impertinente Marquise dans sa désopilante rubrique hebdomadaire épingle cette fois-ci le député Vincent Bru et son goût immodéré pour les médias. Après une apparition remarquée aux côtés d’une serveuse dans une rubrique que l’on aurait pu intituler « Ouin-Ouin découvre le monde du travail », notre député local vient de se commettre dans une émission de France 3 intitulée « 20 heures, le rattrapage » dans laquelle la présentatrice l’annonce comme « député en Marche », ce que l’ex-maire de Cambo se garde bien de démentir. La timidité, sans doute.

Une timidité fort peu goûtée par la Marquise de Vérité qui, dans un article intitulé « La p’tite culotte à Bru » (Achetez le journal et vous saurez pourquoi !) se moque des pudeurs de vierge effarouchée de notre député et s’interroge : « Est-ce que brusquement être député MoDem, cela fait moins chic que d’être qualifié par une présentatrice à la télé de député En Marche ? Ou Tonton Bayrou sent-il le pâté pas frais ? »

Veunac ne sent pas le pâté

Ce n’est pas le chroniqueur politique Jean-Philippe Ségot qui se permettrait de comparer Michel Veunac, malgré son âge canonique, à un « pâté pas frais ». Dans une interview de deux pages où les questions les plus incisives se succèdent et où l’on craint pour la santé mentale de Mimi-la-Malice tellement il est malmené, le directeur de la rédaction de La Semaine attaque le maire septuagénaire avec une délectable férocité : « Il semblerait qu’au cours de plusieurs réunions liées au G7 vous ayez fait preuve d’un certain caractère et de fermeté. Le maire de Biarritz refuse-t-il qu’on lui impose certaines choses ? ». Avant d’enchaîner avec cette autre question qui en aurait ébranlé plus d’un : « L’un de vos adversaires les plus acharnés, Jean-Benoît Saint-Cricq, dit clairement que le bilan financier de la Ville est fort satisfaisant ». C’est ballot, mais Bisque, Bisque, Basque ! avait tendance à comparer la fermeté de Veunac à celle d’un fromage blanc du jour et s’était persuadé, comme bien d’autres Biarrots qui ne doivent rien comprendre à la vie publique, que Saint-Cricq était devenu depuis un an le plus fidèle encensoir de Veunac.

Heureusement, l’homme remarquable qui dirige Biarritz et qui est connu pour sa fermeté et son esprit de décision a réponse à tout et peut faire montre une fois de plus de son immense talent. Charitable, il concède quelques « contraintes et embarras » de deux ou trois jours pour les Biarrots mais promet en contrepartie une pluie de bienfaits. Les maires de la communauté d’Agglomérations du Pays basque sont furieux que le maire de Biarritz, accessoirement vice-président de l’Agglo ait joué perso dans l’affaire du G7 en ne prévenant personne mais Veunac explique qu’il a toujours été collectif et que tout le Pays Basque bénéficiera de l’événement. Effectivement, le contre-sommet et les violences des blacks-blocs seront probablement pour d’autres villes que Biarritz. Veunac offre aux maires locaux des animations gratuites pendant l’été et ils se plaignent !

Retournements de vestes à tous les étages

Veunac enchaîne en affirmant que les travaux au Palais sont une réussite totale et affirme que la liste dont il se sent proche pour les futures européennes est la liste « Renaissance » de la République en marche. Pas une fois, il n’évoque en deux pages son appartenance au Modem (On a honte ?) mais par chance il n’a pas La Marquise de Vérité en face de lui et peut donc continuer à nous embobiner dans les grandes largeurs. Avec ce petit coup de patte au passage pour « les réseaux sociaux qui contribuent à démanteler et hystériser la vie publique et où chacun peut célébrer son ego » Pas de doute, si Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère ont successivement démissionné, si la majorité actuelle ressemble à une pétaudière comme il est rare d’en rencontrer, c’est la faute des blogs locaux et ce n’est dû en aucun cas à l’absence de talent du duo Veunac-Lafite (Encore un, qui a rallié en douce la République en Marche sans même daigner en informer ses électeurs qui s’imaginent qu’il est toujours à gauche !)

Qu’on ne s’y trompe pas, malgré ces coups de becs amicaux, La Semaine est un hebdomadaire que j’adore pour de multiples raisons : le directeur même s’il a la plume sélective a du talent, les politiques ont de la place pour s’exprimer, et surtout on trouve chaque semaine ou presque un vrai bonheur de lecture, que ce soit la lettre de La Marquise de Vérité, une chronique ou un article local. Mais qu’est-ce que j’aimerais que la sagace Marquise de Vérité consacre une de ses prochaines lettres à Jean-Philippe Ségot ! Peut-être que le « petit bolchévique enragé » que je suis selon les dires de La Marquise, comprendrait enfin comment le fervent partisan de Max Brisson jusqu’en 2014 est soudain devenu Veunacophile militant.  

Après tout, comme nous le prouvent Veunac, Lafite et Bru, le retournement de veste en politique s’élève parfois au rang d’œuvre d’art.

Jamais trop de RAMDAM…

Décidés à se faire entendre et à ne pas s’en laisser conter par des politiques souvent désinvoltes, des citoyens viennent de créer une association, RAMDAM 64-40,  pour contribuer à la moralisation de la vie publique.

Les cocus de la moralisation de la vie publique, levez-le doigt ! Nous avons assisté, cette année à une vaste farce au moment de l’élection présidentielle. La moralisation de la vie publique mise en avant par Macron est devenue un gros machin enlisé à l’Assemblée nationale où des députés nous ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas faire de notes de frais et autres inepties du même genre. Quelques réformes cosmétiques ont cependant été adoptées, mais il est certain que si les citoyens ne s’en mêlent pas et ne font pas entendre leurs voix, les politiques continueront à traîner des pieds.

Sans compter ce créneau dans lequel prospèrent désormais les élus de tous niveaux, le légal mais pas moral. Richard Ferrand, l’homme qui a enrichi sa maîtresse au détriment de mutualistes, François Fillon, le candidat à la présidentielle qui a longtemps fait travailler (ou pas !) Pénélope comme assistante parlementaire, se sont drapés dans leur dignité en affirmant que leurs actes étaient légaux. Est-ce acceptable ? Est-ce si sûr ?

L’article de Sud Ouest, daté du 20 décembre.

Plus près de nous, à Biarritz, Ciboure, Urrugne, Lahonce ou Ondres, des citoyens ont été obligés d’affronter au tribunal des élus un peu trop désinvoltes avec les lois de la République. RAMDAM 64-40 a décidé de s’intéresser à la vie publique dans nos deux départements des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, de pointer du doigt les dérives, mais aussi de saluer les initiatives qui vont dans le bon sens. Nous voulons devenir des casse-pieds salutaires.

La première réunion publique aura lieu fin mars et vous en serez informés dans ce blog. Et chaque fin d’année, à l’image des « Gérard » de la télévision, nous décernerons des klaxons d’or, d’argent et de béton aux politiques les plus méritants.

Trois prix seulement alors qu’il y a tellement de candidats indiscutables dans notre belle région ? La compétition va être féroce.

Les huit membres fondateurs de RAMDAM 64-40 : Dominique Lapierre, président, Guy Aubertin, Dominique de la Mensbruge, Michel Gellato, Philippe MOREL, Barbara Sager, Jacques-André Schneck, Jean-Yves Viollier.

Pour nous contacter : par l’intermédiaire de ce blog, de twitter (@RAMDAM64et40) ou par voie postale à RAMDAM 64-40, 15 Place Clémenceau, 64200 Biarritz

Le palmarès 2017 de RAMDAM 64-40

Klaxon d’or

On ne mesure pas ce qu’est une campagne législative. Notre pauvre Vincent Bru était tellement En Marche qu’il n’a pas eu le temps de s’occuper de sa retraite. Le voilà donc condamné pour un an à toucher ses indemnités de député et son salaire de prof de faculté. Une étourderie qui le navre assurément, lui qui s’est fait le chantre de la moralisation de la vie publique.

Klaxon d’argent

Notre vibrionnante maire d’Urrugne, Odile de Coral, s’est répandue en déclarations propres à faire pleurer dans les chaumières après sa condamnation en appel à quatre mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. Selon elle « De nombreux conseillers municipaux auraient dû être à la barre à ses côtés ». Des noms ! Des noms !

Klaxon de béton

Dans les couloirs de la mairie de Biarritz, il est déjà surnommé Mimi-Imperator pour sa gestion très personnelle des dossiers. Lors de la cession ratée des écuries de Bigueyrie, Michel Veunac a successivement annoncé que le terrain était non constructible avant de découvrir – mais qui le croira ? – qu’on pouvait bétonner pour 1283 m2. À 545 000 €, c’était le jackpot pour l’acquéreur. Pas pour les Biarrots !

 

 

 

Peio Etcheverry-Ainchart : « Hélette a été fait pour nous emmerder »

Les maisons qui brûlent, le droit au logement, le malus social et écologique… Interview sans concession d’un candidat d’une toute autre tenue intellectuelle que le diaphane Vincent Bru.

À quoi tient un destin. Après de solides études d’histoire, Peio Etcheverry-Ainchart se destine naturellement au métier de professeur d’histoire qu’il n’exercera que quinze jours. Ni son employeur de l’époque ni lui n’ont réalisé que sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis pour une action de désobéissance civile, un titre de gloire à un moment où la police d’état régentait le Pays basque, lui interdit la fonction. Peio Etcheverry-Ainchart rentre donc chez Elkar en 2002 devient éditeur et auteur de plusieurs ouvrages historiques qui font référence. Les élèves y ont sans doute beaucoup perdu, mais le grand public y a incontestablement gagné.

Fatigué par une longue campagne électorale et par un jeune fils qui se rappelle à son bon souvenir presque toutes les nuits, Peio Etcheverry-Ainchart accepte de répondre posément aux questions de Bisque, Bisque, Basque ! Fin, subtil et pédagogue, il offre un contraste saisissant avec les deux candidats choisis par les électeurs pour le second tour des législatives et donne des regrets à tous ceux qui pensent que sa présence à l’Assemblée nationale aurait apporté tout autre chose que celle du diaphane Vincent Bru, incarnation de la politique à l’ancienne et élu au final par 23% des électeurs inscrits.

« Biarritz nous plombe comme d’habitude »

– Quel bilan tirez-vous de ces législatives ?

« Je ne vais surtout pas faire de victimisme. Biarritz nous plombe comme d’habitude, mais nous avons nettement progressé et ce n’est pas qu’une impression. Avec moins d’électeurs qui se sont exprimés qu’en 2012, nous obtenons 800 voix de plus, au terme d’une bonne campagne où nous avons effectué un vrai porte-à-porte et été généralement très bien accueillis. Il est des détails qui ne trompent pas. Le 5 juin, nous avions prévu à notre agenda une « journée de secours », c’est-à-dire une journée décidée au dernier moment pour défendre notre cause là où c’était le plus judicieux. Tous les copains étaient présents sur Biarritz, ce qui prouve bien l’adhésion qu’il y avait autour de notre candidature avec Nathalie Aïçaguerre. En fait, notre seul souci, c’est l’inversion des calendriers qui suit la présidentielle, et qui pendant dix mois, depuis la première primaire, polarise la vie publique sur la politique hexagonale dont nous sommes absents, conditionnant la législative et nécessitant ensuite de notre part une intense campagne de proximité.

L’observateur qui arrive au Pays basque est souvent dérouté. Il entend parler d’Abertzale de droite, d’Abertzale de gauche. On a un peu l’impression que, comme les Verts, vous vous engouffrez dans toutes les compositions politiques possibles…

– Le socle du mouvement abertzale, c’est la reconnaissance de notre langue et de notre culture. Mais ce ne serait pas bon que tous les Abertzale pensent à l’identique. Nous avons des gens de droite et de gauche. En ce qui concerne mon cas personnel, je suis issu d’une famille de petite notabilité, puisque mon grand-père a été député juste après la guerre, où tout le monde était à droite sauf ma mère. Je n’ai d’ailleurs jamais tout à fait su pourquoi elle était de gauche. Conseiller municipal à Saint-Jean-de-Luz, je suis moi-même de gauche. À mes yeux, la dimension de gauche complète la dimension abertzale, car sinon on serait de purs nationalistes, mais d’autres militants, à l’inverse de ma position se sentent, eux, de droite et ne sont pas à EH Bai.

« Le droit d’aller à la plage passe après le droit au logement »

Parlons maintenant de la maison incendiée à Hélette avec des inscriptions sur les murs « Le Pays basque n’est pas à vendre ». Pourquoi n’avez-vous pas publié un communiqué condamnant cet acte ?

– Si on réagit et que la presse publie notre communiqué, du fait de la règle d’égalité du temps de parole, on se retrouve pénalisés puisqu’on a utilisé le faible espace qui nous est imparti à autre chose qu’à défendre nos idées. Sachez tout de même que la candidate de la 4e circonscription, Anita Lopepe, s’est rendue sur place et que, loin des caméras, nous nous sommes manifestés auprès de la famille navarraise.

Je vais être carré dans ma réponse. Voilà trois ans qu’il n’y a pas eu la moindre action sur cette thématique-là et subitement, juste avant le premier tour, il se passe quelque chose. À croire que ça été fait exprès pour nous emmerder nous. Je suis prêt à user de tous les synonymes du mot « réprouver » ou critiquer » pour qualifier cette action, mais je n’utiliserai jamais le mot « condamnation », devenu un mot totem récupéré par les élus locaux cherchant à laisser penser que leur action est suffisante pour solutionner le problème, ce qui est faux. Je ne veux pas dédouaner les élus de la responsabilité qu’ils ont face à ce problème.

On en vient à cette question des résidences secondaires, à cette sur-taxation qui peut aller jusqu’à 60% dans des communes comme Bidart et Guéthary. J’imagine que vous approuvez totalement.

– La loi SRU impose désormais 25% de logements sociaux. Certes des élus n’ont pas toujours manifesté une grande volonté politique en faveur du logement social, mais le niveau de prix atteint dans les villes côtières devient hallucinant et les élus, quelle que soit leur bonne volonté, ne peuvent atteindre les objectifs fixés par la loi. Tandis que les jeunes s’éloignent des villes où ils sont nés, faute de moyens financiers suffisants. Il y a à Biarritz 11500 logements vides. À Saint-Jean-de-Luz, les résidences secondaires représentent 47% du parc immobilier de la ville. Dans ces conditions, un malus social et écologique s’impose. Le droit de pouvoir bénéficier d’un logement à l’année doit passer avant le droit d’aller à la plage ».

Un livre très pédagogique

Les deux Peio Etcheverry sont nés en 1973 mais ne sont pas de la même famille. Co-auteurs de « Pourquoi nous sommes Abertzale, 55 clés pour comprendre le mouvement basque », ils ont réalisé un manuel très agréable à lire et très pédagogique qui permet de remettre en perspective des connaissances un peu éparses quand on n’habite le Pays basque que depuis quelques années. 10 euros pour être un peu moins bête, ça ne se rate pas…

 

« Pourquoi nous sommes Abertzale, 55 clés pour comprendre le mouvement basque », Peio Etcheverry et Peio Etcheverry-Ainchart, éditions Arteaz, 112 pages, 10 €.

 

 

 

 

Une girouette à L’Assemblée… Quel intérêt ?

Interview surréaliste dans Sud Ouest de notre nouveau député. Décidé à vendre ses charmes au plus offrant, Vincent Bru ne sait pas encore quelle casaque il va porter.

Visiblement les brumes de la fête de la veille n’étaient pas tout à fait dissipées, lorsque le très peu charismatique Vincent Bru s’en est allé à la rencontre de Sud Ouest (20/6). Voilà donc un homme qui est le premier surpris de se retrouver élu, mais qui n’a rien prévu, rien anticipé et qui, à l’en croire, ne sait même pas sous quelle casaque il va concourir en arrivant à l’Assemblée nationale, ce qui relève de l’escroquerie absolue pour les électeurs qui lui ont fait confiance. Écoutez-le, c’est à peine croyable, quand on lui demande s’il a repris sa carte du MoDem : « Je suis rattaché au MoDem sur le plan financier, mais je ne sais pas dans quel groupe je siègerai. Peut-être dans celui du MoDem, dans la mesure où ce groupe est loyal envers le Président et le gouvernement ». Et peut-être pas.

La journaliste Emma Saint-Genez n’en revient pas de ce qu’elle entend. Tant de désinvolture et de donjuanisme l’étonne, de la part d’un député qui a deux jours d’ancienneté. Elle se croit obligée de préciser : « C’est pourtant bien François Bayrou, président du MoDem, qui a appuyé votre candidature ?» Et notre volage girouette, qui déteste qu’on lui rappelle ses amours passées, d’avouer du bout des lèvres : « Oui, parce qu’il sait que je suis centriste ».

Soit Vincent Bru est idiot, ce dont on peut douter, soit il est décidé à vendre ses charmes au plus offrant, ce qui est bien plus plausible. Sachant que l’avenir peut s’annoncer compliqué pour Bayrou et sa troupe puisque le Président de la République n’a plus besoin de lui, l’homme de convictions Vincent Bru anticipe et fait du gringue aux Macroniens pur jus, histoire de pouvoir vivre un mandat tranquille au sein de la majorité. La politique dans tout ce qu’elle a de plus consternant, comme ce gros mensonge sur l’UDI où il n’aurait passé qu’un an (Philippe Morel, le délégué départemental, tient les preuves du contraire à disposition de ceux que ça intéresse).

Le fragile maire de Cambo se montre bien imprudent et désinvolte et semble oublier que le nouveau ministre de la Justice est un rancunier, parfois aussi teigneux qu’un officier de gendarmerie qui vous fait souffler dans le ballon un soir de bringue. Si Bru s’avise de faire quelques infidélités à son protecteur béarnais, on risque de voir quelques plumes voler pour notre Zaza Napoli local, comme le surnomme, allez savoir pourquoi, La Marquise de Vérité dans La Semaine du Pays basque.

Un spectacle qui ne fera sans doute pas beaucoup de peine dans le département à nombre de fidèles authentiques d’En Marche.

Article de Sud Ouest du 20 juin.

Le soleil, seul responsable de l’abstention?

Vent de fraîcheur sur l’Assemblée nationale. Mais Emmanuel Macron ne doit pas oublier que le premier parti de France reste l’abstention.

Réalisateur de « Merci, patron ! », le député de France Insoumise n’a pas l’intention de la jouer « Merci, Macron ! »

Il se murmure que la rupture avec les partis traditionnels, voulue par Emmanuel Macron, donne des sueurs froides au Premier ministre Édouard Philippe. Ce dernier, qui avait onze ans à l’époque, a sans doute entendu parler de la joyeuse anarchie qui s’était emparée de l’Assemblée nationale en 1981, quand des enseignants barbus et fraîchement socialos, s’étaient retrouvés avec la mallette de député. Même les boys de Chez Michou, le cabaret de la butte Montmartre, se montraient plus disciplinés que ces nouveaux élus ! Avec sa troupe improbable et majoritaire, nul doute que le sergent-chef Philippe, barbe de sapeur au vent, va devoir pousser quelques gueulantes pour conserver un peu d’ordre dans les rangs des nouvelles recrues d’En Marche.

Guère fanatique de Macron, même si je lui accorde des bons débuts, je vois pourtant plusieurs motifs de se réjouir de ce deuxième tour des élections législatives, malgré le désolant spectacle de politique à l’ancienne et de petites combinaisons d’un autre temps offert par notre 6e circonscription et cette 5e où Colette Capdevielle, au nom de son travail acharné, méritait mille fois d’être élue.

Bayrou enfin muselé

Un premier mandat pour plus de 400 néophytes, voilà qui va amener de la fraîcheur et de l’enthousiasme à l’Assemblée nationale. Les surboums n’ont pas encore été programmées, le disc-jockey pas encore recruté, mais il est clair qu’on va avoir quelques bonnes et mauvaises surprises. Surtout, et c’est là l’effet Macron, on revient aux origines de la chambre, avec Sandrine Le Feur agricultrice dans le Finistère, Laetitia Saint-Paul du Maine-et-Loire, militaire de carrière ou Stanislas Guerini, Parisien et petit patron d’une société d’entretien de linge, on en passe et des très intéressants…

Pas d’angélisme, toutes les classes sociales ne sont pas encore représentées parfaitement, mais l’arrivée de nombreuses femmes, avec du vécu professionnel au lieu d’années passées à traîner leurs fonds de jupes sur les sièges de velours rouge de l’Assemblée, va profondément modifier la vie parlementaire.

Autre bonne nouvelle pour Macron, avec 361 élus il dépasse confortablement le seuil fatidique des 289 députés et pourra voter sans souci les lois qu’il souhaite. Car les 51 sièges obtenus par le MoDem et assimilés ne vont pas constituer une minorité de blocage. Il va donc s’offrir le luxe de tenir quelque peu à l’écart l’arrogant Bayrou qui est persuadé – il est bien le seul ! – avoir une grande part dans la victoire de Macron. Les troupes du Béarnais logeaient dans une cabine téléphonique mais grâce à cet opportun ralliement au Président de la République, le Modem va empocher près de dix millions d’euros de l’État et retrouver quelques couleurs. Quand on vous dit que la politique, c’est avant tout une affaire de convictions…

Insoumis et communistes vont se faire entendre

André Chassaigne, député communiste de conviction, très apprécié de ses collègues.

Enfin la très bonne nouvelle sera la présence de 16 élus de la France Insoumise et de 10 élus communistes qui ont déjà annoncé qu’ils ne céderaient pas un mètre de terrain dans le combat social qui s’annonce. Le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne était un parlementaire écouté de tous lors de la précédente mandature. Nul doute que lorsqu’il prendra la parole puis la donnera à François Ruffin, le réalisateur du documentaire « Merci patron ! » qui n’a pas du tout l’intention de la jouer « Merci Macron ! », ça va swinguer à l’Assemblée. Ruffin a des valeurs et pour l’avoir connu, il y a près de vingt ans, quand il était étudiant au Centre de Formation des Journalistes, je suis sûr que celui qui le fera marcher au pas et dire ce qu’il ne pense pas, même si c’est Jean-Luc Mélenchon, n’est pas encore né.

Anecdote révélatrice du personnage, très en phase avec la classe ouvrière qui crève la dalle autour d’Amiens, le trublion a décidé de ne s’octroyer que le SMIC et de reverser le reste de son indemnité aux œuvres sociales locales. Le panache !

Nous voilà donc avec une Assemblée nationale bien plus intéressante que prévue, même si les godillots qui lèveront le doigt uniquement quand on leur donnera l’autorisation, ne vont pas manquer. Emmanuel Macron, qui avait annoncé avant les législatives que le pire pour lui serait d’avoir une Chambre à ses ordres, va dont être servi et les débats de devraient pas manquer de tenue.

Reste pour lui à bien interpréter cette élection et à ne pas faire l’erreur commise par Chirac en 2002 qui avait méprisé le vote de gauche qui s’était porté sur lui face à Jean-Marie Le Pen. Si l’abstention s’élève à 56,83%, record absolu de la Ve République, ce n’est pas uniquement parce que nous sommes en période de canicule. Beaucoup ont hésité entre le vote blanc et l’abstention pure et simple. Sur 42859 votants à Biarritz, les volontaires chargés du dépouillement ont comptabilisé 4887 bulletins blancs (plus de 10%), ce qui est énorme au vu des taux d’abstention.

Alors oui, Macron a fait de bons débuts, oui Macron a fait blanchir les phalanges de Trump et traité d’égal à égal avec Poutine. Mais Macron, malgré ses idées novatrices et sa rafraîchissante vision d’une France « jupitérienne », reste minoritaire dans son pays. Il devra désormais convaincre les réticents qui redoutent une dégelée ultra-libérale et ce ne sera sans doute pas le plus facile.

Bru-Arosteguy, le choix désolant

Duplicité, reniements, absence de convictions, les deux candidats qualifiés pour le second tour, incarnent tout ce que les Français ne veulent plus en politique.

Ce premier tour des législatives le démontre : si un pottok revêtu d’une casaque EN Marche s’était présenté, il se serait retrouvé à coup sûr en tête pour le second tour. Mais les élites pensantes qui entourent le nouveau Président de la République auraient bien tort de plastronner. Voter Macron à la présidentielle pour faire barrage au Front national était une chose, voter pour Macron et ses idées une autre. Si plus de la moitié des électeurs inscrits n’a pas participé à ce premier tour des législatives, record historique de la Ve République, ce n’est pas uniquement par négligence ou par passion soudaine pour la pêche à la ligne, mais par refus de la partie qui est en train de se jouer. Et ce n’est pas l’accablante soirée électorale d’hier soir qui va leur faire réviser leur jugement.

La morgue de l’homme qui vole les mutualistes

Prenez par exemple le cas du nouveau ministre de la Cohésion des Territoires, Richard Ferrand, arrivé en tête dans la 6e circonscription du Finistère, ce qui laisse pantois quand on songe à ses actuels ennuis judiciaires. Cet homme, on ne le souligne pas assez, n’a pas utilisé à son profit les bénéfices d’une entreprise privée, mais l’argent versé par des mutualistes qui hésitent à changer de lunettes ou à faire soigner leurs dents faute de moyens. À sa place, maintenant que tout le monde sait qu’il a fait gagner 580 000 euros à sa compagne, on aurait rasé les murs. Mais ce n’est pas le genre de la maison, et on a eu droit à un chef d’œuvre d’arrogance de la part de l’ancien journaliste devenu ministre et se permettant d’admonester ses confrères « Malgré vos efforts méritoires, je constate que les Finistériennes et Finistériens m’ont réitéré leur confiance à hauteur de presque 34% (…). Je vous ai parlé un peu tard, parce que je voulais, moi, vérifier les informations avant de vous parler. Vous savez, c’est un vieux tic. Ce serait bien que vous en preniez de la graine. »

Voilà un homme qui n’est resté en place que parce qu’il sait tout des montages financiers de la campagne d’Emmanuel Macron et qui la ramène sans vergogne. C’est donc cela la nouvelle politique, prétendument incarnée par En Marche ?

Le « citoyen » Bayrou, contrebandier devenu douanier

Et que penser du « citoyen » Bayrou qui pérore et laisse éclater sa joie pour « ce jour historique » dans Sud Ouest. On dit que les anciens contrebandiers font les meilleurs douaniers. Dans ce cas-là, le ministre de la Justice était effectivement l’homme qui s’imposait pour moraliser la vie publique, car il n’est guère une combine où le MoDem n’ait trempé ces dernières années, comme le prouve l’enquête sur les emplois fictifs des assitants parlementaires au Parlement européen. Et voilà que cet homme, comme au bon vieux temps du général de Gaulle, appelle Radio France pour se plaindre du travail des journalistes. Et pris la main dans le sac, ou plutôt le portable vissé à l’oreille, il affirme avoir agi en « simple citoyen ». Un peu comme si le simple citoyen Veunac et le simple citoyen Marcel-le-cantonnier se décidaient à appeler en même temps le préfet. Devinez-qui serait pris au téléphone et qui serait éconduit ?

Pauvre 6e circonscription !

Et puisqu’on en est en plongée dans les bas-fonds de la politique française, prenons le masque, les palmes et la bouteille d’oxygène avant de nous intéresser à cette pauvre 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, qui méritait mieux qu’un duel Bru-Arosteguy au deuxième tour. Vous vous frottiez déjà les mains à l’idée d’un Peio Etcheverry-Ainchart, d’une Sophie Bussière ou d’un François Amigorena à l’Assemblée nationale ? Bienvenue en vieille politique, et contentez-vous de deux tâcherons sans foi ni loi, qui ont systématiquement renié leurs engagements, l’un n’hésitant pas à prendre position contre le mariage pour tous, tout en expliquant en 2017 qu’il regrettait depuis 2014 (Bonjour l’homme d’action !) d’avoir signé la pétion des maires de France, l’autre passée par l’UDI avant de chercher les courants ascendants chez Les Républicains, défendant Fillon au-delà de toute raison et  ne voyant aucune raison d’appeler entre les deux tours à faire barrage à Marine Le Pen dans le seul but de cajoler son très droitier électorat. Et c’est un de ces deux-là que vous imaginez, la semaine prochaine, franchir la porte de l’Assemblée nationale pour nous représenter ? Pour ma part, ce sera vote blanc. Et quant à ceux qui auraient la tentation de se prononcer en faveur de l’un ou l’autre des candidats, sachant qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, cotisez-vous pour offrir au nouvel élu « La science politique pour les Nuls » afin qu’il ne nous fasse pas trop honte.

Oubliez les élus godillots, votez Capdevielle

La fête est finie et maintenant qu’il sait pouvoir compter sur une majorité, c’est un tapis de bombes que nous prépare Macron avec ses réformes du Code du travail ou du régime des retraites. Pour cette raison, on ne peut que souhaiter la présence d’un maximum d’opposants dans une Assemblée qui va marcher au pas. Bonne nouvelle donc que le score de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, même si le parachutage était plutôt détestable.

Dans la 5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, qui peut se réjouir de la course en tête d’une Florence Lasserre-David, élue depuis seize ans mais diaphane et sans consistance, face à une Colette Capdevielle, députée pugnace et travailleuse, qui ne s’en laissera pas compter face à un Emmanuel Macron qu’elle apprécie à titre personnel, ce qui ne l’a pas empêché de rester fidèle à son parti ?

La moralisation de la vie publique, la transparence, une présence sans faille à l’Assemblée, il y a longtemps que la députée sortante se l’applique à elle-même. Et face à elle, une élue qui ne s’est jamais distinguée par une proposition originale à Anglet ou au conseil départemental et qui, sans doute visitée par la grâce et le saint-esprit macronien, brillerait subitement au niveau national ? Restons sérieux.

Alors si vous pensez que le suffrage universel, au-delà des étiquettes, est l’occasion de reconnaître le travail et le talent, nul doute possible…