Une épastrouillante affluence

Plus de 80 personnes étaient présentes à la réunion publique de RamDam 64-40 où Virginie Lannevère et Jean-Pierre Laflaquière ont été chaleureusement applaudis.

Difficile, en dehors d’un exposé sur la reproduction des crabes verts les soirs de pleine lune au rocher de la vierge, de faire plus dissuasif qu’un débat sur les Sociétés d’économie mixte, les sociétés publiques locales et les délégations de service public ! Mais il faut croire que la démarche de RamDam 64-40 consistant à créer un lieu où les citoyens et les élus peuvent se parler sans animosité ni tabou intéresse, puisque 80 personnes étaient présentes, une veille de fête de la Musique et alors que se déroulait dans une salle voisine de la maison des associations de Biarritz un autre débat tout aussi intéressant animé par le comité anti G7. De quoi être totalement épastrouillés, comme le disaient les titis parisiens au XIXe siècle lorsqu’ils voulaient exprimer leur étonnement.

Il convient de préciser aussi que dans ce débat animé par le redoutable « inspecteur de la vie publique » Guy Aubertin, RamDam 64-40, recevait deux personnalités marquantes du monde politique local, Virginie Lannevère, conseillère municipale démissionnaire, administratrice de la SEM Cité de l’Océan puis de la Socomix, et Jean-Pierre Laflaquière, ancien préfet, adjoint au maire d’Anglet et membre du Conseil d’Agglomération du Pays Basque.

Lannevère : « Un risque invraisemblable »

Virginie Lannevère déteste les caméras et les projecteurs et n’aurait jamais imaginé sortir de l’anonymat. Spécialiste du risque financier pour les palaces, elle pensait mettre bénévolement ses compétences au service de la Ville, elle qui compte de nombreux conseils d’administration à son actif.

« Mon exposé sera bien sûr un peu à charge » annonce d’entrée Madame Lannevère qui rappelle que le rôle d’un administrateur est de travailler dans l’intérêt de l’entreprise. Quand le public et le privé se mélangent comme dans les sociétés d’économie mixte, tout devient beaucoup plus complexe car les administrateurs sont souvent aussi des élus qui votent ce qu’on leur demande de voter et arrivent au conseil d’administration sans même avoir ouvert les documents adressés.

C’est ce fonctionnement autocratique avec un maire seul décisionnaire et des élus au pas, qui a conduit Virginie Lannevère, en compagnie d’autres administrateurs comme François Amigorena ou Anne Pinatel, à exprimer publiquement son désaccord. Création de sous-commissions d’où étaient exclus ceux qui n’étaient pas d’accord avec Veunac et Lafite, rétention de l’information avec des dossiers qui arrivaient la veille pour que les administrateurs n’aient pas le temps de les étudier, menaces multiples, Virginie Lannevère raconte avec beaucoup de calme et d’émotion contenue son quotidien d’élue bénévole : « À un moment, je me suis retrouvée à plus consacrer de temps au Palais qu’à mon propre travail »

Sous les applaudissements nourris du public qui salue son courage, Virginie Lannevère, qui souhaite évidemment un avenir radieux pour le Palais, confie son pessimisme : « Les 64 millions empruntés représentent un risque invraisemblable et supposent une rentabilité jamais atteinte par les leaders du marché hôtelier. Les travaux de rénovation et d’investissement dépassent les capacités de la ville et donc, en cas de défaut, l’acteur privé minoritaire (Decaux) absorbera la SEM. »  Comme les élus l’ont dit à l’époque, on se retrouve en présence d’un hold-up organisé par Veunac et Lafite.

Laflaquière : « Peu de brebis galeuses »

Plus orthodoxe et consensuel, Jean-Pierre Laflaquière estime que « malgré quelques brebis galeuses, presque tous les élus effectuent leur mandat avec passion et intégrité », ce que RamDam 64-40 qui suit de près la vie publique locale lui accorde volontiers. Il concède que l’Agglo connaît quelques problèmes de croissance compte-tenu de sa taille, mais affirme que les 170 marchés publics passés en son nom (presque un tous les deux jours !) sont suivis avec beaucoup d’attention, la défense des intérêts des contribuables étant la priorité absolue.

Élu connu pour sa rigueur et son intégrité, Jean-Pierre Laflaquière maîtrise parfaitement son sujet et sait se montrer convaincant, même s’il se trouve un peu plus déstabilisé quand je l’interroge sur « les brebis galeuses » et lui demande pourquoi les élus d’Anglet ont fermé les yeux pendant plusieurs années sur le fait que le premier adjoint Jacques Veunac, ancien médecin de son état, ait bénéficié d’un logement de vacances du promoteur Alday, ce qui fait un peu désordre quand on s’occupe d’urbanisme. « Le problème a été réglé en interne » affirme l’élu. C’est exactement ce que déplore RamDam 64-40, cet entre-soi si prisé des politiques pour régler les affaires un peu troubles, ce qui n’ôte rien aux qualités de Jean-Pierre Laflaquière qui a eu le courage de venir s’expliquer face au public.

Les nombreux élus présents dans la salle se sont contentés de sourire en coin. Maïder Arosteguy, Guillaume Barucq, Nathalie Motsch, candidats potentiels ou déclarés pour 2020, mais aussi François Amigorena, Anne Pinatel, Richard Tardits, Édouard Chazouillères, Françoise Mimiague, Brigitte Pradier avaient fait le déplacement (Mes excuses si certains m’ont échappé).

Seul absent de marque, pour le plus grand regret de Virginie Lannevère, Guy Lafite qui avait annoncé un peu partout qu’il viendrait porter la contradiction à l’ancienne élue, mais qui a été visiblement retenu, comme pronostiqué, par une activité pottok.

Ce qui donne beaucoup de regret à RamDam de ne pas avoir finalement organisé cette conférence sur les crabes verts au lieu de parler de SEM, SPL ou DSP. Car il se serait certainement trouvé un scientifique dans la salle pour expliquer que les vieux crabes deviennent très peureux avec l’âge.

Un jeudi en fanfare

La prochaine réunion publique de RamDam 64-40 promet : Virginie Lannevère a bien l’intention de dire tout ce qu’elle a sur le cœur. On va en apprendre des belles sur La Cité de l’Océan et L’Hôtel du Palais.

RamDam 64-40 ne se compose pas que de saltimbanques impertinents qui distribuent klaxons et harpes aux politiques nécessiteux. L’association compte aussi quelques géomètres rigoureux et passionnés de vie publique qui souhaitent évoquer avec vous les sujets que les élus préfèrent souvent garder pour eux.

Qui pouvait-on trouver de mieux, le 20 juin prochain, que Virginie Lannevère, ancienne conseillère municipale de Biarritz et ancienne administratrice des sociétés d’économie mixte, Cité de l’Océan et Hôtel du Palais pour nous expliquer le fonctionnement de ces entités souvent un peu mystérieuses pour le grand public ? Un débat qui devrait être passionnant puisque notre grand argentier Guy Lafite a d’ores et déjà annoncé qu’il viendrait lui apporter la contradiction. Les mauvaises langues de RamDam ont parié que « La Faillite nous voilà ! » va annoncer sous peu qu’il a pottok ou piscine et se désister. L’avenir le dira.

Jean-Pierre Laflaquière, membre de la CAPB, nous racontera de son côté la façon dont se passent les marchés publics et comment l’Agglo veille sur les intérêts des citoyens.

Enfin l’animateur du débat, Guy Aubertin, évoquera les SPL, les Sociétés Publiques Locales, avec des exemples concrets comme Fort Socoa ou les halles de Pau qui ont recruté, sans que François Bayrou ne le sache, Sophie Borotra.

Comme toujours, l’entrée sera libre et gratuite et la bonne humeur de rigueur. Et vous comprenez désormais pourquoi votre présence est absolument indispensable en cette veille de la fête de la Musique, où un peu de grosse caisse permettra de réveiller les consciences citoyennes.

 

Des vœux mais surtout un aveu

Pendant que les vieilles canailles de RamDam 64-40 distribuaient klaxons et harpes, le maire de Biarritz sortait quelques énormités au casino Bellevue. Une moitié seulement des conseillers municipaux s’était déplacée.

C’est l’histoire du chirurgien qui s’apprête à vous amputer d’un bras et d’une jambe, mais qui vous annonce en salle d’opération qu’à votre réveil votre vie sera comme avant. Ceux qui n’étaient pas venus au casino Bellevue pour les fish and chips ou les verrines de homard (Michel Veunac, rappelons-le est vice-président de l’Agglo en charge de l’attractivité touristique du Pays basque et n’offre donc que des produits typiquement basques comme les sacs Hermès ou les spécialités culinaires anglaises), pour ceux donc qui avaient décidé de venir s’ennuyer aux voeux du maire, une surprise de taille les attendait.

Bien obligé d’évoquer le G7 à l’orée de cette année 2019, Michel Veunac, avec la désinvolture du chirurgien prêt à tronçonner un bras qui n’est pas le sien, n’y est pas allé par quatre chemins pour annoncer aux Biarrots la saignée qui les attendait.

Sud Ouest, 16 janvier 2019

Le docteur Diafoirus, doté de son écharpe tricolore, est formel : Biarritz ne sera pas « bunkérisée » pendant le G7, vous devrez juste en tant que Biarrots être enregistrés, fichés, répertoriés, avoir l’haleine fraîche et les cheveux bien peignés et présenter des coffres de voitures vides et des sacs à main rangés au cordeau, et – Merci monsieur le maire ! – « jusqu’au 18 août les activités se dérouleront normalement ». Autrement dit les commerçants et tous ceux qui vivent du tourisme à Biarritz vont perdre quinze jours de chiffre d’affaires en haute saison et risquent de devoir mettre la clé sous la porte. Mais visiblement, Veunac s’en fiche, puisque sa photo dans le journal en compagnie des grands de ce monde est assurée. Et que les Biarrots en soient de leurs poches avec les travaux précipités de L’Hôtel du Palais ou la non indemnisation de l’État l’indiffère totalement puisque, lui, va conserver ses indemnités ô combien méritées de maire soucieux de l’intérêt de tous.

Fort malicieusement, Sud Ouest du 17 janvier qui évoque les précédents G7 rappelle que les commerçant lésés au Canada sont indemnisés tandis que rien n’est prévu à cet effet dans notre beau pays, même pas les mouchoirs pour pleurer. Les contribuables biarrots pour leur part ignorent toujours quelle sera la part de l’État et celle de la Ville dans l’addition finale du G7 qui, généralement, tourne autour de 30 millions d’euros. Vous comprenez mieux pourquoi on ne peut guère offrir plus de vingt euros par mois à ces gueux de gilets jaunes, alors que la France est la cinquième puissance économique mondiale.

Bisque, Bisque, Basque ! qui est pour la paix dans le monde et qui sait à quel point Michel Veunac exerce son mandat par pure passion citoyenne et avec un désintérêt total pour les questions matérielles propose donc à notre Premier magistrat de faire don de ses indemnités à la caisse des commerçants pour minimiser le préjudice qu’il leur fait subir. Les pertes ne seront pas totalement compensées, mais le geste sera apprécié.

Sud Ouest, 16 janvier 2019

Enfin dernier détail qui ne trompe pas sur l’ambiance fin de règne qui présidait à ces vœux 2019, seuls 19 conseillers municipaux sur 33, ceux qui tremblent pour leurs indemnités et n’arrivent pas à imaginer après 2020 une existence sans mandat, avaient réussi à trouver le fort difficile chemin d’accès au casino Bellevue.

Une joyeuse remise de klaxons et de harpes

Béatrice Chevé décernant la harpe d’or à Virginie Lannevère.

Cinq conseillers municipaux sont même allés plus loin et ont boycotté les verrines de homard préférant se marrer à la maison des associations plutôt que s’ennuyer ferme au casino Bellevue. Avec les vieilles canailles de RamDam 64-40, accompagnés de jeunes impertinents et impertinentes chargés de les raccompagner le soir jusqu’à la maison de retraite, les quatre-vingts spectateurs présents ont pu vérifier que l’imagination des politiques pouvait être sans limite. D’où ces vigoureux coups de klaxons. Heureusement d’autres élus, par leur implication, leur transparence, leur volonté de respecter le mandat confié par les électeurs ont démontré que notre pays peut aussi espérer des jours meilleurs. Par un hasard curieux, les récipiendaires de harpes étaient presque tous présents quand les bénéficiaires de klaxons se sont montrés plus discrets. La soirée s’est donc terminée avec beaucoup d’émotion et d’applaudissements nourris pour féliciter Hervé Boissier et Virginie Lannevère à Biarritz, Peio Etcheverry-Ainchart et Pierre-Laurent Vanderplancke à Saint-Jean-de-Luz qui repartent avec un magnifique objet d’art et se sont promis de prendre des cours de harpe.

Les spectateurs ont apprécié la soirée. le chien aussi.

 

Le palmarès des klaxons et harpes 2018

Proclamation des Klaxons pour les Landes

5.- Christian PLANTIER

4.- ÉRIC GUILLOTEAU

3.- Lionel CAUSSE klaxon de bronze

2.- Élisabeth BONJEAN klaxon d’argent

1.- Xavier GAUDIO et Patrick LACLEDÈRE klaxon d’or

 

Proclamation des Klaxons pour les Pyrénées-Atlantiques

8.- Ghis HAYE

7.- Odile DE CORAL

6.- François BAYROU

5.- Jacques VEUNAC

 4.-Guy POULOU et Jean-Jacques GOUAILLARDET

3.- Hervé LUCBEREILH klaxon de bronze

2.- Jean-Louis FOURNIER et Anita LACARRA klaxon d’argent

1.- Guy LAFITE klaxon d’or

Michel VEUNAC, Grand prix spécial du jury

 

Proclamation des harpes

3.- Hervé BOISSIER harpe de bronze

2.- Peio Etcheverry-AINCHART et Pierre-Laurent VANDERPLANCKE harpes d’argent

1.- Virginie LANNEVÈRE harpe d’or

Un aveu qui plombe encore plus Veunac et Lafite

Les révélations continuent : c’est plus de deux millions d’euros que Michel Veunac a avancés avant même que le conseil municipal n’entérine le dossier Hôtel du Palais.

L’article de Mediabask où Veunac annonce que l’addition est encore plus salée que prévue.

Ce n’est pas le média le plus tapageur de la Côte basque, mais il fait un sacré bon travail sur le dossier de L’Hôtel du Palais. L’article de Goizeder Taberna paru dans Mediabask le 13 novembre dernier est passé un peu inaperçu des Biarrots, ce qui est fort dommage. Il contient en effet son lot de révélations savoureuses. De lin blanc vêtu, notre Mimi-la-Malice municipal nous annonce que les avances consenties aux fournisseurs, avant même que les travaux ne soient votés par le conseil municipal ne s’élèvent pas à 656 000 euros, comme tout un chacun le croyait, mais au total à près de deux millions d’euros.

Cette nouvelle somme de 1,2 million d’euros, jusque-là jamais évoquée, serait destinée à payer le bois des huisseries du palace.

 

Et comme Michel Veunac est un grand spécialiste de l’enfumage, il nous sort une version qui relève du conte de fées pour citoyens trop crédules. « Les administrateurs de la Socomix étaient parfaitement au courant ». La réalité est toute autre. En dehors des zélateurs forcenés du maire, qui répéteront à l’envi qu’on leur a tout dit, les autres membres du conseil d’administration, comme Virginie Lannevère, François Amigorena ou Anne Pinatel, déplorent l’opacité dans laquelle on les a maintenus.

C’est par hasard qu’ils ont découvert pendant l’été que les commerciaux de L’Hôtel du Palais avaient ordre depuis janvier 2018 de cesser la commercialisation du palace à partir du 18 octobre. Et ils s’étonnent que ces factures qui ont été payées rubis sur l’ongle n’aient jamais été présentées aux administrateurs. Virginie Lannevère estime d’ailleurs que 2,6 millions d’euros ont été engagés.

Allez, Michel, encore un effort et la mémoire va te revenir ! En attendant, le roi de la phrase creuse se contente pour sa défense d’une de ces formules à l’emporte-pièces dont il a le secret : « Depuis le début, nous travaillons avec un certain nombre de prestataires de service, de maîtres d’œuvre, qui nous aident. Il faut bien les payer. »

Il ne viendrait à l’idée de personne de reprocher au maire sa vertu. Mais se souvient-il que quand on est premier magistrat d’une Ville, on n’a pas le droit d’engager des dépenses sans les avoir faites approuver par son conseil municipal ? Tout décidément, dans ce dossier de l’Hôtel du Palais, relève au minimum de l’attentat démocratique. Voire beaucoup plus, si la Justice s’en mêle.

(Pour les retardataires : https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181109/michel-veunac-assume-les-avances-faites-pour-lhotel-du-palais )

L’ANALYSE DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

Une communication soigneusement réfléchie

Michel Veunac n’est pas du genre à dévoiler spontanément ses agissements. Les écuries de Bigueyrie, la villa Sion ou le confortement de la Côte des Basques ont démontré qu’il ne reconnaissait les faits que contraint et forcé. Cette interview donnée à Mediabask où il augmente spontanément l’addition des sommes versées avant le vote des élus est donc en apparence très surprenante.

En apparence, seulement.

En effet, un secret de polichinelle agite actuellement la communauté politique de la Côte basque. Les méthodes du duo Veunac-Lafite dans ce dossier dépassent largement le cadre du tribunal administratif et pourraient finir au pénal.

Jacques-André Schneck sur sa page Facebook écrit : « On peut sérieusement se demander aujourd’hui si Michel Veunac et Guy Lafite ne sont pas susceptibles d’être poursuivis pour détournement de fonds publics ou pour abus de biens sociaux ou les deux. »

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck/posts/10213636490412819

Colette Capdevielle s’interroge pour sa part. Les faits ne relèvent-ils pas « d’une plainte avec constitution de partie civile devant le Doyen des juges d’instruction du TGI de Bayonne ? »

Interrogé par le préfet et la Chambre Régionale des Comptes, Michel Veunac doit avoir conscience qu’il est allé trop loin et qu’il joue gros. Alors, en bon animal politique, il en avoue un peu plus pour pouvoir dire s’il se retrouve un jour à la barre du tribunal : « Mais je n’ai jamais rien caché et je peux vous en donner la preuve avec cette interview à Mediabask »  Et l’élu ne manquera pas alors de sortir le couplet sur la difficulté de sa tâche et sur le fait, lui le pauvre sociologue, qu’il ne savait pas qu’il devait d’abord faire approuver cette décision par ces élus ou par les membres du conseil d’administration de la Socomix.

Une défense astucieuse mais qui pourrait mettre à mal son brillant adjoint aux Finances, toujours prêt à faire mousser sa carrière. Si celui-ci se retrouvait à la barre en compagnie de son « ami » Michel Veunac, « La Faillite nous voilà », comme le surnomment les Biarrots, aurait du mal à plaider l’incompétence en tant qu’ancien secrétaire-général adjoint des mairies de Marseille et Paris et à expliquer pourquoi les procédures normales de passation des marchés, où on informe les élus avant de prendre une décision et de signer des chèques, n’ont pas été respectées.

Lundi dernier, lors de la réunion de majorité, les élus ont été surpris par l’inhabituelle nervosité de Guy Lafite qui s’est mis à hurler sur Nathalie Motsch à l’origine après François Amigorena d’une deuxième procédure contre le dossier Palais, affirmant même que Michel Veunac « devait prendre ses responsabilités » et qu’il « refusait de travailler avec elle ».

Alors, Guy, on commence à envisager des lendemains qui déchantent ?

 

 

 

On dit merci qui ? Merci Michel !

Le calamiteux mandat de Veunac a au moins un mérite : faire émerger des élus à fort tempérament qui démontrent leurs qualités.

Bel exploit ! L’artiste Veunac réussit à faire salle comble le 15 octobre.

Est-ce parce qu’elle ambitionne de devenir un jour reine de la Ville que l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch a choisi Le Regina comme cadre de sa conférence de presse, trois jours après celle de Michel Veunac ? En ce lundi matin orageux, les journalistes ne seront pas déçus du voyage, car Calamity Nathalie, comme la surnomment les (rares) fidèles de Veunac est décidée à défourailler à tout va : « Je ne serai pas complice de ce qui est le plus grand scandale jamais connu par Biarritz ». L’anodine mère de famille qui plaçait soigneusement ses pas dans ceux de Didier Borotra lors de la dernière mandature, se révèle soudain bretteuse féroce et politique redoutable. Lors du dernier conseil municipal, son éloquence avait scotché tout le monde. Face aux journalistes, Nathalie Motsch poursuit dans la même veine : « Ce dossier du Palais devrait être à livre ouvert. Le secret des affaires ne marche pas sur un bien public. Ce n’est pas parce que ce montage a été voté en conseil municipal qu’il est vertueux », avant de défendre ardemment un autre opposant au projet : « J’ai été très choquée des attaques contre François Amigorena. Il n’y a qu’un responsable Guy Lafite (…) porteur du projet avec la simplicité et l’humilité qui le caractérisent. »  Et Calamity Nathalie, après ce commentaire au second degré sur l’énarque qu’elle ne porte guère dans son cœur, d’expédier au Premier adjoint une ultime balle entre les deux yeux. « Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ».

Pour son premier examen devant les journalistes, Nathalie Motsch n’a pas hésité à dresser un tableau inquiétant du montage financier choisi pour Le Palais.

Cohérente avec elle-même, l’adjointe annonce qu’elle saisit à son tour le tribunal administratif de Pau, qui va ouvrir sous peu une annexe spéciale pour Biarritz, pour excès de pouvoir et défaut d’information des élus. Aidée de son conseil, Jean-Charles Vignot, Nathalie Motsch s’attaque à la délibération du 15 octobre en premier lieu et y rattache celle du 30 juillet. « Car les deux votes ont un lien évident. C’est une opération globale dans laquelle la transparence et la communication des pièces ont été tronquées.« 

https://www.sudouest.fr/2018/10/29/video-biarritz-un-nouveau-recours-dans-le-dossier-de-l-hotel-du-palais-5522161-4037.php

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181030/ladjointe-a-lurbanisme-attaque-en-justice-le-montage-de-lhotel-du-palais

Amigorena ne lâche rien

On le disait talentueux mais dilettante. Il vient de subir une incroyable condamnation à trois ans d’inéligibilité pour un carnet à souches non restitué, quand Juppé pour des emplois fictifs ne prenait qu’un an. Beaucoup à sa place se seraient désintéressés de la politique. Mais François Amigorena se révèle tous les jours à l’épreuve du feu. Quand il s’élève contre le dossier du Palais, on ne peut l’accuser d’arrières pensées politiques, contrairement à Lafite ou Veunac, puisqu’il ne participera pas à la compétition de 2020. Comme libéré de cette suspicion qui pesait sur ses actions, l’homme se montre aussi combatif que réfléchi et prend tous les jours plus d’épaisseur. Quand il annonce que les banques ne veulent plus financer la réhabilitation du Palais, les invectives à son encontre pleuvent presque autant que les démentis paniqués de Veunac. Au final, un prêt qui aura bien été modifié et des menaces de procès en diffamation de Veunac, qui le font immédiatement réagir sur Twitter et Facebook. « M. le maire, JE VOUS DEMANDE de m’assigner en diffamation au plus vite. Cela me permettra de produire devant un juge les preuves irréfutables en ma possession ». Beau tempérament de la part de l’élu. Si seulement Veunac et Lafite étaient capables de manifester la même conviction et le même sens des responsabilités

Barucq ne croit plus aux Bisounours

Le « Nous nous sommes tant aimés » de 2014 n’a guère duré longtemps. (Photo Sud Ouest)

Avec un Veunac réussissant à faire fonctionner sa majorité, le docteur Barucq aurait pu être un de ces « alibis écolos » comme on en voit dans tous les conseils municipaux. Un petit tour de vélo électrique et puis s’en va! Mais il est loin le temps où le docteur-surfeur croyait sincèrement qu’avec le dialogue on peut arriver à tout. Cherchant à réconcilier les irréconciliables, Guillaume Barucq a pu prêter à sourire parfois. Mais l’homme est intelligent et apprend vite. « Je croyais tout savoir de l’humain par mon activité de médecin, mais je me rends compte que la politique est un monde vraiment à part », sourit-il. Clair dans ses positions, ne cédant pas aux multiples pressions que lui a fait Veunac, n’hésitant pas à prendre l’initiative, Barucq ne peut que se féliciter de l’indigence du tandem Veunac-Lafite qui va lui permettre de devenir un candidat tout à fait plausible et intéressant dans la perspective de 2020.

Arosteguy a honoré son mandat

Le dessinateur de La Semaine du Pays Basque, Olivier Ruiz semble croire à un duel de dames pour 2020.

Le grand mérite du hold-up démocratique voulu par Veunac et Lafite à propos du Palais est d’avoir passé au révélateur tous les tempéraments. On épargnera aux lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! la liste des rois de la brosse à reluire qui se reconnaîtront sans peine (N’est-ce pas P.C. ou P.D. ?) D’habitude, en fin de mandat, la presse analyse le comportement de l’opposition et passe très vite sur la majorité, habituée qu’elle est à voter systématiquement comme son maire. Il n’y a qu’à Biarritz qu’on voit cinq élus de l’opposition, au mépris du mandat qui leur a été confié par les électeurs, venir au secours d’un maire au moment où sa propre majorité ne lui fait plus confiance. À l’inverse d’un Max Brisson aux déclarations sinusoïdales et souvent calquées sur la stratégie politique du moment, Maïder Arosteguy a exercé un mandat d’opposante très clair et respectueux de ses électeurs, malgré son arrivée au conseil départemental. Vigilante, elle a toujours été sans ambiguïté dans ses déclarations et ne s’en est jamais laissé conter quand les machos de service, Veunac, Lafite ou Claverie tentaient de la déstabiliser à coup de réflexions misogynes. On dit que Maïder Arosteguy et Nathalie Motsch ne s’apprécient guère, ce qui n’a rien de surprenant à l’idée d’un possible « duel de dames » en 2020. Un duel qui aurait tout de même une autre allure que l’éternel retour de ceux qui ruinent la Ville depuis tant d’années.

Tant de talents qui s’affirment !

Plus discret mais tout aussi respectable dans l’exercice de son mandat, on aimerait entendre davantage Richard Tardits qui, on le perçoit nettement, n’apprécie guère ce rôle d’opposant qui lui a échu même s’il fait le job avec application. Constructif et très clair dans ses positions, il mérite le respect des électeurs. En privé, Richard est toujours passionnant à écouter. Lui aussi, s’il se retrouvait dans la majorité en 2020 amènerait sans doute beaucoup de créativité à la Ville. Et même s’il a exclu d’être tête de liste en 2020, il en va bien évidemment de même d’Édouard Chazouillères.

Et que dire de ces fantassins qui ont montré un courage sans faille sous la mitraille ? Françoise Mimiague, Brigitte Pradier, Anne Pinatel, mais aussi Virginie Lannevère et Hervé Boissier ont prouvé qu’ils étaient de véritables élus, soucieux des Biarrots et pas décidés à accepter n’importe quelle sornette, même si elle est présentée par le premier magistrat de la Ville ou son adjoint.

Tandis que Veunac s’indigne devant les journalistes quand on affirme qu’il n’est pas compétent, il ne reste plus aux électeurs qu’à essayer de se consoler en imaginant un avenir meilleur, même si la situation financière de la Ville ne va guère être facile en 2020. Ce mandat est un désastre absolu, beaucoup de Biarrots l’ont compris, mais au moins il aura eu le mérite de nous faire découvrir de nouveaux talents, sans doute à même de gérer la Ville avec plus d’écoute et de respect de la démocratie dans un avenir proche. Alors pour conclure sur les tristes pantalonnades que nous vivons à Biarritz, comment ne pas être tenté en pensant à Veunac, à la façon obscène avec laquelle il a conduit le dossier du Palais, de reprendre le gimmick d’un site coquin et très fréquenté. « On dit merci qui ? »

Dans un tout autre style, ne ratez pas l’explication très technique mais passionnante de Jacques-André Schneck sur la juridiction des sociétés d’économie mixte. Comme l’écrit l’ancien spécialiste des travaux publics, « À tous les administrateurs de la Socomix : Désolé, mais on en a envoyé en prison pour bien moins que cela !« 

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck

 

Le scrutin de la honte

Lettre ouverte à tous les élus qui s’apprêtent à voter oui.

Je vous vois déjà, dans quelques années quand Le Palais sera perdu, la lippe boudeuse et le regard sur les chaussures. « On ne savait pas » … « On nous avait mal expliqué » … « On nous a menés en bateau ». J’ai d’autant moins de peine à imaginer la scène que pour certains d’entre vous, vous m’avez déjà fait le coup avec la Cité de l’Océan, projet qu’en bons petits soldats du général Borotra, vous avez approuvé sans états d’âme malgré toutes les mises en garde qui vous avaient été faites. Vous n’aviez réussi à ruiner la Ville qu’à moitié et il est donc normal de finir le travail avec le Palais.

Et comme vous aimez tellement ce statut d’élu qui vous vaut la considération de votre entourage, des invitations à foison et parfois quelques menus avantages pécuniers, vous vous apprêtez à voter « oui » dans l’espoir insensé de faire toujours partie de l’équipe qui gagne en 2020. Mais puisque vous êtes des élus, c’est-à-dire des représentants des citoyens biarrots, puisque vous exercez ce mandat par pur altruisme, j’ai quelques questions à vous poser :

– Ça ne vous gêne pas de voter le 15 octobre le lancement de travaux prévus pour le 18 octobre et commandés aux entreprises depuis longtemps ? Vous n’avez pas le sentiment de participer à une farce démocratique ?

– Ça ne vous gêne pas qu’on vous demande le 3 octobre, après vous avoir privé de toute information pendant des mois, de lire 600 pages en six heures avec interdiction de prendre des photos, comme si vous étiez des enfants irresponsables et non des élus ?

– Ça ne vous gêne pas d’apprendre que Biarritz est la seule ville française propriétaire d’un palace et vous n’y voyez pas une anomalie ?

– Ça ne vous gêne pas de voir que Virginie Lannevère, spécialiste du risque financier en matière de palace et peu suspecte de viser une carrière politique, soit vent debout contre le projet que vous vous apprêtez à voter ?

– Ça ne vous gêne pas de constater que presque tous ceux qui ont travaillé dans l’entreprise ou la finance, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, s’insurgent contre ce montage financier ?

– Ça ne vous gêne pas de suivre aveuglément Veunac et Lafite, les défenseurs du projet qui ont mené toutes les négociations en cachette et qui ont déjà planté royalement les Biarrots lors de la mandature précédente en militant pour la Cité de l’Océan ?

– Ça ne vous gêne pas quand, le 30 juillet dernier, vous votez les yeux bandés, sans avoir le moindre chiffre en votre possession, pour un bail emphytéotique qui engage la Ville pour 75 ans ?

– Ça ne vous gêne pas le spectacle d’une partie de l’opposition, emmenée par Jean-Benoît Saint-Cricq, Domège ou Darrigade, volant au secours du maire quand sa propre majorité va le mettre en difficulté ?

— Ça ne vous gêne pas ces pressions incessantes de Veunac et Lafite à votre égard, ce maniement permanent de la carotte et du bâton pour que vous votiez bien lundi ? Vous êtes des élus et non de simples godillots votant où on leur dit de voter.

– Ça ne vous gêne pas que Veunac et Lafite vous aient déjà menti en plein conseil sur les écuries de Bigueyrie ou la villa Sion et ça ne vous incite pas à imaginer qu’il pourrait en être de même pour le Palais ?

– Ça ne vous gêne pas qu’on ait éliminé sans le moindre débat toute discussion sur la possibilité de vendre le fonds ou les murs du Palais et qu’on vous dise maintenant qu’il n’y a qu’une seule solution ?

– Ça ne vous gêne pas de voir la directrice de l’Hôtel du Palais vous annoncer une trésorerie à sec pour vous alarmer, avant de dire tout autre chose à Sud Ouest ?

– Ça ne vous gêne pas de constater que, comme par hasard, presque toux ceux qui se sont ralliés à Veunac et Lafite le 30 juillet dernier avaient un intérêt financier personnel, poste d’adjoint ou délégation, à préserver ?

– Ça ne vous gêne pas qu’en réunion de majorité, Veunac ait parlé de Jean-Claude Decaux comme d’une « relation personnelle » et vous ne voyez pas dans ce montage financier hasardeux copain sous roche ?

– Ça ne vous gêne pas que, pour deux jours de G7, alors que le Palais, n’a jamais eu autant de monde que cet été, on se lance dans des travaux pharaoniques à prix fort ?

– Ça ne vous gêne pas, vous qui connaissez le prix du moindre studio à Biarritz de voir Le Palais valorisé à quarante millions d’euros, alors qu’il vaut trois à quatre fois plus ?

 

Mais puisque, décidément, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes biarrots et que vous vous apprêtez en toute béatitude à voter « oui », oubliant sciemment que votre rôle d’élu implique de défendre les Biarrots et non vos intérêts privés, puisque vous nous refusez le débat démocratique qui s’imposait quand on s’apprête à endetter la Ville à hauteur de 70 millions et à obérer son avenir pour 75 ans, ça ne nous gênera pas pour notre part de mettre fin dès 2020 avec nos bulletins de vote  à votre carrière politique.

C’est pour cela que nous serons là, dès 17h45 à l’entrée de la mairie, pour féliciter les élus de tous bords qui ont osé s’opposer à ce projet inepte, et pour vous regarder dans les yeux et voir si vous assumez votre vote, c’est pour cela que la salle du conseil municipal sera bondée et que nous espérons que le scrutin se déroulera à main levée pour que chaque Biarrot puisse bien se souvenir de ceux qui ont sciemment voté la ruine de la Ville.

Jean-Yves Viollier

Nathalie Motsch : « On est en train de kidnapper Le Palais »

Comme les sportifs, les élus se révèlent parfois dans l’adversité. Petit soldat discipliné de la majorité sous Borotra, Nathalie Motsch, en particulier depuis l’affaire des écuries de Bigueyrie, est en passe de devenir la dame de fer de la majorité et étonne tout le monde par la pugnacité avec laquelle elle affronte Veunac et Lafite. Il faut dire aussi que ces deux inénarrables machos ont tout fait pour la faire sortir de ses gonds, le premier lui parlant en réunion de majorité de « ses ambitions ridicules » tandis que le suffisant énarque lui annonçait benoîtement qu’il ne « lui avait pas communiqué les chiffres du Palais, car elle ne les aurait pas compris ». A priori, Bisque, Bisque, Basque !, ne s’intéressait pas beaucoup à l’adjointe à l’urbanisme, mais la façon dont Veunac a essayé d’impliquer Nathalie Motsch dans la vente des écuries de Bigueyrie alors qu’elle n’y était strictement pour rien, les attaques sexistes qu’elle subit de façon récurrente lors des conseils municipaux et le courage que manifeste l’élue pour y répondre ont changé la donne. Rencontre avec une passionaria, scandalisée par la façon dont le dossier de l’Hôtel du Palais est mené et qui veut empêcher les Biarrots de tout perdre.

S’il y a quelqu’un que je n’imaginais pas interviewer un jour, c’est bien vous…

– Je lis votre blog et je crois que nous avons un point en commun qui est l’amour de Biarritz. Voilà la raison pour laquelle je viens dénoncer ce qui se trame et que j’ai découvert le 3 octobre en consultant les documents enfin accessibles aux élus. Je ne renoncerai jamais à prendre la parole parce que je suis une femme libre. Je vis mon serment d’avocat tous les jours avec mon mandat d’élue et je veux l’exercer avec « dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ».

Vous avez parlé de « casse du siècle » dans Sud Ouest, affirmé dans Mediabask : « On est en train de voler le Palais aux Biarrots », que pouvez-vous ajouter de plus pour Bisque, Bisque, Basque ?

– Je veux détailler avec vous le montage juridique et financier et expliquer le « deal » qui est en train de se mettre en place. Revenons donc aux fondamentaux. Au départ, Le Palais appartient aux Biarrots, les murs et le fonds de commerce. Le Palais qui a besoin d’un bon lifting doit pouvoir financer ses travaux de rénovation. Selon les experts, il faut 65,5 millions d’euros, une somme énorme.

Pourquoi la Ville ne finance-t-elle pas directement ces travaux ?

Pour éviter à la Ville de s’endetter directement, il faut un écran, une société. Il a donc été décidé de transférer à la Socomix, société de droit privée, les murs et le fonds de commerce du Palais

Une façon de camoufler les dettes sous le tapis ?

– Absolument. Le transfert des murs a été fait le 30 juillet dernier. La Ville les a transférés pour 75 ans et en contrepartie d’une redevance de 920 000 € par an pour la ville.  Un vote dans la douleur car 17 élus, dont j’étais, se sont fermement opposés à ce transfert. Le fonds de commerce se jouera au Conseil Municipal du 15 octobre prochain.

« La Socomix devient très sexy pour les banquiers »

Pourquoi un investisseur privé est -il entré dans le capital de la Socomix ?

La société Socomix doit financer 65 millions d’euros de travaux. Or, cette coquille vide devient très sexy avec les murs et le fonds de commerce du Palais. Les banques, qui ne prêtent qu’aux riches c’est bien connu, sont donc d’accord pour prêter des fonds : 50 millions d’€, soit 70 % versé par la CACIB (filiale du Crédit Agricole) et 30% versé par la Banque Postale.

Comme cela ne faisait pas assez, les conseillers de la Socomix ont décidé de faire rentrer un investisseur privé : JC Decaux Holding qui va apporter 15 millions d’euros en fonds propre et 5 millions d’euros en compte courant rémunéré à 7,5 %. Enfin, dernier élément de l’opération, on fait entrer un opérateur hôtelier, Hyatt, dans le cadre d’un contrat de gérance pour gérer le Palais en contrepartie d’une redevance (un pourcentage sur le chiffre d’affaires hors taxe). Le pourcentage et les honoraires fixes sont confidentiels. Hyatt n’est pas tenu financièrement par son plan d’affaires, il n’est pas tenu par les dettes de la Socomix

« Une très mauvaise affaire pour la Ville »

Nathalie Motsch, lors du conseil municipal du 30 juillet, a voté contre Veunac et Lafite lors de la signature du bail emphytéotique, transférant le Palais à la Socomix.

Si je vous suis bien, la Ville se retrouve hors-jeu ?

– Financièrement, c’est une très mauvaise affaire pour Biarritz, l’estimation des murs et la valorisation du fonds de commerce sont dérisoires. Les murs sont comptabilisés à 25,4 millions d’€ et le fonds de commerce à 13,7 millions d’€. On est en train de nous dire que Le Palais vaut en tout et pour tout 39,1 millions d’€ ! Financièrement, le seul gain pour la ville, qui aura perdu murs et fonds de commerce sera de 920 000 € pendant 75 ans… sous réserve que la Socomix soit capable financièrement de les verser pendant une période aussi longue, ce qui est loin d’être garanti. C’est pour cela que je parle de « casse du siècle ». Par ailleurs l’emprunt souscrit prête lui aussi à controverse. Sur les 50 millions d’euros empruntés, 45 seront totalement à renégocier dans 9 ans avec des taux beaucoup plus hauts qu’aujourd’hui ! Pendant 8 ans la Socomix paiera les intérêts et ne remboursera que 5 millions d’€ du capital : l’emprunt définitif de 45 millions d’€ sera à renégocier la neuvième année sous les fourches caudines des banques…

Je vous arrête tout se suite, car ça m’avait échappé. Vous êtes en train de me dire que la prochaine échéance se situera en 2027. C’est-à-dire, si l’on imagine le pire pour Biarritz, un an après un éventuel deuxième mandat de Michel Veunac ?

En 2027, ce ne seront ni Guy Lafite, ni Michel Veunac qui iront renégocier la dette de 45 millions d’€ avec les banques, ce seront leurs successeurs. Et franchement ce ne sera pas un cadeau.  Le remboursement de cette dette pourra mettre la SOCOMIX en grande difficulté.

– Quel va être le rôle dans ce montage de l’investisseur privé JC Decaux Holding ?

JC Decaux Holding apporte, à travers sa filiale spécialisée dans les investissements hôteliers, 15 millions d’€ en fonds propres, bloqué pendant sept ans. L’investisseur privé, JC Decaux Holding entre au capital de la Socomix et devient un actionnaire minoritaire qui détiendra 33,5 % du capital. Il disposera donc d’une minorité de blocage, d’un droit de veto, rentrera dans la gouvernance par un système de double majorité et sera décisionnaire sur toutes les décisions importantes et concernant notamment le CA, le budget, les ressources humaines. La perte de contrôle par la ville de la Socomix est donc actée, on passe sous pavillon Decaux.

« Un déni de démocratie effarant dans ce dossier »

 Vous pensez vraiment que les Biarrots peuvent perdre le Palais ?

– La privatisation rampante du Palais est en cours et sa perte dans quelques années programmée : c’est juridiquement prévu dans le Pacte d’actionnaires : JC Decaux Holding pourra racheter les titres de la Ville. Sauf que cela se fera à l’insu d’une décision éclairée des élus et en l’absence de tout débat démocratique avec les Biarrots.  Il y a dans ce dossier un déni de démocratie effarant. On lance une grande réunion publique le 11 octobre au Casino pour lancer la Participation Citoyenne, je propose qu’on lance aussi la Participation des Élus.

Est-ce que l’arrivée de Hyatt vous rassure quelque peu ?

Hyatt a présenté un plan d’affaires et des prévisions de chiffre d’affaires qui ne l’engagent pas. Comme Hyatt ne pourra pas respecter ses prévisions, la grande perdante sera la Socomix, maillon faible du deal, qui ne pourra pas faire face à ses nouvelles charges et rembourser la dette.

« Les prévisions d’Hyatt sont irréalistes »

Comment pouvez-vous affirmer qu’Hyatt ne respectera pas ses prévisions ?

– Aujourd’hui je suis très inquiète par les prévisions d’activité de Hyatt d’abord parce que leur portefeuille luxe Europe est en déclin et qu’ensuite il propose un revenu par chambre plus élevé que celui de Four Seasons, alors que sur aucun marché où ils sont tous les deux présents, Hyatt n’arrive à égaler les prix de Four Seasons, leader mondial du luxe. C’est un des arguments forts qui est avancé par l’administratrice de la Socomix, Virginie Lannevère, qui est une financière spécialisée sur le marché de l’hôtellerie haut de gamme. Les prévisions d’Hyatt sont irréalistes mais elles ont été retenues car elles seules permettent de rembourser la dette exorbitante des travaux. Je rappelle aussi car c’est essentiel : Hyatt ne s’engage pas sur son plan d’affaires.

Et il y a une chose que je n’arrive toujours pas à comprendre : Guy Lafitte nous a dit que le deal avec Fous Seasons avait capoté parce que les 65 millions d’€ de travaux envisagés était une somme trop importante, or aujourd’hui on nous parle de 65,5 millions d’€ avec Hyatt (le 30 juillet en conseil municipal, on était encore à 64,4 millions d’€ !), et selon mes sources on serait maintenant autour de 70 millions d’€ … Tout compris, j’espère !

Si la Ville ne fait plus face à ses engagements, que se passe-t-il ?

Le premier adjoint répète en boucle que la ville n’est pas engagée financièrement mais elle est actionnaire majoritaire avec 54 % du capital de la Socomix, après entrée de JC Decaux Holding.

Et quand la Socomix ne pourra plus faire face à ses échéances fixes annuelles (paiement de la redevance à la Ville, remboursement du prêt bancaire, paiement de la redevance à Hyatt), la Ville n’aura pas forcément la capacité financière de remettre au pot. L’investisseur privé JC Decaux Holding, en revanche, aura très très largement les moyens d’apporter à la Socomix la trésorerie nécessaire (le portefeuille d’actions de JC Decaux Holding s’élève à à 3 Milliards d’€). Comment ? Avec un nouvel apport ! Et avec 15 millions d’euros sous forme d’une nouvelle augmentation de capital, JC Decaux Holding deviendra l’actionnaire majoritaire de la Socomix.

« Les élus sont piégés »

 Vous ne voyez pas d’autre scénario possible ?

– Tout se passera après le départ de Michel Veunac et Guy Lafite, mais JC Decaux Holding pourra devenir le nouveau grand patron et propriétaire du Palais pour 30 millions d’€ alors que le Palais vaut entre 120 et 180 millions d’€ ! Je précise qu’il continuera à louer les murs et ce pendant 75 ans ! Et je précise aussi que la transformation de la SEM en SA sera alors inéluctable, conséquence directe de la cession de la totalité des actions de la ville (Réf. Code général des collectivités territoriales). On m’accuse de beaucoup de choses en ce moment, tout ne serait « qu’un tissu de mensonges » selon Michel Veunac, mais je constate que les informations que j’ai données à Sud Ouest sont strictement les mêmes que celles qui ont été données lors de la conférence de presse du 9 octobre dernier.  Et je n’ai pas inventé le Pacte d’actionnaires : il était mis à notre disposition et sous surveillance en salle des Commissions à la mairie le 3 octobre dernier.

C’est plutôt une bonne nouvelle, si les élus savent lire… Les élus sont piégés, on est en train de se faire kidnapper Le Palais dans des conditions financières effarantes.

 – Lors d’une réunion de majorité, Michel Veunac s’est vanté d’avoir une « relation personnelle » avec Jean-Claude Decaux. Vous confirmez ?

– Je ne répondrai pas à cette question.

– Il se dit aussi que Guy Lafite aurait travaillé après son départ de la Mairie de Paris au sein du cabinet PWC qui précisément est le cabinet qui a porté toute la restructuration financière de la Socomix…  

– Posez lui la question.

«  On peut faire pour moins cher »

 Revenons au Palais. Votre analyse est convaincante. Mais que proposez-vous ?

– Il faut refuser la privatisation rampante de la Socomix qui est une décision grave qui doit être prise par tous les Biarrots et non par quelques-uns. Il faut garder le principe de faire appel à un opérateur mondial qui a le savoir-faire pour développer l’activité du Palais. J’ai compris qu’Hyatt était très motivé par le Palais et qu’il était prêt à le prendre avec des travaux moins ambitieux. Il faut ramener le montant des travaux à réaliser à un montant pouvant être supporté financièrement par la Socomix dans le cadre d’une évaluation de chiffre d’affaires réaliste afin de faire face aux travaux urgents. Les taux sont bas, c’est le moment d’emprunter, on n’est pas obligé d’attendre qu’ils remontent ! Les discours sur la nécessité de dépenser 65 millions d’€ ne sont pas crédibles. Comme Guillaume Barucq, je conteste ce montant pharaonique.

« Venez au conseil municipal et soutenez-nous ! »

Comment réagissent les élus ?

Guy Lafite fait subir aux élus récalcitrants un régime de terreur, ce sont des méthodes d’un autre temps : de très nombreux élus sont légitimement inquiets, le vote sidérant du 30 juillet dernier le démontre. Il y a une véritable prise de conscience des enjeux énormes pour la ville et l’obligation de voir loin et de se poser les bonnes questions pour veiller aux intérêts des biarrots et surtout pour protéger le personnel du Palais.

– Que faut-il faire ?

– Les Biarrots doivent se mobiliser. Ne laissez pas Le Palais partir le 15 octobre prochain. Il est à nous. Il est à vous. Venez massivement au conseil municipal du 15 octobre prochain. Soutenez-nous par votre présence. Après ce sera trop tard. »