Faut reconnaître, c’est du Bru…tal

Vincent Bru pique l’investiture En Marche à François Amigorena. Un mauvais polar dans lequel Michel Veunac a trempé. Récit des coulisses.

En politique, les bons sentiments ne durent qu’un temps et les tontons flingueurs ont souvent le dernier mot.

Les deux seuls points communs entre Michel Veunac, le maire de Biarritz et son premier adjoint Guy Lafite ? Le mépris mutuel qu’ils éprouvent l’un pour l’autre et leur détestation cordiale et partagée du septième adjoint François Amigorena. Il faut dire aussi que ce petit garnement, accessoirement membre de la brinquebalante majorité municipale, s’est permis de contredire les creuses incantations du premier en plein conseil municipal et de ridiculiser l’autre en démontrant qu’il ne comprend rien de rien aux réseaux sociaux, ce qui la fiche un peu mal pour un énarque.

Lundi 8 mai, Michel Veunac qui a regardé la veille à la télévision les premiers pas d’Emmanuel Macron,  décide qu’il ne se contentera pas comme d’habitude des trois mouvements de menton qui lui tiennent lieu de jogging quotidien. Il est plus que temps d’agir et dès son arrivée à la mairie, SuperMimi s’empare de son téléphone pour dire à son ami François Bayrou tout le mal qu’il pense de l’investiture possible de François Amigorena. Le président du MoDem, dont les troupes tiendraient au large dans une cabine téléphonique, ne peut rien refuser à « son ami Michel » et, roulant des mécaniques comme à l’accoutumée,  lui affirme qu’il fait son affaire du trublion biarrot. Guy Lafite de son côté passe la deuxième couche en revisitant son carnet d’adresses d’anciens de l’ENA et en délivrant le même message sur l’impossible Amigrosdégâts.

D’où cette surprise et ce sentiment de flottement, en milieu de semaine dernière lorsque la liste des candidats En Marche est publiée. La décision d’investiture dans la VIe circonscription est suspendue. Ce qui signifie que le candidat Amigorena, souhaité par les militants car présent depuis le lancement du mouvement est mis en balance avec Vincent Bru, le maire de Cambo, un inconnu au bataillon de La République En Marche.

Les manigances sont de sortie

Et l’on découvre qu’entre l’intention et l’action politique existe comme un fossé dans lequel ont fini bien des audacieux. Claquer deux bises chaleureuses à Tata Merkel, lors de son premier voyage officiel à Berlin, ne suffit pas pour faire de la politique autrement. Emmanuel Macron nous promet une moralisation de la vie publique, mais les ratés lors de la constitution du gouvernement comme les frondes qui éclatent dans de nombreuses circonscriptions, démontrent que les professionnels de la politique ne baisseront pas pavillon face au jeunot sans ourdir quelques manigances.

Prenez le caprice de François Bayrou, une fois la liste des investitures connues. Cet homme ne pèse strictement rien, il est un casus belli vivant avec son appel à voter en 2012 pour François Hollande que la droite ne lui pardonne pas. Macron pouvait traduire de façon spectaculaire et quasiment sans risque sa volonté de rénover la vie politique en laissant Bayrou bouder dans son coin. Et Amigorena aurait eu une investiture légitime au vu de son parcours. Et de réelles chances de l’emporter.

Au lieu de cela, le joueur de poker Bayrou réussit à intoxiquer l’équipe adverse avec sa misérable paire de deux et fait monter les enchères. Le coup de bluff réussit au-delà de toute espérance. Mais comme Bayrou n’a pas suffisamment de militants, il se retrouve obligé de ratisser large et de se tourner vers de possibles affidés.

Contre le mariage pour tous, Vincent Bru n’hésite pas à rallier… Macron.

Le diaphane Vincent Bru est le portrait en creux du candidat dont Macron ne veut plus entendre parler : multirécidiviste ayant bouffé à tous les râteliers politiques, avec pour seul étendard l’absence totale de convictions et une ductilité idéologique à toute épreuve si une copieuse gamelle se profile à l’horizon. Candidat sans étiquette, il forme un ticket avec Michèle Alliot-Marie en 2012 aux législatives. Après l’échec dont tout le monde se souvient, il appareille pour l’UDI où il se distingue par son absentéisme. Il affirmerait, selon ses dires,  des sympathies depuis le début de l’année pour le mouvement En Marche, mais l’homme est tellement discret que personne ne se souvient l’avoir vu participer à la moindre réunion militante ou au grand meeting de Pau.

En revanche, une rapide recherche sur Internet montre que Vincent Bru n’a pas été le dernier à combattre les lois défendues par Emmanuel Macron, comme le prouve cette pétition contre le mariage pour tous signée – à l’insu de son plein gré très certainement – par le maire de Cambo.

http://www.mairespourlenfance.fr/les-signataires?search_field=dept&value=64&operator=LIKE&sortBy=city&ascdesc=ASC&submit=Rechercher#participants-list

Un vieux routier de la politique, homophobe de surcroît, voilà vraiment une investiture qui s’imposait pour le grand mouvement moderne REM! Contacté mardi, pour s’expliquer sur son parcours, le courageux maire de Cambo s’est bien gardé de répondre à Bisque, Bisque, Basque! La timidité, sans doute.

Morel : « Bru part dans le sens du vent »

Reste encore un épisode dont l’authenticité fait débat dans cette interminable saga intitulée « Agitons-nous, folle ville de Biarritz ! ». Il se situerait ce week-end dernier, juste avant l’annonce de l’investiture de Vincent Bru, lundi 15 mai, et concernerait Didier Borotra. « Impossible que le vieux prenne son téléphone pour défendre quelqu’un d’autre que lui-même » affirme un fin connaisseur de la vie biarrote qui est intarissable sur le copieux nombril de l’ancien maire. « Borotra apprécie François Amigorena, rapporte un autre,  mais s’il a pris son téléphone pour appeler Bayrou, c’est uniquement pour emmerder Lafite, à qui il ne pardonne pas son lâchage dans l’affaire de la  Cité de l’Océan ».  Impossible de savoir le fin mot de l’histoire, mais force est de constater que Veunac a désormais plus de poids que Borotra auprès de Bayrou, ce qui en dit long sur l’état de déliquescence du MoDem.

Le très prudent Philippe Morel, qui pèse toujours ses mots avec une balance d’apothicaire quand il parle aux journalistes, masque mal sa perplexité : « Cette investiture étonne l’UDI. Le miltant Vincent Bru ne s’est jamais expliqué au bureau départemental sur sa candidature. En rejoignant Macron, il part dans le sens du vent ». On a connu encouragements plus chaleureux.

François Amigorena est le plus à gauche : sur la photo au moins.

Journaliste spécialisée en économie bleue mais aussi référente du mouvement En Marche pour les Pyrénées-Atlantiques, Nathalie Niel, affirme avoir reçu 350 mails indignés pour  protester contre l’investiture de Vincent Bru. « J’ai saisi la commission d’éthique par rapport aux militants, car cette décision est totalement contraire à tout ce que j’ai raconté en tant que référente. Par son parcours et ses prises de position contre le mariage pour tous, Vincent Bru ne fait absolument pas partie des valeurs de En Marche ».

De son côté, un militant de base du mouvement, Pierre Aldama, a lancé une pétition contre cette désignation et pour une investiture Amigorena.

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-contre-l-investiture-par-lrem-de-vincent-bru-dans-la-6%C3%A8me-circonscription-du-64

J’ignore pour ma part si François Amigorena ferait un bon député, même si je l’en crois capable. Mais, à l’évidence, avec son engagement des premiers instants, sa vie civile plus que respectable et sa personnalité, il incarne le renouvellement voulu par Emmanuel Macron quand Bru personnifie tout ce que les Français ont rejeté.

Ces petits mouvements d’humeur d’un lointain département pyrénéen auront-ils un effet quelconque sur un état-major parisien qui semble déjà soumis à bien des tensions et des contradictions ? La réponse dans quelques heures, en rappelant à la commission d’investiture qu’il n’est jamais trop tard pour être cohérent.

Lundi : Mille raisons de ne pas voter Arosteguy

PS : Merci à La Marquise de Vérité de « La Semaine du Pays Basque », pour m’avoir autorisé à emprunter ce titre, contre un baise-pied et trois menues flexions.

Bru et Brisson, les futurs dépités de la sixième !

Dessin Pierre George

Ma Toute Douce,

 J’ai trouvé, en rentrant de promenade, votre lettre où vous m’annonciez avec une émotion non contenue que notre Max-la-Chips renouait enfin avec le succès. Une missive dans laquelle vous disiez votre bonheur ! Mais hélas, la vieille dame que vous êtes, s’est trompée lourdement… Ce n’est pas notre Chips, notre Max Vico à nous, qui vient de remporter à Montreuil le 100 mètres, mais le jeune et sémillant Jimmy Vicaut… Il ne faut pas confondre les catégories ni les pochettes de chips !

Pourtant notre Chipstarrak a toujours des ambitions bien ancrées et ne recule devant rien ! C’est même à cela qu’on le reconnait… Au point que ces jours derniers, il s’en est allé à Paris, voir Sarkozy qui l’a reçu aimablement, comme l’on reçoit toujours les victimes d’attentat MAMiste.

Et savez-vous ce que notre ami a demandé au petit teigneux ? Vous ne devinez-pas ?

Eh bien, tout simplement, d’avoir l’investiture pour les législatives dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques… Je ne plaisante pas, Chère Thérèse-Marie !

De retour en terres basques, la Chips n’a pu s’empêcher de confier à Nalpas-plat, tout joyeux : « C’est fait ! Sarko est d’accord ! Ce sera MOI, MOI, MOI !« 

Nalpas en a mouillé tout son kleenex, expliquant à ses amis : « Brisson c’est comme Eurotunnel. Quand l’action ne vaut plus rien, eh bien il faut mieux les garder en portefeuille que de la refiler. Et moi des actions Brisson j’en ai des milliers ! Qui sait, je vais pouvoir peut-être me refaire !« 

Tout cela devient pathétique, Ma Chère, car moi qui ai quelques amitiés en haut lieu chez les Républicains, j’ai, par souci du devoir, vérifié méticuleusement l’information, vous le pensez bien… Et un haut dirigeant de la bande à Sarko m’a bien gentiment expliqué ainsi les choses : « Eh oui, Sarko a vu le gros ! Et Sarko se marrait encore le lendemain en disant : ‘Je n’ai pas pu dire un NON ferme au pauvre Brisson, tu comprends. On se doit de respecter un grand blessé à l’agonie. Mais franchement, comment peut-il y croire qu’on lui donnera finalement l’investiture, lui qui a tout merdé dans sa ville et son département ? Lui le valet de ferme de Bayrou et Lasserre ! De toute façon, la sixième c’est à la vieille, et c’est elle qui décidera. Et si elle n’y va pas, elle y mettra n’importe qui sauf lui ! Enfin, par humanité, il fallait laisser entendre au pauvre Brisson ce qu’il voulait entendre et s’il m’avait demandé s’il serait le prochain président des Etats-Unis ou même la future reine d’Angleterre, je lui aurais dit oui !’ « 

 

Mais il est vrai que la sixième attire bien des convoitises et que certains qui, eux, auraient des chances de se faire investir ou élire, sont toujours en grande réflexion… C’est le cas de Paul Baudry, le dynamique maire de Bassussarry, élu pour la première fois en 1995, et réélu avec 75% des voix en 2014, ce qui doit laisser bien rêveur notre Chips… L’ami Paul, qui est l’un des artisans, aux côtés de ce corsaire de Peyuco, de l’apaisement autour de la future EPCI entre OUI-istes et NON-istes, et grand partisan du futur Lehendakari Etchegaray qu’il juge « le plus légitime parmi les légitimes« , était effectivement annoncé comme l’un de ceux qui pourraient surprendre dans cette élection législative. Seulement le Paul, Ma Douce, est un sentimental, attaché à son village comme le Basque obligé de partir aux Amériques, l’était autrefois. Et s’il est flatté de trouver beaucoup de partisans à sa candidature, lui le Gaulliste séguiniste, viré de l’UMP par la Chips pour avoir soutenu la candidature de la petite Candy Darrigade l’année passée aux départementales (la sanction frappant Baudry ayant d’ailleurs été immédiatement annulée par les instances nationales dès que Max-la-Mélasse a été foutu à la porte du secrétariat départemental), confiait l’autre dimanche à quelques proches : « Avec cette histoire du non-cumul, il faudrait que je lâche Bassu. C’est ça qui me fait vraiment hésiter. Ce serait le crève-cœur absolu. Etre député c’est bien, oui évidemment, mais ne pas pouvoir rester un petit maire, chaque jour les mains dans le cambouis, cela me parait absurde ! Pour moi être député, c’est justement être un élu de base et du quotidien qui fait comprendre à Paris la difficulté de notre job de maire ! » Il faut dire que le Paul sera, de plus, l’un des vice-présidents de l’EPCI et qu’il compte bien s’y donner à fond. J’en suis fort marri, mais je pense qu’il faudra compter sans lui cette fois.

 

Heureusement que pour nous distraire, il nous reste notre petit Un-Bru-de-sa-personne, le maire de Cambo. L’impayable petit LU, qui rêvait d’être sénateur et qui n’est que sécateur d’Arnaga, veut toujours croire à ses chances !

Et je me suis laissé dire que le paon de Chanteclerc faisait des pieds et des mains pour être reçu par François Bayrou, histoire de le convaincre de lui attribuer une investiture pour ces législatives. Ce qui explique qu’il fait, jour et nuit, la roue devant Ostia qui lui aurait promis de lui filer un coup de main pour ce faire. Et sans rire, on imagine tout à fait les chances du petit Lu d’être élu député en terres basques en se recommandant d’Ostia ! Je crains bien que le rêve insensé du Vincent de devenir parlementaire ne se réalise jamais, lui qui voudrait pourtant quitter la mairie en 2020 après un long règne qui semble avoir trouvé ses limites.

Au point d’ailleurs que le Pascal Sevran des mamies de Cambo commence à organiser sa succession et semble décidé à filer les clefs de la mairie à un de ses conseillers municipaux, le Peio Etchelecu, patron de la laiterie Agour d’Hélette, alors qu’il les avait pourtant promises à son second adjoint, l’excellent vice-président de l’Aviron bayonnais Christian Devèze. Mais comme ce dernier ne semble pas prêt à se laisser faire (ce qui n’est pas dans son caractère), le Un-Bru-de-sa-personne en devient tout énervé à tout propos et voilà que l’autre jour le Vincent – qui fut d’abord opposé à l’EPCI avant de s’y rallier (il espère une vice-présidence qu’il aura bien du mal à avoir…) – s’est permis de lui couper salement la parole (comme le font tous les grands démocrates) à ce sujet l’autre jour en Conseil municipal, au point de devoir lui faire, par la suite, platement des excuses en devenant tout rouge comme un gratte-cul, peuchère ! Depuis le Christian semble avoir pris ses distances avec son sécateur-maire et lui garde un paonneau de sa paonne… Une fronde au pays du petit Lu nous réjouirait bien dans les prochains mois… La fin de mandat risque d’être joyeuse !

D’autant plus que le paon de Chanteclerc s’il sait si bien faire la roue devant Ostia, rabat vite son caquet et ses plumes dès que l’on lève la voix, comme le racontait autrefois l’excellent maire d’Arcangues Jean-Michel Colo : « Bru c’est bien plus la poule d’eau que le paon pour moi ! Dès qu’il se mettait à faire l’instruit dans une réunion, il me suffisait d’élever un peu la voix et de frapper de mon poing la table. Et t’avait plus qu’à chercher le Vincent dessous où il jouait des castagnettes !« 

Heureusement qu’il a tout l’été pour se détendre dans les jardins d’Arnaga en se faisant des infusions aux plantes… Sa rentrée risque d’être chaude !

 

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.